Mes Dernières Lectures #13

Dans ma bibliothèque 4 décembre 2017 Laisser un commentaire

Cela fait bien trop longtemps que je ne vous ai pas parlé de mes dernières lectures… et pourtant, qu’est-ce que je lis depuis cet été! (Maintenant j’emmène même mes livres dans le métro, alors que je n’aimais pas ça avant…)

Les quatre livre que je vais vous présenter là font d’ailleurs partie de ma pile à lire de l’été passé et je réalise tout juste en l’écrivant que ces quatre livres ont tous pour point commun de parler de femmes, leurs amours, leurs mystères, leurs cheveux… Drôle de coïncidence quand on y pense.

Alors sans plus attendre, voici ce que j’en ai à dire!

My Cousin Rachel – Daphne du Maurier

« How soft and gentle her name sounds when I whisper it. It lingers on the tongue, insidious and slow, almost like poison, which is apt indeed. It passes from the tongue to the parched lips, and from the lips back to the heart. And the heart controls the body, and the mind also. Shall I be free of it one day? »

Second roman de Daphne du Maurier découvert cette année (dans le cadre du lecture commune, annexe au club de lecture de Victoria) et une bien belle découverte, un voyage à travers le gothique d’une campagne anglaise pluvieuse, ou encore d’une Italie aux accents menaçants…

C’est à travers la narration de Phillip Ashley que l’histoire est racontée, et ça commence avec le départ de son cousin Ambrose (qui l’a élevé avec bienveillance mais dans un foyer résolument masculin) pour un séjour en Italie… duquel il ne reviendra jamais.

C’est là-bas qu’il a épousé Rachel, une cousine lointaine dont on ne sait rien, ce que Phillip ne voit pas d’un très bon œil. Et pourtant, quand cette dernière arrive à son tour en Angleterre, les suspicions de Phillip se mêlent à des sentiments nouveaux…

Bon, ça fait un moment que je l’ai lu mais je me souviens avoir beaucoup aimé My Cousin Rachel, notamment parce qu’une ambiance gothique, sombre et mystérieuse plane sur tout le récit (et si vous me connaissez, vous savez que c’est quelque chose que j’aime beaucoup) mais aussi parce qu’il semble bien difficile de pouvoir se prononcer sur les agissements réels des personnages.

La narration est brillante, et l’on est sans cesse tiraillé entre suspicions et certitudes, face à des personnages tantôt agaçants, tantôt vulnérables… La tension est construite avec brio tout le long du récit, notamment grâce à cette anticipation de la rencontre avec Rachel, tout de même personnage éponyme, mais qui arrive « réellement » assez tard dans le récit – au début tout n’est que suppositions sur cette femme mystérieuse…

Rachel, ce personnage manipulateur et fragile à la fois, qui contraste tant avec la naïveté et la fougue de Phillip… Un peu comme dans The Loving Spirit, je n’ai pas trouvé les personnages du roman très sympathiques, et pourtant c’est aussi ça qui les rend peut-être plus réalistes et humains.

Une chose est sûre: la plume de Daphne du Maurier est un bonheur à lire et je ne m’arrêterai pas là dans mon exploration de ses écrits!

My Cousin Rachel plaira sans doute à tous ceux qui apprécient les intrigues mystérieuses, sur fond d’Angleterre Victorienne, et qui n’ont pas peur d’une narration quelque peu lente et d’un ton mélancolique.

Avez-vous lu ce roman de Daphne du Maurier?

Je vous invite aussi à jeter un œil sur mon avis sur l’adaptation cinématographique qui est sortie cette année, c’est assez intéressant de confronter les deux œuvres!

Une Apparition* – Sophie Fontanel

« Des femmes t’ont aimé (…) Moi je n’ai rien construit de ce côté-là. Je ne sais même pas ce que c’est les bras complètement de quelqu’un. Ma vie sexuelle, elle a merdé. Je n’ai jamais vécu la réciprocité. Je ne connais que la marge, et si ça se trouve, avec mes cheveux blancs, je vais me retrouver coincée dedans. »

J’ai lu beaucoup de livres cette année et j’en ai aimé autant. Une Apparition fait résolument partie de ceux-là, tant sa simplicité m’a touchée.

L’histoire est donc simple: Sophie a décidé de ne plus se teindre les cheveux, comme ça, sur un coup de tête, ou presque. Et puis comme elle écrit, Sophie, elle a décidé d’en faire un livre. C’est un roman, c’est un récit autobiographique et ça se lit comme une sorte de journal intime.

On y suit l’évolution capillaire de Sophie, du brun artificiel au blanc naturel, mais surtout aussi son évolution personnelle, son apparition au monde et surtout à elle-même. Le ton éminemment intimiste, brut et sincère m’a beaucoup plu, et voir l’auteure passer des doutes aux éclats de rire était très rafraîchissant – j’ai adoré son caractère pétillant et sa fragilité mise à nu.

Ce roman est avant tout très inspirant, et est à mettre entre les mains de toutes celle qui doutent d’elles, qui doutent de leur beauté, que ce soit à cause de cheveux blancs ou d’autre chose. Il en ressort aussi une grande bienveillance: Sophie ne critique absolument pas celles qui continuent à teindre leurs cheveux et ne considère pas détenir LA vérité absolue.

Je vous conseille donc chaleureusement de vous plonger dans Une Apparition, si ce n’est pas déjà fait (étant donné que ce livre a déjà beaucoup fait parler de lui!), je l’ai trouvé plein de vie et de joie et il donne envie d’être soi, au yeux de tout le monde… et ça c’est pas rien!

Est-ce que vous l’avez déjà lu, vous?

C’est aussi un livre qui m’a donné envie de m’intéresser à ce qu’à pu écrire Sophie Fontanel par le passé, du coup je prends tous vos conseils si vous en avez!

Amours – Léonor de Récondo

« De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d’un paysage. »

Je crois que j’avais envie de lire Amours depuis que Pauline en a fait l’éloge, sur son blog je crois, partout ailleurs aussi sans doute. Alors quand je me suis plongée dans cette histoire de femmes (encore une fois), d’amours cachés, d’amours sous toutes ses formes, libérés des corsets bourgeois du début du 20e, je crois que je m’attendais à trop de choses.

Dans ce court roman, on rencontre Céleste, la bonne de la maison Boisvaillant qui tombe enceinte, abusée par le notaire qui l’emploie, tandis que sa propre femme, Victoire, n’arrive pas à avoir d’enfant depuis déjà près de cinq ans. Quand la grossesse est découverte, on décide que cet enfant sera celui de Victoire… mais cette dernière n’arrive pas à être mère. Céleste s’occupe donc en cachette de son fils, jusqu’à ce qu’un soir, Victoire la rejoigne dans sa petite chambre sous les combles…

Démarre alors une histoire d’amour aussi sensuelle et pure qu’elle ne semble improbable. Le lyrisme de l’écriture de Léonor de Récondo est indéniable et le récit est plein d’une sensibilité rare… mais je ne saurais trop comment vous le dire, il m’a manqué quelque chose.

Peut-être une exploration plus poussée de la psychologie des personnages? J’ai trouvé ça beau, fort, mais peut-être un peu froid, là où la passion aurait peut-être dû m’emporter. (Ou là où j’aurais voulu qu’elle m’emporte en tout cas!)

Le contraste entre la situation bourgeoise de Victoire, l’esprit étriqué de cette époque, et ses découvertes charnelles, son éveil au corps, est intéressant et traité avec subtilité et grâce. Son émancipation graduelle et son indépendance grandissante sont évidemment inspirantes et grisantes, mais je crois que ça n’est pas assez développé à mon goût.

Le rôle et le poids de la religion dans la vie de Céleste, bien que compréhensible et inhérent à son personnage, m’a quelque peu laissé de marbre et fait partie des petites choses qui m’ont déplu dans le roman.

En fin de compte, d’Amours je garde un joli souvenir de lecture, séduite par la plume de l’auteure, délicate, lyrique et incisive à la fois, tout en ayant refermé le livre avec un sentiment d’inachevé – j’aurais voulu en savoir plus, davantage entendre les sentiments des personnages je crois…

Peut-être avez-vous des sentiments différents envers Amours, si vous l’avez déjà lu?

The Ladies of Grace Adieu and other stories – Susanna Clarke

« Did you ever look into an English novel? Well, do not trouble yourself. It is nothing but a lot of nonsense about girls with fanciful names getting married. »

Quand j’ai appris que Susanna Clarke avait publié une collection de nouvelles se passant dans le même monde que Jonathan Strange & Mr Norrell, je me suis empressée de me l’offrir, évidemment.

Un an après avoir dévoré Jonathan Strange & Mr Norrell (malgré ses mille pages!) je me suis donc replongée avec plaisir dans une Angleterre du 19e où la magie fait partie de l’histoire, comme si de rien n’était…

Ces nouvelles, ou contes de fées d’un autre genre, ont la même qualité littéraire qu’on trouve déjà dans Jonathan Strange & Mr Norrell, et la plume de Clarke est toujours aussi pleine d’esprit et d’humour.

Aucune nouvelle ne ressemble à une autre, et pourtant elles ont pour point commun de parler de femmes qui pratiquent la magie, avec plus ou moins de bienveillance… Certaines de ces nouvelles sont très drôles, d’autres sont plus sombres, plus inquiétantes et c’est, à mon sens, une énième preuve du talent de l’auteure, capable d’écrire des récits aux tons si différents.

L’imaginaire et la magie qu’on trouve dans cet univers me fascine, et c’est sans doute pourquoi j’ai adoré me plonger dans ces nouvelles, pour retrouver la magie de Susanna Clarke, si différente de celle de Rowling ou de Tolkien, mais pas moins inventive et brillante.

À découvrir, qu’on ait lu Jonathan Strange & Mr Norrell ou pas (même si l’avoir lu avant donne plus de relief à ces courts récits, je pense) et surtout si on aime les contes, les univers fantastiques un peu sombres et que l’on est sensible à l’esprit d’un langage emprunté à un autre temps! 

Et vous, vous aimez les nouvelles fantastiques?

Je suis terriblement en retard pour vous parler de mes dernières lectures (depuis ceux-là, j’ai lu à peu près une douzaine de livres!) et j’ai aussi envie de vous parler de livres sur le véganisme, de livres de recettes… mais comme toujours, le temps m’échappe quelque peu.

Mais comme je me suis replongé dans Harry Potter cet automne, ça me laisse un petit délai supplémentaire pour réfléchir (et écrire) sur tous ces autres livres que j’ai lus. Ce qui est sûr, c’est que je ne manquerai jamais de sujets sur lesquels vous écrire!

Qu’est-ce que vous lisez en ce moment, vous? L’hiver vous inspire-t-il des livres d’un certain genre?

Je vous souhaite une belle semaine!

+ Je risque encore une fois de vous faire faux bond avec mes « Links I Love » cette semaine, ça devient assez intense au travail pour moi, alors un peu de patience…


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

Merci à Robert Laffont de m’avoir fait parvenir les ouvrages marqués d’un astérisque. 

Les liens des livres Amazon sont affiliés, ce qui permet de soutenir mon activité, mais rien ne vous empêche d’aller acheter vos livres chez votre libraire favori! 

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Links I Love #157

Links I Love 22 novembre 2017 Laisser un commentaire

C’est avec un petit décalage d’une journée que je reviens ici pour vous présenter mes derniers « Links I Love » (j’étais trop occupée à manger des chips devant Netflix avec ma sœur lundi soir pour préparer cet article…).

Depuis la dernière fois que je suis venue vous faire part de mes états d’âme il s’en est passé des choses – du moins du côté de mes humeurs. Comme si, il y a environ deux semaines, après avoir touché le fin fond d’un abysse de tristesse (je suis une personne tout à fait mesurée, oui, oui), j’avais pris une grande inspiration et décidé de changer du tout au tout.

Alors aussi subitement que ma tristesse m’était tombée dessus, elle est repartie, et je me suis retrouvé d’humeur sautillante et souriante… alors que fondamentalement, rien n’avait changé. 

Peut-être que j’ai pris le temps de remarquer un peu mieux à quel point la nature froide de la fin de l’automne me ravissait, peut-être aussi que j’ai décidé qu’au fond, tout ce pour quoi je m’inquiétais quelques jours auparavant, ce n’était pas si grave – après tout j’avais du thé, un livre d’Harry Potter à lire et mon chat qui somnolait à côté de moi, et c’était déjà formidable.

L’énergie et la bonne humeur sont revenues, je ne sais pas exactement comment, mais c’est tout ce qui compte, non?

Du côté des belles découvertes, je suis allée au théâtre, et c’était vraiment épatant (ça faisait très longtemps en plus, alors que j’aime assez ça!) – je suis allée voir une représentation de Pierrot Posthume, une pièce de Théophile Gautier et entre la mise en scène très inventive et le talent des acteurs, je me suis beaucoup amusée. Malheureusement c’était une représentation unique, mais je ne manquerai pas de vous faire savoir s’ils rejouent un jour, si ça vous intéresse.

Je suis aussi allée au cinéma et y ai vu Au Revoir Là-Haut, dont je vous ai déjà parlé (et que j’ai aimé, follement) mais aussi Le Musée des Merveilles… qui ne m’a pas convaincu. Je l’ai trouvé sans rythme, les jeunes acteurs ne m’ont fait ni chaud, ni froid et je n’y ai rien trouvé de très merveilleux malheureusement…

Enfin, je lis toujours autant et ai lu en quelques jours le court roman de Durian Sukegawa, Les Délices de Tokyo (le livre du mois dans le club de lecture de Victoria!) que j’ai bien aimé, avant de me replonger dans Harry Potter, avec le cinquième tome entamé le week-end dernier. (Je vais bientôt vous reparler de livres, promis.)

Oh et évidemment, je passe toujours de nombreuses soirées devant The Big Bang Theory, dont je vais bientôt commencer la 10e saison..!

En somme, tout va merveilleusement bien – mes journées de repos sont d’une douceur infinie, je fais des cookies, me repose sans culpabilité et profite de cette saison pour rester bien au chaud chez moi, comme j’aime tant le faire… si je ne me promène pas parmi les feuilles mortes du Jardin des Tuileries! 

Sur ces bonnes paroles, je vous laisse avec ma sélection de jolies choses à lire:

  1. L’Alsace-Lorraine est définitivement sur ma « to-discover list » et Juliette n’aura qu’amplifié cette envie avec ce joli article sur Strasbourg. (jenesaispaschoisir.com)
  2. Si l’envie vous prend de réaliser votre propre gomasio, c’est assez simple et il est facile de varier les goûts! (friendly-beauty.com)
  3. Un article qui a plutôt résonné en moi, surtout lors de ma baisse de moral récente. Certains le trouveront trop « hippie » à leur goût, mais je trouve qu’il parle d’apporter davantage d’amour dans nos vies avec une certaine sagesse… (en anglais) (goop.com)
  4. Peut-être glanerez-vous quelques astuces pour voyager davantage, même si l’on est pas Crésus, à travers cet article! (atelierdore.com)
  5. Angéline nous parle de l’arrivée d’un nouveau chat dans son foyer. Intéressant, si vous songez à compléter votre famille de félins. (carnetprune.com)
  6. Je suis assez curieuse de goûter cette version végane d’un appareil à quiche, qui ne nécessite pas mille formes de soja différentes… Je pense que je vais essayer ce week-end! (cnz.to)
  7. J’ai adoré découvrir l’Inktober de Diglee, qu’elle a choisi d’illustrer avec des poétesses, ce qui m’a occasionné plein, plein de découvertes. À lire autant qu’à regarder! (diglee.com)
  8. J’adore follement la patate douce, alors si vous êtes comme moi, ces différentes garnitures devraient vous plaire. (en anglais) (loveandlemons.com)
  9. Si vous êtes un peu perdus sur le sujet, ce point sur l’écriture inclusive est super intéressant et informatif. Évidemment. (lesmotsailes.fr)
  10. On termine avec une recette pour week-ends réconfortants: des muffins tout chocolat! (aime-mange.com)

J’espère que vous aurez découvert à travers cette sélection, des petites choses intéressantes pour égayer les grises journées de cette fin de novembre

Quant à moi, je tâcherai de revenir vous parler de livres, de séries peut-être aussi – sachez en tout cas qu’avoir fait de mes « Links I Love » un rendez-vous plus espacé m’a donné davantage d’espace, justement, pour pouvoir (et avoir envie) vous parler d’autres choses… et ça c’est chouette, non?

Je vous souhaite une belle fin de semaine et vous dis à très vite!


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Au Revoir Là-Haut, ou quand le cinéma touche la magie du doigt

Septième Art 16 novembre 2017 Laisser un commentaire

Et dire que j’ai failli passer à côté d’Au Revoir Là-Haut, dont l’affiche ne m’avait fait ni chaud ni froid la première fois qu’elle m’était apparue, au coin d’une avenue…

Fort heureusement, grâce à la curiosité de mon entourage à l’égard de ce film, j’ai fini moi aussi par m’y intéresser, à regarder la bande-annonce, puis, un soir pluvieux, un soir heureux, à me rendre au cinéma le plus proche pour me laisser emporter. Ç’eut été bien triste de manquer un tel film, foi de rêveuse!

Mais d’abord, petit retour sur son synopsis… Le film nous emmène en 1919, juste après la Première Guerre Mondiale, la Grande Guerre qui a laissé derrière elle bon nombre de gueules cassées, au propre comme au figuré. Et c’est justement deux d’entre eux que nous rencontrons ici: Edouard Péricourt, jeune talent du dessin, mutilé de guerre et ayant fui sa famille aisée, et Albert Maillard, modeste comptable.

Leur amitié a commencé dans les tranchées et se poursuit à Paris, où ils décident de monter une arnaque aux monuments aux morts à grand renfort de fantaisie et d’ingéniosité

Avec ses allures de conte, alliant merveilleux et tragédie, ce n’est pas très étonnant qu’Au Revoir Là-Haut m’ait tellement plu…

Après tout, c’est un film qui réunit à peu près tout ce j’aime: l’ambiance fantasque des années folles, l’émotion propre aux belles histoires, l’humour innocent et léger, la photographie surannée à souhait et la magie, merveilleuse et malicieuse (qui ne fait pourtant pas appel au fantastique ici).

Doucement, mais sûrement, le film a su me toucher en plein cœur et je dois bien dire que le talent des acteurs y est pour beaucoup.

Il y a d’abord Nahuel Perez Biscayart (déjà adoré dans 120 Battements par Minute il y a quelques mois) dont la complexité d’un rôle quasiment muet ne l’a pas rendu moins brillant – au contraire! Difficile de rester de marbre face à ses grands yeux bleus, si expressifs… Je l’ai trouvé incroyable, tout simplement.

Mais Albert Dupontel n’est pas en reste dans le registre de l’émotion, loin de là. Sa maladresse, ses hésitations… son humanité, finalement, en font un personnage extrêmement attachant et drôle qui, lui non plus, ne laisse pas indifférent. (Et chapeau bas, parce que j’imagine qu’être à la fois acteur principal et réalisateur ne doit pas être une mince affaire, or, ni le jeu de l’un, ni la réalisation de l’autre ne semblent en pâtir.)

Sans oublier Laurent Laffite (Pradelle), parfait en odieux personnage que l’on aime détester, Niels Arestrup (Marcel Péricourt) le patriarche sévère mais touchant malgré tout ou encore la jeune Héloïse Balster (Louise) à l’énergie enfantine qui apporte de la légèreté et de l’espièglerie à l’ensemble.

Évidemment, quand je repense à Au Revoir Là-Haut, parmi les choses qui m’ont le plus frappé, je repense à l’image et à tout ce qui fait de ce film une merveille visuelle.

Entre la photographie aux tons un peu désuets (qui rappelle d’ailleurs un peu l’univers des films de Jean Pierre Jeunet), les superbes décors, soignés sans être trop lisses, les costumes (dont ces masques formidables qui caractérisent le personnage d’Edouard!) et les mouvements de caméra et autres cadrages judicieusement travaillésAu Revoir Là-Haut est incroyablement beau.

Mais d’une beauté authentique, brute, jamais trop académique comme peuvent parfois l’être certains films américains…

L’histoire qui se déroule sous nos yeux est d’une force et d’une beauté là aussi, mais tout en simplicité, d’où, pour moi, ses airs de conte… Il y est question de la tragédie de la guerre, de famille, de lutte des classes, d’amitié, d’amour et de souffrance sublimée. Et il me semble qu’Albert Dupontel a su parler de choses graves avec légèreté et intelligence.

À noter que ce récit n’appartient pas seulement à Albert Dupontel vu qu’il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, primé par le Prix Goncourt en 2013 et que je me suis empressée de mettre sur ma liste de romans à lire.

Cela dit, je crois que le film semble être assez fidèle au texte, si j’en crois l’auteur et je vous enjoints d’ailleurs chaleureusement à écouter le podcast de l’émission On Aura Tout Vu, sur France Inter, où Albert Dupontel et Pierre Lemaitre ont été invités à parler d’Au Revoir Là-Haut il y a quelques semaines et où ils m’ont tous deux paru faire preuve d’une grande complicité et connivence.

Enfin, un dernier mot sur un aspect qui est (à mon sens) très important dans un film: la bande originale. Sans grande surprise, elle est parfaite ici – composée par Christophe Julien, oscillant entre mélancolie et légèreté, elle accompagne à merveille le récit, et depuis que je suis sortie du cinéma, je ne me lasse pas de l’écouter!

Vous l’aurez sans doute compris, j’ai aimé Au Revoir Là-Haut de tout mon cœur et je pourrais sans doute en parler encore longtemps. Il fait partie de ces rares films dont je parle à tout mon entourage, avec un enthousiasme sincère et des étoiles dans les yeux…

Il fera sans doute partie des films que j’aurai préféré cette année, et je ne crois pas que depuis La La Land, mon cœur ait ressenti autant de choses au cinéma. 

Et vous, avez-vous vu Au Revoir Là-Haut ? Qu’en avez-vous pensé si c’est le cas ?

Sur ces paroles exaltées, je vous souhaite une très belle journée et vous dis à très vite!

+ Si vous avez vu le film, je vous conseille l’excellente vidéo du Fossoyeur de Films qui parle très, très bien d’Au Revoir Là-Haut et du pouvoir du cadrage dans un film (et celui-ci en particulier).


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Postcrossing, ou la nostalgie de l’écriture manuscrite (+ Concours Popcarte)

Journal de Bord 10 novembre 2017 Laisser un commentaire

Peut-être que si vous me suivez depuis un certain temps, vous savez que j’aime m’adonner de temps à autres au Postcrossing… et que je suis, par conséquent, devenue un peu malgré moi, collectionneuse de cartes postales!

Mais avant tout, qu’est-ce que le Postcrossing?

Le principe est simple comme tout: en vous inscrivant sur le site, vous tirez au sort des adresses d’autres personnes au hasard, dans le monde entier, et leur envoyez des cartes postales. En retour, votre boîte aux lettres elle aussi se remplit de cartes venant d’ailleurs.

Mais attention, ce n’est pas un échange – la première personne dont vous tirez l’adresse au sort, n’aura pas votre adresse pour vous écrire à son tour! (Sauf si vous la lui donnez, mais ça c’est une autre histoire.)

En somme, toutes ces petites cartes postales sont comme des petites pépites manuscrites destinées à égayer un peu les boîtes aux lettres et tournées des facteurs – du moins c’est comme ça que je le vois. C’est aussi l’occasion d’en savoir davantage sur d’autres cultures et langues que la notre et peut-être même de se faire des amis de l’autre côté du monde si l’échange dépasse la première carte.

De mon côté, ça fait deux ans que je suis inscrite sur le site et dans ce laps de temps, j’ai envoyé un peu moins de 280 cartes… Ça paraît énorme, et pourtant, sur Postcrossing vous croiserez des profils de passionnés qui en quelques années ont déjà envoyé des milliers de cartes (et je me suis toujours demandé comment ces gens faisaient pour en envoyer autant!).

Il est possible sur son profil Postcrossing, d’indiquer ses préférences en matière de cartes postales, afin d’orienter le choix de la personne qui tirera votre adresse au sort. À vrai dire, au début je ne l’avais fait qu’à demi-mot, mais après avoir reçu des cartes que je ne trouvais pas très jolies, j’ai indiqué un peu plus clairement ce que j’aimais (et n’aimais pas!).

Si vous voulez jeter un œil sur mon profil, c’est par ici (et sur mon « mur de cartes » vous pourrez voir celles que j’ai reçues et envoyées aussi!)

Personnellement, j’utilise Postcrossing moins dans un but de collection de cartes postales (contrairement à beaucoup d’inscrits…) mais davantage dans un but de partage et d’altruisme. Ça peut vous sembler étrange, d’autant qu’il s’agit de cartes envoyées à de parfaits inconnus…

Mais si chaque profil auquel j’adresse une carte ne « m’inspire » pas nécessairement, je prends tout de même grand soin d’écrire un petit quelque chose qui (je l’espère!) plaira à son destinataire. Je partage mes derniers coups de cœurs littéraires ou cinématographiques, je parle de mon amour de Paris, j’inclus une citation qui me touche ou parfois même raconte une anecdote très personnelle… après tout elle est adressée à un inconnu!

Avec ma petite boîte remplie de stickers et masking tape, je personnalise souvent mes cartes selon les goûts du destinataire, j’y ajoute un joli timbre et voilà, j’envoie un petit bout de moi-même, parfois très loin, croisant les doigts pour que la carte arrive à bon port…

Si je vous ai donné envie de vous y mettre à votre tour, sachez que mon site favori où trouver de belles cartes est Postal Love, un site russe où je fais une razzia de cartes peut-être une fois par an. Vous trouverez de belles et originales cartes sur Etsy également et de très beaux coffrets de cartes postales (Disney, The New Yorker, etc..) dans les grandes librairies par exemple.

Et si toutefois vous vous sentiez d’humeur créative, pourquoi ne pas créer vous-même vos cartes postales?

Les cartes que vous voyez là ont été crées à l’aide de Popcarte, un site qui vous permet de créer des cartes postales (mais aussi cartes de vœux, d’anniversaire ou faire-parts) à votre image, à travers divers collages et mises en scène…

Comme vous le voyez, plutôt partisane de la simplicité, j’ai préféré faire imprimer quelques unes de mes dernières photos en pleine page pour pouvoir dire « c’est moi qui l’ai faite! » et ajouter une touche encore plus personnelle aux cartes que je vais envoyer aux quatre coins du monde.

Pour me faire une petite idée des différents papiers disponibles, j’ai essayé les trois options disponibles:

  • Le papier satiné, celui qui ressemble le plus à un papier de photo, brillant au recto et donc satiné au verso, et ce n’est pas vraiment mon favori pour une carte postale…
  • Le papier nacré irisé, tout doux et vraiment joli avec ses reflets métalliques argentés – une belle surprise, parce que je ne savais pas à quoi m’attendre!
  • Le papier création, épais et robuste, à la finition mate: c’est mon préféré car il me rappelle le plus une véritable carte postale, sans oublier qu’il est plus agréable d’y écrire à l’encre.

Ah et j’ai failli oublier – ce qui est chouette sur Popcarte, c’est qu’on peut aussi faire envoyer nos cartes directement à nos destinataires via leur site. Si vous choisissez cette option, votre message ne sera évidemment pas manuscrit, mais vos cartes arriveront plus vite!

Et parce que Noël approche (ou parce que je vous ai convaincu de vous mettre à Postcrossing, qui sait!), j’ai le plaisir de m’associer à Popcarte pour vous faire gagner un bon d’achat de 40€ à dépenser sur le site pour que vous puissiez à votre tour créer vos propres cartes de toutes sortes.

Pour participer, rien de plus simple, laissez moi juste un commentaire sous cet article en me disant ce que vous avez envie de partager avec le monde si jamais vous décidez de vous inscrire à Postcrossing, par exemple. Le concours est ouvert jusqu’au jeudi 16 novembre, 20h et n’hésitez pas à en faire part aux amoureux de papeterie qui vous entourent!

J’espère que cet article vous a plu, et si vous aviez la moindre interrogation quant à un aspect de Postcrossing que je n’ai pas abordé, n’hésitez pas à poser vos questions dans les commentaires.

Mais peut-être êtes-vous déjà adepte du Postcrossing? Est-ce qu’une sélection shopping spéciale cartes postales et papeterie vous intéresserait?

Je vous souhaite une belle fin de journée et un très beau week-end!


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Links I Love #156

Links I Love 7 novembre 2017 Laisser un commentaire

Ne croyez donc pas que j’ai oublié de vous préparer une nouvelle petite sélection d’articles à découvrir cette semaine – je vous l’ai dit, mes « Links I Love » n’ont pas pour vocation à disparaître, mais à s’espacer, du moins dans les temps qui arrivent.

Vous savez, ça fait quatre ans pile poil que je travaille dans l’entreprise où je travaille en ce moment. Quatre années de hauts et de bas, de changements, d’évolution(s) (quoi que j’en dise, je ne suis certainement plus la même aujourd’hui qu’il y a quatre ans lors de mes débuts timides) et pourtant à chaque nouvelle période de fêtes, c’est la même chose. (L’angoisse revient, doucement.)

Comme si la mettre entre parenthèses la rendait moins réelle.

Le paradoxe dans cette histoire c’est que (vous me connaissez maintenant) j’aime éperdument cette période de l’année par ailleurs. L’automne, l’hiver et particulièrement cette période qui précède Noël, où le thé aux épices coule à flots, où les Christmas carols règnent en maître sur mes autres playlists et où le rouge monte aux joues après s’être promenés dans le froid

Le réconfort de cette saison est l’un des grands bonheurs de la vie (pour mon âme enfantine et moi-même). Mais depuis quelques années, c’est comme si le monde des adultes s’invitait un peu trop longtemps, et prenait un peu trop de place dans cette période de l’année.

Pourtant, je devrais savoir maintenant que malgré tout ça, grâce à la ténacité de ma nostalgie (ou de la part d’enfance restée enfouie en moi) cette période reste magique, envers et contre tout. Mais que voulez-vous… il semble parfois plus facile de s’attendre au pire plutôt que de se laisser porter et de – qui sait – faire l’expérience du meilleur.

En réalité, à l’heure où je vous écris, la fatigue d’une journée éprouvante teinte mes pensées et sentiments en gris… Nul doute que ce qui me paraît insurmontable maintenant, ne le sera plus du tout après une bonne nuit de sommeil (et peut-être une séance de méditation réparatrice).

Parce qu’après tout, me laisser porter au gré des prétendus hasards, souvent avec légèreté et bonne humeur, est l’une de ces choses qui me caractérisent plutôt bien. (Et me réussit pas trop mal?)

Et vous, est-ce que vous vous laissez porter par la vie… ou est-ce tout le contraire?

Mais cessons là ces considérations métaphysiques et laissons place à ces articles que j’ai aimé lire ces derniers temps, çà et là sur les internets…

  1. Camille nous parle avec nostalgie de ses deux amours: Paris et puis Montréal. Je lui pardonne même de ne pas vraiment aimer la rive gauche, mon grand amour à moi. (les-parentheses.com)
  2. Je ne peux qu’approuver cet ensemble d’éléments sensoriels que Victoria a choisi de partager, pour créer une ambiance automnale douce et réconfortante à souhait… (mangoandsalt.com)
  3. Et quoi de mieux qu’une bonne soupe crémeuse pour un dîner automnal? Ici une soupe de brocolis qui a l’air délicieuse. (en anglais) (loveandlemons.com)
  4. Si vous vous intéressez à l’ayurveda, Mély partage ici avec nous ses livres préférés sur le sujet. Nul doute que cette liste va grandement m’inspirer! (chaudron-pastel.fr)
  5. Manifeste pour laisser pousser nos poils (parce qu’on a vraiment mieux à faire que de s’en débarrasser). (en anglais) (vogue.com)
  6. Cette nouvelle planche de Professeure Moustache, sur les pigeons voyageurs (eh oui) m’a beaucoup fait rire. Et on en profite, il y en a beaucoup moins souvent qu’avant! (tumourrasmoinsbete.blogspot.fr)
  7. La nonchalance en art de vivre? Oh oui! (lemonde.fr)
  8. Sur le blog Hortus Cuisine, les deux derniers articles m’ont beaucoup plu: histoire(s) d’Italie, de cuisine, d’authenticité… Et puis ces photos! À découvrir, sans faute. (en anglais) (hortuscuisine.com)
  9. Cet article de Julie, plein de bon sens, concernant consommation, alimentation (mais pas que) fait beaucoup de bien à lire tant il est juste et bienveillant. (friendly-beauty.com)
  10. Pour mieux vous organiser et être un peu plus productif (qui sait) suivez les conseils d’Elodie pour mieux organiser votre boîte e-mail. (leblogdelamechante.fr)

J’espère que ces articles, tous assez différents les uns des autres, vous ont plu! N’hésitez pas à me faire part de vos impressions!

Sinon ces derniers temps je suis allée voir Kingsman 2 au cinéma (j’ai bien aimé, ça reste du bon spectacle, mais je l’ai trouvé moins fin que le premier, plus vulgaire peut-être…), j’ai terminé le quatrième tome d’Harry Potter et lis d’autres petites choses avant d’attaquer la suite et me suis remise à Jane the Virgin avec la nouvelle saison en cours.

Rien de meilleur qu’une soirée sous un plaid avec une chouette série, non? 

Je vous retrouve bientôt pour parler de Postcrossing notamment, mais d’ici là, je vous souhaite une belle semaine ♡ 

(Pour mettre un peu de baume au cœur, l’un des plus beaux mouvements de musique du monde, pas moins.)


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

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