Articles de la catégorie

Culture

Monthly Movie Digest #1

Septième Art 20 février 2018 Laisser un commentaire

Qui dit résolutions de cinéma, dit… nouveau format d’article? Ce premier « Monthly Movie Digest » sera peut-être ma nouvelle façon favorite de vous parler de cinéma (pour peu que j’arrive à être régulière) ou peut-être une fausse bonne idée, qui ne survivra pas l’année – seul l’avenir nous le dira!

C’est parce que j’ai décidé d’aller au cinéma bien plus souvent désormais (après tout, il faut bien mettre à profit ma carte de ciné!) et que jusqu’ici j’y suis en effet allée au moins une fois par semaine, que l’idée d’un article regroupant mon avis sur les différents films vus le mois précédent a doucement germé dans mon esprit…

D’autant que pour certains d’entre eux, il ne me semblait pas pertinent d’y consacrer un article, et pourtant j’ai quand même envie de vous en parler un tout petit peu. Je ne pense pas que ça m’empêchera d’écrire des articles plus longs à propos d’un seul film, mais ça, on verra bien.

Trêve de bavardages, place au cinéma!

(En cliquant sur les titres des films, vous accédez aux fiches de ces derniers sur Allociné, si vous souhaitez en savoir plus!)

Wonder, un film de S. Chbosky (adapté d’un livre éponyme de R.J. Palacio)

Inutile de vous écrire très longuement sur ce film dont je vous ai déjà parlé en début de mois de janvier, mais j’en garde encore un très bon souvenir – c’est un film tendre, enjoué et touchant, et probablement l’un de mes favoris du mois dernier.

Peut-être que vous avez pu voir à votre tour ce film lumineux et doux?

Star Wars – The Last Jedi, un film de Rian Johnson

Je suis allée voir ce second volet de la nouvelle trilogie Star Wars avec un enthousiasme enfantin et une certaine légèreté (j’aime beaucoup Star Wars, même si pour les « vrais » fans je suis sûrement hérétique, car je n’ai jamais vu la trilogie originale en entier…)(ne me jetez pas de cailloux, petite on m’a mise devant Sissi, Cendrillon et Les Aristochats!).

Par conséquent, j’ai passé un très bon moment entre scènes spectaculaires et moments d’émotion, sans jamais m’ennuyer, ravie de retrouver les personnages que j’ai tant aimé dans le premier volet (Poe, Rey et Kylo Ren bien sûr) et ravie de voir leurs relations évoluer (enfin du coup, surtout celle de Rey et Kylo Ren).

Comme dans tous les épisodes de Star Wars, il y a de l’humour et une certaine légèreté qui tranche avec le côté sombre d’une intrigue qui devient de plus en plus intense.

Si j’en crois les avis très divergents sur cet épisode (très vivement critiqué par les amateurs les plus fidèles de la franchise) il serait très inégal dans sa qualité – pourtant, mis à part quelques détails qui m’ont semblé un peu tomber comme un cheveu sur la soupe, je le redis, j’ai passé un très bon moment intergalactique! (Laissez-moi, je suis une enfant.)

Downsizing, un film de A. Payne

En voilà un drôle de film! Je suis allée le voir complètement par hasard, ce film qui envisage de « rapetisser » les humains pour pallier au désastre écologique qui se profile, et qui suit plus particulièrement la vie de Paul (Matt Damon) et ses aventures dans le monde des « petits »… et impossible, encore maintenant, de trancher: ai-je aimé ce film? 

Film d’anticipation à l’humour décalé, satire sociale, fable SF… difficile de mettre une étiquette sur un film qui multiplie les genres, inspire à la fois le rire et la perplexité tout en véhiculant un message intéressant et résolument d’actualité. L’ennui c’est qu’en mélangeant autant de choses, on s’y perd un peu, et l‘intrigue semble parfois un peu confuse.

Mention spéciale à Christoph Waltz et son personnage complètement farfelu et à Hong Chau, qui a probablement l’un des rôles les plus intéressants du film. (Par contre, j’ai été peu convaincue par Matt Damon sur ce coup-là…)

Peut-être trop ambitieux, finalement, Downsizing est une drôle de fable écologiste qui prête à sourire, mais dont on ne gardera (pour ma part du moins) pas un souvenir impérissable.

Le Grand Jeu (Molly’s Game en VO), un film d’Aaron Sorkin

Basé sur la véritable histoire de Molly Bloom, femme fatale des cercles de poker clandestins à Hollywood au début des années 2000, le film nous raconte le parcours (et le succès) de cette femme brillante qui évolue dans un milieu d’hommes… jusqu’à sa chute, aussi spectaculaire que son ascension.

Jessica Chastain est formidable dans ce film qu’elle illumine de sa présence, qu’elle soit à l’écran ou en voix off, faisant ainsi office de narratrice. La narration du film est d’ailleurs très dynamique, très riche, très (trop?) présente et nous entraîne au cœur des cercles de poker, entre manigances, techniques de jeu et autres personnages décortiqués à l’extrême.

C’est précis, très bien rythmé, presque chirurgical… mais si ça paraît flamboyant de prime abord, il y a comme une impression d’essoufflement au fur et à mesure de l’intrigue, qui « fatigue » un peu le spectateur qui ne sait peut-être plus très bien où donner de la tête. (Mais peut-être que j’exagère un peu.)

Cela dit, les prestations des acteurs, Jessica Chastain en tête (suivie de près par Idris Elba) ainsi que cette intrigue centrée sur la personnalité d’une femme forte (dont, soit-dit en passant, le corps n’est jamais objectifié!) m’ont suffi pour me faire passer un bon moment de cinéma.

Le Grand Jeu aura donc été pour moi un film captivant, bien qu’un peu dense, très bien rythmé, un peu intellectuel sur les bords, mais efficace et intéressant… quoique pas inoubliable!

La La Land, un film de Damien Chazelle

Est-il encore bien utile de vous présenter ce film, déjà vu et adoré l’an dernier à plusieurs reprises (je vous en parlais là, avec passion)?

Toujours est-il que je suis de nouveau allé le voir au cinéma, et cette séance avait une saveur toute particulière vu que c’était avec celui qui est aujourd’hui mon amoureux (et que ce film est un des détails qui nous a rapprochés). J’ai peut-être un peu moins pleuré à chaudes larmes (la pudeur d’une relation naissante, vous savez…) mais toujours autant aimé de tout mon cœur.

Et si vous ne l’avez toujours pas vu, qu’attendez-vous?! 

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri, un film de M. McDonagh

Aussi inattendu que brillant, ce film, qui part de la fureur vengeresse d’une femme qui cherche à trouver le meurtrier de sa fille par tous les moyens, est une formidable fresque explosive dans l’Amérique profonde.

Si la bande-annonce fait croire (à tort) à un film au rythme enlevé, Three Billboards… est beaucoup plus surprenant et complexe qu’il n’en a l’air, aussi bien dans sa forme que dans son fond. On y découvre une galerie de personnages parfois torturés, excessifs et surtout excessivement profonds (sans en avoir l’air) qui ne sont jamais représentés avec manichéisme et qu’on aime avant de détester (et vice-versa).

Ce n’est jamais mièvre, mais parfois émouvant, grave et plein d’humour à la fois, et d’une violence brute qui pourtant ne tombe jamais dans la facilité. Les prestations des acteurs sont incroyables (mention toute particulière à Frances McDormand bien sûr, mais aussi à Sam Rockwell, le plus impressionnant de tous) et le scénario, les dialogues, sont d’une grande finesse.

En somme, ce film inclassable est d’une audace et d’une brillance assez rare. Et ça m’a sacrément donné envie de revoir Bons Baisers de Bruges, un des premiers films du réalisateur, et qui m’avait laissé un très bon souvenir à l’époque.

S’il ne fallait voir qu’un film de tous ceux dont je vous parle aujourd’hui, je crois que ce serait celui-ci!

Pentagon Papers (The Post en VO), un film de S. Spielberg

Retraçant la mise en lumière de scandales d’état grâce à la presse, dont la liberté est remise en cause à ce moment précis de l’histoire, le film promettait beaucoup de choses, mais s’est révélé être d’un ennui profond (du moins pour ma part).

Je lui reproche notamment une bien piètre pédagogie (si vous ne connaissez pas ce pan de l’histoire américaine, tant pis pour vous!) et un rythme bien trop inégal – c’est long, voire très long, et à la fin, eh bien je suis justement restée sur ma faim car tout s’est enchainé et terminé en quelques instants! Pourtant, visuellement, bien qu’un peu classique, c’est beau et l’immersion dans les années 70′ est efficace.

Et puis, comment ne pas saluer la présence de tous ces acteurs au talent indéniable? Cela dit, ici, je n’ai pas trouvé leurs prestations incroyables… Tout est un peu trop convenu, trop lisse et bien peu captivant. Moi qui m’attendais à une Meryl Streep dans un rôle fort et indépendant…(Elle n’est rien de tout cela et passe le film dans l’ombre des hommes qui l’entourent.)

Que c’est bavard, que c’est long et sans éclat… Non, vraiment, Pentagon Papers est bien loin de m’avoir passionnée et c’est bien dommage. (Pour que je m’endorme presque au cinéma, il faut vraiment le faire!)

**********

J’espère que ce nouveau format d’articles pour vous parler de cinéma vous plaît et qu’il vous aura permis de glaner quelques idées de films à regarder! N’hésitez pas non plus à partager avec moi vos ressentis, me dire pourquoi certains films vous ont peut-être davantage touché que moi, mais aussi à me dire si ce « nouveau » format vous plaît (ou non).

C’est en tout cas un exercice de synthèse pour moi (et ce n’est pas plus mal, vous connaissez mon amour de la digression et des grandes phrases) et toujours un bonheur de partager avec vous ce que j’ai aimé (ou non) sur grand écran!

Et vous, qu’avez-vous vu de chouette au cinéma dernièrement? (De notre côté, on a hâte d’aller voir Shape of Water!)

Passez une belle journée et à très vite…


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

23

Vous aimerez aussi

Mes Dernières Lectures #14

Dans ma bibliothèque 5 février 2018 Laisser un commentaire

Les livres font plus que jamais partie intégrante de ma vie quotidienne, je lis presque tous les jours un petit peu et la liste de tous les livres que j’ai envie de lire un jour ne cesse de grandir (et c’est aussi chouette que dramatique, je n’aurai évidemment jamais le temps de tout lire).

C’est aussi avec une grande joie que je rejoins Victoria dans la gestion de son club de lecture, celui-là même qui m’a tant redonné goût à la lecture il y a un peu plus de deux ans et je suis d’ores et déjà ravie de pouvoir apporter un petit quelque chose aux sélections chaque mois – n’hésitez d’ailleurs pas à rejoindre le club si vous n’y êtes pas déjà!

Il était donc grand temps que je vous parle de livres, de mes dernières lectures, avec toujours un certain temps de décalage (ma vie est joliment remplie de lectures, mais aussi de virées au cinéma et de cocktails en douce compagnie – je me sens drôlement chanceuse) mais qu’importe – mieux vaut tard que jamais!

Au menu aujourd’hui, un livre adolescent à la magie que je cherche encore, un grand classique britannique (pourtant fort méconnu), le second livre d’une saga napolitaine passionnante et un policier historique que j’ai trouvé fascinant. On y va? 

Among Others – Jo Walton (Morwenna en VF)

« It doesn’t matter. I have books, new books, and I can bear anything as long as there are books. »

Proposé dans le cadre de la sélection de l’été du club de lecture de Victoria, Among Others avait tout pour me plaire… et pourtant, ce court roman m’a quelque peu dérouté et s’est révélé être totalement différent de ce que j’attendais.

Voici la description du livre d’après l’éditeur: « Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit une photo où sa silhouette a été brûlée… Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa propre mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre. »

Ça paraît prometteur, vous ne trouvez pas? Malheureusement, le charme de l’intrigue (pour peu qu’il existe) n’a pas opéré sur moi, et j’ai trouvé que le livre était dénué de toute magie en réalité

Pour tout vous dire, il m’a été très difficile d’éprouver une quelconque empathie pour le personnage principal qu’est Morwenna, tant je l’ai trouvée étrange, arrogante et même étroite d’esprit. Par moments, son amour des livres et ses galères adolescentes m’ont aidé à m’identifier à elle quelque peu, mais c’était très fugace et dans l’ensemble, le personnage m’a beaucoup agacé.

Et c’est en grande partie à cause de mon aversion pour ce personnage que je n’ai pas cru une seule seconde à la magie présupposée du livre – ça m’a davantage semblé être une sorte de fantaisie tout droit sortie de la tête de Morwenna, qui s’invente un monde pour échapper aux réalités difficiles à accepter de sa propre vie.

Pourtant, les personnages « différents » et même étranges sont habituellement des personnages intéressants (et donc qui me plaisent généralement beaucoup) mais là, rien à faire, elle ne m’a pas semblé suffisamment crédible…

D’autant plus qu’il ne se passe pas grand chose dans ce livre (écrit sous forme d’entrées de journal intime) et j’ai trouvé que la narratrice s’attardait bien trop longuement sur des détails sans intérêt de sa vie quotidienne… Finalement, le seul intérêt d’Among Others est peut-être de citer une multitude de titres de livres de SF qui m’ont donné des idées de lecture. (Bien que ça m’ait souvent donné l’impression d’être un peu perdue, moi qui n’ai lu que le Seigneur des Anneaux parmi tous les titres cités…)

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été transportée à la lecture de ce livre qui m’a semblé à la fois très ennuyeux et déroutant… à mille lieues de ce que je pensais qu’il serait!

Mais peut-être que vous l’avez lu et qu’il vous a davantage plu qu’à moi? Dites-moi tout, ça m’intéresse!

The Tenant of Wildfell Hall – Anne Brontë (La Dame du Manoir de Wildfell en VF)

« I would rather have your friendship than the love of any other woman in the world. »

Ce classique un peu méconnu de la littérature britannique a lui aussi été proposé dans le cadre des lectures de l’été dernier dans notre club de lecture et contrairement au livre précédent, j’ai beaucoup aimé cette lecture qui m’a semblé très moderne pour l’époque de sa publication.

The Tenant of Wildfell Hall commence avec l’arrivée de la mystérieuse Helen Graham et de son fils à Wildfell Hall, ce qui crée son lot de spéculations, d’autant que le caractère réservé de cette dernière ne lui attire pas que de la sympathie

La structure du roman est construite de telle sorte à ce que chacun des personnages puisse exprimer ses sentiments à la première personne – le roman commence avec la narration de Gilbert (sous forme épistolaire), qui raconte l’arrivée d’Helen, les sentiments qu’il développe à son égard, son désespoir amoureux, etc. Arrive ensuite l’histoire d’Helen, relatée à travers les pages du journal intime qu’elle a confié à Gilbert.

Ce type de structure est assez immersif et permet d’en apprendre beaucoup sur les personnages et leurs sentiments, leurs ressentis… d’autant que la plume d’Anne Brontë n’a rien à envier à ses deux sœurs!

La force de ce récit réside principalement dans l’incroyable modernité du personnage d’Helen, une héroïne qui dénote par son sens du devoir, son courage, sa détermination, sa dignité et sa force de caractère – c’est un peu anachronique de dire ça, mais elle incarne un féminisme totalement novateur pour l’époque! (Le livre a initialement été publié en 1848.)

À la fin du récit, je dois bien dire que je suis restée un peu sur ma faim, tant j’ai trouvé que le roman se terminait rapidement, mais après tout, c’est bien un moindre mal.

En revanche, j’ai parfois trouvé la narration un peu dense, un peu trop riche en détails qui ralentissaient le rythme du récit.

Quant au style d’Anne Brontë, je l’ai trouvé un peu moins lyrique et passionné que celui de Charlotte Brontë (dont j’ai adoré Jane Eyre, résolument un de mes romans favoris) et l’atmosphère générale du roman m’a semblé plus « terre-à-terre » que d’autres romans du genre, aux accents parfois plus gothiques ou plus légers. (Mais c’est un ressenti très personnel je pense.)

Malgré ces (tout) petits bémols, j’ai été ravie de découvrir ce classique méconnu, qui ose parler de violence conjugale et d’émancipation féminine avec une telle force et une telle intelligence.

À découvrir, pour tout amateur de grands classiques du 19e siècle!

Qu’en avez-vous pensé, si toutefois vous l’avez lu vous aussi? Connaissez-vous Anne Brontë?

Le Nouveau Nom – Elena Ferrante

« Depuis l’enfance, nous avions vu nos pères frapper nos mères. Nous avions grandi en pensant qu’un étranger ne devait même pas nous effleurer alors qu’un parent, un fiancé ou un mari pouvaient nous donner des claques quand ils le voulaient, par amour, pour nous éduquer ou nous rééduquer. »

Chaque été, depuis deux ans, les mots d’Elena Ferrante accompagnent une partie de mes vacances – après tout, il me semble tout à fait indiqué de se plonger dans une atmosphère italienne, brûlante et passionnelle en plein cœur d’un mois d’août… non?

Étant donné qu’il s’agit ici de la suite de L’Amie Prodigieuse, je vous fais grâce du résumé pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, si toutefois vous n’aviez pas encore lu le premier tome de cette saga napolitaine. Sachez simplement qu’on suit toujours Lila et Lenu dans leurs vies de jeunes femmes, aux parcours diamétralement opposés et à l’amitié fluctuante…

J’ai absolument adoré me plonger dans cette suite, envoûtée par cette histoire de plus en plus dure et violente – on s’attache tantôt à Lenu, tantôt à Lila (même si cette dernière provoque toujours autant de sentiments ambivalents) et on se questionne sur leurs choix, tout en s’identifiant parfois à elles. (Et si tout avait été différent?)

Il y a une mélancolie dans ce récit qui me touche particulièrement, et je me suis souvent sentie proche des questions soulevées dans le roman, que ce soit à propos de l’amitié, de l’amour, de la réussite…

La quête identitaire des personnages a quelque chose d’universel, après tout, et c’est probablement l’un des points forts du récit. La plume délicate d’Elena Ferrante y contribue certainement: elle est d’une grande simplicité, dénuée d’emphase et laisse parler le récit avec finesse.

Et c’est toujours avec une grande intelligence (et une plume acérée) qu’Elena Ferrante analyse la condition féminine dans une société machiste, mais aussi la solitude et la réussite sociale et ce qu’elle implique, pour qui (comme Lenu et Lila) a grandi dans un quartier populaire.

La richesse des thèmes développés dans Le Nouveau Nom, couplée aux rebondissements des vies des deux héroïnes font de ce livre quelque chose de fascinant et d’irrésistible – d’autant que la toute fin du roman ne donne qu’une envie, celle de se plonger dans le livre suivant! (Elena Ferrante a le don du cliffhanger, c’est certain.)

Le troisième livre de la saga, Celle qui Fuit et Celle qui Reste, vient de paraître en poche, et nul doute que je me l’offrirai quand l’été viendra, pour enfin me replonger dans les destins tortueux de Lila et Lenu…

Et vous, avez-vous lu la saga napolitaine d’Elena Ferrante?

L’Enigme des Blancs-Manteaux – Jean-François Parot

« Les livres paraissaient toujours monter une garde silencieuse autour de lui. Enfant, il avait passé bien des heures en leur compagnie, dans le grenier de la maison de Guérande, et plus tard dans la bibliothèque du marquis, à Ranreuil. Rien ne pouvait advenir de mauvais, lorsqu’on était protégé par des alignements de reliures fraternelles. Il suffisait d’ouvrir un volume pour que s’élève une petite musique toujours émouvante et jamais semblable. »

Que je suis heureuse d’enfin vous parler de ce roman, le premier d’une longue série policière, tant je l’ai adoré et conseillé autour de moi! C’est une amie et collègue, grande lectrice également, qui me l’avait conseillé, et je ne peux que la remercier chaleureusement car je crois bien que les intrigues de Nicolas Le Floch vont faire partie de mes récits favoris pendant longtemps.

Parce que la description de l’éditeur est assez complète, je vous la partage:

« Paris, janvier 1761. Nicolas Le Floch, un jeune homme natif de Guérande, débarque dans la capitale, écarté de sa Bretagne par son tuteur. Après un passage au couvent des Carmes, le jeune Le Floch va apprendre le métier de policier sous la houlette de M. de Sartine, le lieutenant général de police de Louis XV, chargé des affaires spéciales. Le Floch va devoir faire très vite ses preuves et apprendre le prix du silence et du secret. Sa première enquête criminelle va le plonger dans le monde interlope de la corruption, du jeu, des intrigues crapuleuses et d’une conspiration contre la vie du roi. »

Après tout, ce livre ne pouvait que me plaire, vu qu’il allie brillamment histoire et intrigue policière (deux de mes genres favoris en littérature) dans un langage riche et érudit, mais néanmoins pas dénué de légèreté.

Moi qui adore Paris, j’ai aussi follement aimé superposer dans mon esprit le vieux Paris du 18e siècle, décrit avec force de détails, avec ma propre connaissance de la ville et des rues des vieux quartiers chers à mon cœur.

La richesse des détails historiques est incroyable et c’est tout à fait fascinant – certaines scènes et autres récits sordides concernant la question (autrement dit la torture infligée aux détenus à l’époque) ou certaines exécutions notoires m’ont beaucoup marquée, d’autant qu’il s’agit souvent de faits réels (je pense notamment au récit de l’exécution de Damiens, coupable d’attentat sur la personne de Louis XV, et c’est à glacer le sang).

La qualité des recherches historiques de Jean-François Parot et l’abondance de tous ces détails, souvent passionnants, pittoresques ou même amusants, peuvent en revanche parfois sembler ralentir le récit pour qui ne serait pas aussi fasciné que moi (par exemple) par le 18e siècle… D’autant que le niveau de langue est assez soutenu et recherché et requiert une certaine concentration!

Pour en revenir à l’intrigue de L’Enigme des Blanc-Manteaux, je dois dire que j’ai été assez rapidement happée par cette dernière, bien que le monde de la corruption et des jeux ne m’attire guère au premier abord – le narrateur nous mène par le bout du nez et le dénouement est assez bien ficelé je dois dire (j’avais deviné certaines choses, mais pas tout!).

Ce premier roman qui conte les aventures de Nicolas Le Floch (il y a pour l’instant 14 livres qui suivent ses différentes enquêtes, avec toujours l’histoire réelle en toile de fond) est aussi celui qui permet de mettre en place les choses et de découvrir les divers personnages qui feront partie de l’entourage de Nicolas au fil des romans successifs.

Ces derniers sont très bien travaillés et ils sont tous plus ou moins attachants – Nicolas, en particulier, est ici assez touchant par sa naïveté de jeune homme fraîchement arrivé à Paris et son évolution est déjà assez notable dans ce premier livre. La bonhomie de l’inspecteur Bourdieu, qui fait équipe avec Nicolas, est sympathique, tout comme l’intelligence (et la sensibilité déconcertante) de Samson, le bourreau, est remarquable.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup, beaucoup aimé cette première incursion dans les enquêtes de Nicolas le Floch, et je me réjouis d’avance de pouvoir découvrir dans les prochaines années tous les livres qui rassemblent ses enquêtes (à l’heure où je vous écris je n’ai lu que les deux premiers)(je déguste et c’est formidable).

À savoir qu’il existe aussi une série française qui met en scène ces enquêtes, mais je ne m’y suis pas encore penchée à vrai dire…

Et vous, connaissez-vous déjà les enquêtes de Nicolas Le Floch?

Je reste toujours très en retard pour vous parler de mes lectures en temps et en heure (mais que voulez-vous, j’ai une vie très remplie par ailleurs) mais étant donné que j’ai passé mon automne à lire presque exclusivement Harry Potter, peut-être que je pourrai doucement rattraper mon retard…? (Stay tuned!)

De mon côté je viens de terminer un autre roman policier très prenant (The Axeman’s Jazz, l’un des premiers livres terminés sur ma Kindle, cadeau inspiré de mes parents pour Noël) et je vais sans doute me plonger bientôt dans The Awakening, de Kate Chopin, le livre du club de lecture pour le mois de février – c’était une de mes suggestions pour la sélection de ce mois, et je suis ravie qu’il ait été choisi! (Je l’ai déjà lu à la fac, quand j’étais à Nottingham, mais je vais le relire avec plaisir, maintenant que j’ai un peu « grandi ».)

Et vous, que lisez-vous ces temps-ci? Cet article vous a-t-il donné des idées?

Je vous souhaite une bien belle semaine et vous dis à très vite!


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

Les liens des livres Amazon sont affiliés, ce qui permet de soutenir mon activité, mais rien ne vous empêche d’aller acheter vos livres chez votre libraire favori! 

19

Vous aimerez aussi

Wonder, un film bienveillant et joyeux

Septième Art 7 janvier 2018 Laisser un commentaire

Avant tout, je vous souhaite une très belle année 2018, qu’elle soit riche en belles découvertes et douce… Je n’avais pas tout à fait prévu de rester silencieuse par ici aussi « longtemps », sans même vous souhaiter de belles fêtes (j’espère qu’elles l’ont été!), mais comme tous les ans depuis quelque temps, le mois de décembre est sacrément éreintant, et lors de ma semaine de vacances de Noël, j’ai vraiment cherché à déconnecter de mon quotidien.

Mais je reviens doucement, maintenant que la vie a repris son cours normal, et avant de vous reparler un peu de l’année passée (et de l’année à venir)(quand j’aurai trouvé l’envie de l’introspection) il fallait absolument que je vous conseille Wonder, le premier film que je suis allée voir en cette nouvelle année, ce qui aura été l’une des meilleures décisions de la semaine!

Wonder, adaptation du livre éponyme de R.J. Palacio, raconte l’histoire de Auggie, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a tenu éloigné de l’école… jusqu’à ce qu’il entre en CM2 dans une véritable école et se confronte pour la première fois au monde extérieur et au regard des autres. 

Avant d’aller voir Wonder, je n’avais pas vraiment vu sa bande-annonce, j’avais simplement lu son synopsis et avais été séduite par le casting (j’aime beaucoup Owen Wilson). Et si je me doutais que ce serait un film qui me donnerait le sourire, je n’avais pas anticipé à quel point il me toucherait.

Si l’intrigue peut faire craindre un traitement un peu trop simpliste d’une histoire où un enfant différent est confronté à un monde extérieur « normal », rempli de « méchants », sachez qu’il n’en est rien et c’est avec une simplicité et une authenticité prodigieuse qu’on suit l’incursion d’Auggie dans ce monde inconnu.

Superbement écrit, le film ne tombe jamais dans la caricature ou dans le pathos inutile, et l’histoire de ce petit garçon est racontée avec une légèreté et une sincérité rare.

On ne peut s’empêcher de sourire devant les dialogues où l’humour et l’esprit font mouche, de s’attendrir devant des personnages superbement interprétés et de verser quelques larmes (de joie) face à ce récit.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’histoire était racontée, et qui, me semble-t-il, a suivi la construction du livre dont le film a été tiré. En effet, cette année dans la vie de Auggie et de sa famille est en quelque sorte découpée en différentes narrations, qui laissent entrevoir les sentiments et impressions de divers personnages: Auggie bien sûr, mais aussi sa grande sœur Olivia, son ami Jack, etc.

C’est une façon habile de raconter (et de comprendre) les choses sous différents angles, de donner une grande profondeur au récit et d’explorer la psychologie des personnages. Cette mise en scène chorale est en outre superbement orchestrée, chaque « épisode » se fondant au suivant avec fluidité, sans jamais interrompre le récit.

Évidemment, Wonder n’aurait pas été aussi formidable sans les acteurs qui donnent vie aux personnages! Julia Roberts et Owen Wilson forment un couple de parents presque trop beaux pour être vrais, mais bluffants de naturel et leurs interprétations m’ont beaucoup émue.

Mais pour moi, les trois acteurs qui m’ont le plus touchés auront été Jacob Tremblay, qui joue Auggie avec un talent et une émotion incomparables, Izabela Vidovic, qui interprète la sœur d’Auggie, Via, avec une justesse inouïe et Noah Jupe, qui joue Jack, un ami d’Auggie, avec une certaine candeur et simplicité là aussi touchante. (J’avais déjà eu un petit faible pour la candeur de ce jeune acteur dans Suburbicon, que j’ai vu le mois dernier.)

Enfin, on pourrait aussi évoquer la photographie du film, très réussie et chaleureuse, ou encore le rythme de la mise en scène, qui ne laisse place à aucune longueur, sans pour autant nous essouffler par un enchaînement de scènes qui serait trop rapide, ou les petites touches de fantaisie dont la légèreté font sourire… mais je crois que j’en ai déjà beaucoup dit!

La bienveillance et la joie qui émanent de ce film, qui raconte pourtant un quotidien qui n’est pas toujours drôle, sont indiscutables et je vous le conseille chaleureusement – j’ai pleuré devant Wonder, de la même façon heureuse que j’ai pleuré devant Coco il y a quelques semaines.

Faites-vous une faveur, et commencez l’année avec ce film, vous ne le regretterez pas!

Avez-vous déjà vu Wonder? Et avez-vous peut-être lu le livre dont le film est tiré?

Cette année, je vais tâcher d’aller un peu plus souvent au cinéma (pour peu qu’il y ait de bons films à aller voir, évidemment!) et j’ai déjà hâte de découvrir plein de nouveaux films.

Je vous souhaite en tout cas un beau dimanche et vous dis à très vite!

PS: En décembre j’ai aussi vu:

  • Coco, une merveille de couleurs, de joie et d’émotion à ne pas manquer,
  • Bienvenue à Suburbicon, un film à la fois étrange et brillant, qui dénonce les travers de notre société via les drames qui frappent un quartier manucuré des années 50′ aux Etats-Unis,
  • Santa & Cie, un doux conte de Noël, loufoque et tendre, de et avec Alain Chabat,
  • Le Sens de la Fête, pas très original, mais tendre et réjouissant tout de même!

(Je n’avais pas eu le temps de vous en parler, mais voilà chose faite, de façon très synthétique.)


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

6

Vous aimerez aussi

Mes Dernières Lectures #13

Dans ma bibliothèque 4 décembre 2017 Laisser un commentaire

Cela fait bien trop longtemps que je ne vous ai pas parlé de mes dernières lectures… et pourtant, qu’est-ce que je lis depuis cet été! (Maintenant j’emmène même mes livres dans le métro, alors que je n’aimais pas ça avant…)

Les quatre livre que je vais vous présenter là font d’ailleurs partie de ma pile à lire de l’été passé et je réalise tout juste en l’écrivant que ces quatre livres ont tous pour point commun de parler de femmes, leurs amours, leurs mystères, leurs cheveux… Drôle de coïncidence quand on y pense.

Alors sans plus attendre, voici ce que j’en ai à dire!

My Cousin Rachel – Daphne du Maurier

« How soft and gentle her name sounds when I whisper it. It lingers on the tongue, insidious and slow, almost like poison, which is apt indeed. It passes from the tongue to the parched lips, and from the lips back to the heart. And the heart controls the body, and the mind also. Shall I be free of it one day? »

Second roman de Daphne du Maurier découvert cette année (dans le cadre du lecture commune, annexe au club de lecture de Victoria) et une bien belle découverte, un voyage à travers le gothique d’une campagne anglaise pluvieuse, ou encore d’une Italie aux accents menaçants…

C’est à travers la narration de Phillip Ashley que l’histoire est racontée, et ça commence avec le départ de son cousin Ambrose (qui l’a élevé avec bienveillance mais dans un foyer résolument masculin) pour un séjour en Italie… duquel il ne reviendra jamais.

C’est là-bas qu’il a épousé Rachel, une cousine lointaine dont on ne sait rien, ce que Phillip ne voit pas d’un très bon œil. Et pourtant, quand cette dernière arrive à son tour en Angleterre, les suspicions de Phillip se mêlent à des sentiments nouveaux…

Bon, ça fait un moment que je l’ai lu mais je me souviens avoir beaucoup aimé My Cousin Rachel, notamment parce qu’une ambiance gothique, sombre et mystérieuse plane sur tout le récit (et si vous me connaissez, vous savez que c’est quelque chose que j’aime beaucoup) mais aussi parce qu’il semble bien difficile de pouvoir se prononcer sur les agissements réels des personnages.

La narration est brillante, et l’on est sans cesse tiraillé entre suspicions et certitudes, face à des personnages tantôt agaçants, tantôt vulnérables… La tension est construite avec brio tout le long du récit, notamment grâce à cette anticipation de la rencontre avec Rachel, tout de même personnage éponyme, mais qui arrive « réellement » assez tard dans le récit – au début tout n’est que suppositions sur cette femme mystérieuse…

Rachel, ce personnage manipulateur et fragile à la fois, qui contraste tant avec la naïveté et la fougue de Phillip… Un peu comme dans The Loving Spirit, je n’ai pas trouvé les personnages du roman très sympathiques, et pourtant c’est aussi ça qui les rend peut-être plus réalistes et humains.

Une chose est sûre: la plume de Daphne du Maurier est un bonheur à lire et je ne m’arrêterai pas là dans mon exploration de ses écrits!

My Cousin Rachel plaira sans doute à tous ceux qui apprécient les intrigues mystérieuses, sur fond d’Angleterre Victorienne, et qui n’ont pas peur d’une narration quelque peu lente et d’un ton mélancolique.

Avez-vous lu ce roman de Daphne du Maurier?

Je vous invite aussi à jeter un œil sur mon avis sur l’adaptation cinématographique qui est sortie cette année, c’est assez intéressant de confronter les deux œuvres!

Une Apparition* – Sophie Fontanel

« Des femmes t’ont aimé (…) Moi je n’ai rien construit de ce côté-là. Je ne sais même pas ce que c’est les bras complètement de quelqu’un. Ma vie sexuelle, elle a merdé. Je n’ai jamais vécu la réciprocité. Je ne connais que la marge, et si ça se trouve, avec mes cheveux blancs, je vais me retrouver coincée dedans. »

J’ai lu beaucoup de livres cette année et j’en ai aimé autant. Une Apparition fait résolument partie de ceux-là, tant sa simplicité m’a touchée.

L’histoire est donc simple: Sophie a décidé de ne plus se teindre les cheveux, comme ça, sur un coup de tête, ou presque. Et puis comme elle écrit, Sophie, elle a décidé d’en faire un livre. C’est un roman, c’est un récit autobiographique et ça se lit comme une sorte de journal intime.

On y suit l’évolution capillaire de Sophie, du brun artificiel au blanc naturel, mais surtout aussi son évolution personnelle, son apparition au monde et surtout à elle-même. Le ton éminemment intimiste, brut et sincère m’a beaucoup plu, et voir l’auteure passer des doutes aux éclats de rire était très rafraîchissant – j’ai adoré son caractère pétillant et sa fragilité mise à nu.

Ce roman est avant tout très inspirant, et est à mettre entre les mains de toutes celle qui doutent d’elles, qui doutent de leur beauté, que ce soit à cause de cheveux blancs ou d’autre chose. Il en ressort aussi une grande bienveillance: Sophie ne critique absolument pas celles qui continuent à teindre leurs cheveux et ne considère pas détenir LA vérité absolue.

Je vous conseille donc chaleureusement de vous plonger dans Une Apparition, si ce n’est pas déjà fait (étant donné que ce livre a déjà beaucoup fait parler de lui!), je l’ai trouvé plein de vie et de joie et il donne envie d’être soi, au yeux de tout le monde… et ça c’est pas rien!

Est-ce que vous l’avez déjà lu, vous?

C’est aussi un livre qui m’a donné envie de m’intéresser à ce qu’à pu écrire Sophie Fontanel par le passé, du coup je prends tous vos conseils si vous en avez!

Amours – Léonor de Récondo

« De la vie, on ne garde que quelques étreintes fugaces et la lumière d’un paysage. »

Je crois que j’avais envie de lire Amours depuis que Pauline en a fait l’éloge, sur son blog je crois, partout ailleurs aussi sans doute. Alors quand je me suis plongée dans cette histoire de femmes (encore une fois), d’amours cachés, d’amours sous toutes ses formes, libérés des corsets bourgeois du début du 20e, je crois que je m’attendais à trop de choses.

Dans ce court roman, on rencontre Céleste, la bonne de la maison Boisvaillant qui tombe enceinte, abusée par le notaire qui l’emploie, tandis que sa propre femme, Victoire, n’arrive pas à avoir d’enfant depuis déjà près de cinq ans. Quand la grossesse est découverte, on décide que cet enfant sera celui de Victoire… mais cette dernière n’arrive pas à être mère. Céleste s’occupe donc en cachette de son fils, jusqu’à ce qu’un soir, Victoire la rejoigne dans sa petite chambre sous les combles…

Démarre alors une histoire d’amour aussi sensuelle et pure qu’elle ne semble improbable. Le lyrisme de l’écriture de Léonor de Récondo est indéniable et le récit est plein d’une sensibilité rare… mais je ne saurais trop comment vous le dire, il m’a manqué quelque chose.

Peut-être une exploration plus poussée de la psychologie des personnages? J’ai trouvé ça beau, fort, mais peut-être un peu froid, là où la passion aurait peut-être dû m’emporter. (Ou là où j’aurais voulu qu’elle m’emporte en tout cas!)

Le contraste entre la situation bourgeoise de Victoire, l’esprit étriqué de cette époque, et ses découvertes charnelles, son éveil au corps, est intéressant et traité avec subtilité et grâce. Son émancipation graduelle et son indépendance grandissante sont évidemment inspirantes et grisantes, mais je crois que ça n’est pas assez développé à mon goût.

Le rôle et le poids de la religion dans la vie de Céleste, bien que compréhensible et inhérent à son personnage, m’a quelque peu laissé de marbre et fait partie des petites choses qui m’ont déplu dans le roman.

En fin de compte, d’Amours je garde un joli souvenir de lecture, séduite par la plume de l’auteure, délicate, lyrique et incisive à la fois, tout en ayant refermé le livre avec un sentiment d’inachevé – j’aurais voulu en savoir plus, davantage entendre les sentiments des personnages je crois…

Peut-être avez-vous des sentiments différents envers Amours, si vous l’avez déjà lu?

The Ladies of Grace Adieu and other stories – Susanna Clarke

« Did you ever look into an English novel? Well, do not trouble yourself. It is nothing but a lot of nonsense about girls with fanciful names getting married. »

Quand j’ai appris que Susanna Clarke avait publié une collection de nouvelles se passant dans le même monde que Jonathan Strange & Mr Norrell, je me suis empressée de me l’offrir, évidemment.

Un an après avoir dévoré Jonathan Strange & Mr Norrell (malgré ses mille pages!) je me suis donc replongée avec plaisir dans une Angleterre du 19e où la magie fait partie de l’histoire, comme si de rien n’était…

Ces nouvelles, ou contes de fées d’un autre genre, ont la même qualité littéraire qu’on trouve déjà dans Jonathan Strange & Mr Norrell, et la plume de Clarke est toujours aussi pleine d’esprit et d’humour.

Aucune nouvelle ne ressemble à une autre, et pourtant elles ont pour point commun de parler de femmes qui pratiquent la magie, avec plus ou moins de bienveillance… Certaines de ces nouvelles sont très drôles, d’autres sont plus sombres, plus inquiétantes et c’est, à mon sens, une énième preuve du talent de l’auteure, capable d’écrire des récits aux tons si différents.

L’imaginaire et la magie qu’on trouve dans cet univers me fascine, et c’est sans doute pourquoi j’ai adoré me plonger dans ces nouvelles, pour retrouver la magie de Susanna Clarke, si différente de celle de Rowling ou de Tolkien, mais pas moins inventive et brillante.

À découvrir, qu’on ait lu Jonathan Strange & Mr Norrell ou pas (même si l’avoir lu avant donne plus de relief à ces courts récits, je pense) et surtout si on aime les contes, les univers fantastiques un peu sombres et que l’on est sensible à l’esprit d’un langage emprunté à un autre temps! 

Et vous, vous aimez les nouvelles fantastiques?

Je suis terriblement en retard pour vous parler de mes dernières lectures (depuis ceux-là, j’ai lu à peu près une douzaine de livres!) et j’ai aussi envie de vous parler de livres sur le véganisme, de livres de recettes… mais comme toujours, le temps m’échappe quelque peu.

Mais comme je me suis replongé dans Harry Potter cet automne, ça me laisse un petit délai supplémentaire pour réfléchir (et écrire) sur tous ces autres livres que j’ai lus. Ce qui est sûr, c’est que je ne manquerai jamais de sujets sur lesquels vous écrire!

Qu’est-ce que vous lisez en ce moment, vous? L’hiver vous inspire-t-il des livres d’un certain genre?

Je vous souhaite une belle semaine!

+ Je risque encore une fois de vous faire faux bond avec mes « Links I Love » cette semaine, ça devient assez intense au travail pour moi, alors un peu de patience…


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

Merci à Robert Laffont de m’avoir fait parvenir les ouvrages marqués d’un astérisque. 

Les liens des livres Amazon sont affiliés, ce qui permet de soutenir mon activité, mais rien ne vous empêche d’aller acheter vos livres chez votre libraire favori! 

12

Vous aimerez aussi

Au Revoir Là-Haut, ou quand le cinéma touche la magie du doigt

Septième Art 16 novembre 2017 Laisser un commentaire

Et dire que j’ai failli passer à côté d’Au Revoir Là-Haut, dont l’affiche ne m’avait fait ni chaud ni froid la première fois qu’elle m’était apparue, au coin d’une avenue…

Fort heureusement, grâce à la curiosité de mon entourage à l’égard de ce film, j’ai fini moi aussi par m’y intéresser, à regarder la bande-annonce, puis, un soir pluvieux, un soir heureux, à me rendre au cinéma le plus proche pour me laisser emporter. Ç’eut été bien triste de manquer un tel film, foi de rêveuse!

Mais d’abord, petit retour sur son synopsis… Le film nous emmène en 1919, juste après la Première Guerre Mondiale, la Grande Guerre qui a laissé derrière elle bon nombre de gueules cassées, au propre comme au figuré. Et c’est justement deux d’entre eux que nous rencontrons ici: Edouard Péricourt, jeune talent du dessin, mutilé de guerre et ayant fui sa famille aisée, et Albert Maillard, modeste comptable.

Leur amitié a commencé dans les tranchées et se poursuit à Paris, où ils décident de monter une arnaque aux monuments aux morts à grand renfort de fantaisie et d’ingéniosité

Avec ses allures de conte, alliant merveilleux et tragédie, ce n’est pas très étonnant qu’Au Revoir Là-Haut m’ait tellement plu…

Après tout, c’est un film qui réunit à peu près tout ce j’aime: l’ambiance fantasque des années folles, l’émotion propre aux belles histoires, l’humour innocent et léger, la photographie surannée à souhait et la magie, merveilleuse et malicieuse (qui ne fait pourtant pas appel au fantastique ici).

Doucement, mais sûrement, le film a su me toucher en plein cœur et je dois bien dire que le talent des acteurs y est pour beaucoup.

Il y a d’abord Nahuel Perez Biscayart (déjà adoré dans 120 Battements par Minute il y a quelques mois) dont la complexité d’un rôle quasiment muet ne l’a pas rendu moins brillant – au contraire! Difficile de rester de marbre face à ses grands yeux bleus, si expressifs… Je l’ai trouvé incroyable, tout simplement.

Mais Albert Dupontel n’est pas en reste dans le registre de l’émotion, loin de là. Sa maladresse, ses hésitations… son humanité, finalement, en font un personnage extrêmement attachant et drôle qui, lui non plus, ne laisse pas indifférent. (Et chapeau bas, parce que j’imagine qu’être à la fois acteur principal et réalisateur ne doit pas être une mince affaire, or, ni le jeu de l’un, ni la réalisation de l’autre ne semblent en pâtir.)

Sans oublier Laurent Laffite (Pradelle), parfait en odieux personnage que l’on aime détester, Niels Arestrup (Marcel Péricourt) le patriarche sévère mais touchant malgré tout ou encore la jeune Héloïse Balster (Louise) à l’énergie enfantine qui apporte de la légèreté et de l’espièglerie à l’ensemble.

Évidemment, quand je repense à Au Revoir Là-Haut, parmi les choses qui m’ont le plus frappé, je repense à l’image et à tout ce qui fait de ce film une merveille visuelle.

Entre la photographie aux tons un peu désuets (qui rappelle d’ailleurs un peu l’univers des films de Jean Pierre Jeunet), les superbes décors, soignés sans être trop lisses, les costumes (dont ces masques formidables qui caractérisent le personnage d’Edouard!) et les mouvements de caméra et autres cadrages judicieusement travaillésAu Revoir Là-Haut est incroyablement beau.

Mais d’une beauté authentique, brute, jamais trop académique comme peuvent parfois l’être certains films américains…

L’histoire qui se déroule sous nos yeux est d’une force et d’une beauté là aussi, mais tout en simplicité, d’où, pour moi, ses airs de conte… Il y est question de la tragédie de la guerre, de famille, de lutte des classes, d’amitié, d’amour et de souffrance sublimée. Et il me semble qu’Albert Dupontel a su parler de choses graves avec légèreté et intelligence.

À noter que ce récit n’appartient pas seulement à Albert Dupontel vu qu’il s’agit d’une adaptation du roman éponyme de Pierre Lemaitre, primé par le Prix Goncourt en 2013 et que je me suis empressée de mettre sur ma liste de romans à lire.

Cela dit, je crois que le film semble être assez fidèle au texte, si j’en crois l’auteur et je vous enjoints d’ailleurs chaleureusement à écouter le podcast de l’émission On Aura Tout Vu, sur France Inter, où Albert Dupontel et Pierre Lemaitre ont été invités à parler d’Au Revoir Là-Haut il y a quelques semaines et où ils m’ont tous deux paru faire preuve d’une grande complicité et connivence.

Enfin, un dernier mot sur un aspect qui est (à mon sens) très important dans un film: la bande originale. Sans grande surprise, elle est parfaite ici – composée par Christophe Julien, oscillant entre mélancolie et légèreté, elle accompagne à merveille le récit, et depuis que je suis sortie du cinéma, je ne me lasse pas de l’écouter!

Vous l’aurez sans doute compris, j’ai aimé Au Revoir Là-Haut de tout mon cœur et je pourrais sans doute en parler encore longtemps. Il fait partie de ces rares films dont je parle à tout mon entourage, avec un enthousiasme sincère et des étoiles dans les yeux…

Il fera sans doute partie des films que j’aurai préféré cette année, et je ne crois pas que depuis La La Land, mon cœur ait ressenti autant de choses au cinéma. 

Et vous, avez-vous vu Au Revoir Là-Haut ? Qu’en avez-vous pensé si c’est le cas ?

Sur ces paroles exaltées, je vous souhaite une très belle journée et vous dis à très vite!

+ Si vous avez vu le film, je vous conseille l’excellente vidéo du Fossoyeur de Films qui parle très, très bien d’Au Revoir Là-Haut et du pouvoir du cadrage dans un film (et celui-ci en particulier).


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

16

Vous aimerez aussi