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Culture

Mes dernières lectures #15

Dans ma bibliothèque 9 avril 2018 Laisser un commentaire

Les livres faisant toujours autant partie de mon quotidien, il était donc grand temps que je vous parle d’une poignée de mes dernières lectures (parce que comme d’habitude le temps me file entre les doigts et pendant ce temps là j’ai déjà lu une dizaine de livres de plus…!).

Depuis que j’ai remis la lecture au cœur de ma vie (en quelque sorte) je me demande même si travailler dans l’univers des livres ne serait pas une bonne idée de reconversion… et ouvrir ma propre librairie est un rêve qui remonte doucement dans la liste de mes rêves un peu fous. Qui sait, peut-être qu’un jour je ne me contenterai pas de lire des livres seulement!

Sans plus attendre, je vous laisse découvrir cette nouvelle édition, qui parle d’un livre de non-fiction pédagogique et essentiel, un classique français méconnu, un roman policier historique que j’ai adoré et une dystopie à la satire certaine…

Le Grand Mystère des Règles – Jack Parker

« Nous avons appris à séduire sans choquer, à cultiver cette image de femmes lisses et sans fluides, sans fuites ni éruptions. Nous avons appris à répondre aux commentaires offensants par des remonstrances doucereuses sur fond de sourires figés. Mais surtout nous avons appris à avoir honte de nos corps, honte de nos règles, honte d’être en bonne santé, fonctionnelles et normalement constituées. »

Un livre sur les règles, leur histoire, mais aussi (et surtout) leur fonctionnement biologique et leurs implications (sur la santé mais aussi dans la société) pour que le sujet ne soit plus tabou ou source de gêne et de dégoût.

J’ai beaucoup, beaucoup aimé lire ce livre qui est à la fois d’une grande pédagogie et d’une légèreté propre à son autrice, ce qui en fait un ouvrage parfaitement équilibré – à la fois sérieux et bien documenté mais aussi drôle. En somme, le livre que j’aurais adoré lire à douze ans, quand mes premières menstrues ont frappé à ma porte!

Même si les passages « pratiques » du livre (qui parlent des menstruations pures et dures, de leur aspect, des douleurs qui peuvent les accompagner, des protections hygiéniques qui existent, etc) ne m’ont pas nécessairement appris grand chose à mon grand âge, toute la partie « historique » m’a appris plein de choses… et pas que des choses très sympathiques.

Je m’en doutais, mais que les femmes soient, dans l’histoire ou dans certaines parties du monde encore aujourd’hui, tant maltraitées et/ou diabolisées juste à cause de leurs menstrues, eh bien moi ça me rend triste (et me révolte aussi, bien évidemment).

Lisez donc Le Grand Mystère des Règles, faites le aussi lire à votre entourage, aussi bien masculin que féminin et posez-vous cette question: pourquoi devrait-on cacher les menstruations, les minimiser ou parfois même les tourner en ridicule?

C’est notamment grâce à ce livre que je ne me cache plus pour parler de mes règles, je n’utilise plus de périphrases pour les qualifier et je ne minimise plus les souffrances que m’inflige parfois mon utérus. Et c’est tout. (C’est libérateur en réalité, tout comme ne plus porter de soutien-gorge, mais ça c’est autre chose.)

Ah et petit plus: le livre n’est pas genré et en plus il est joliment illustré par Madel Floyd.

Et vous, que pensez-vous du sujet? Avez-vous lu Le Grand Mystère des Règles?

The Heart Goes Last – Margaret Atwood (C’est le Cœur qui lâche en Dernier en VF)

« The past is so much safer, because whatever’s in it has already happened. It can’t be changed; so, in a way, there’s nothing to dread. »

Dernier roman de Margaret Atwood à l’heure où je vous écris, The Heart Goes Last a pour héros Charmaine et Stan, deux jeunes gens qui survivent à peine dans un futur dystopique où la crise a appauvri une grande partie de la population… C’est alors qu’ils décident de rejoindre le Positron Project, où dans la ville artificielle de Consilience ils vivront sans peur de manquer, dans une maison propre et remplie des conforts d’une vie « normale ». Du moins pour six mois de l’année.

En effet, un mois sur deux, ils sont pensionnaires de la prison de la ville et s’acquittent de tâches pour la communauté. Mais très vite, les autres locataires de la maison (ceux qui y vivent quand ils sont en prison, vous suivez?) vont les intriguer, jusqu’à jouer un rôle important dans leur futur à Positron…

J’ai lu assez peu de romans dystopiques en réalité, et suis toujours un peu méfiante de ce type de narration (aussi bien à l’écrit qu’à l’écran d’ailleurs) de peur d’être déçue sans doute, ou d’y voir des univers qui ne m’intéressent pas (trop violents et sombres par exemple), mais il faut dire qu’ici, avec ce roman, je me suis laissé prendre au jeu d’un futur dystopique grinçant et sombre, mais aussi très absurde.

L’univers du roman est quelque part entre l’Amérique rêvée des années 50′ (c’est comme ça qu’est caractérisé la ville de Consilience)(pensez au film Pleasantville!) et un futur un peu effrayant, froid où les robots prennent vie (ici les robots sont sexuels, mais je ne vous en dis pas plus) et c’est un mélange que je verrais bien porté à l’écran, justement.

Même si je n’ai jamais encore vu Black Mirror (oui je sais) je pense que le roman a un petit quelque chose de ça…

Sorte de satire du roman dystopique, The Heart Goes Last a été assez addictif à lire de mon côté, fascinée que j’étais par cet univers à la fois sombre et absurde, peuplé de personnages caricaturaux et pourtant plus complexes qu’il n’y paraît et pris dans une intrigue improbable et originale.

Mais à l’heure où je vous écris, je m’interroge encore sur son dénouement et sur ce qu’il faut retenir de ce livre… « Be careful what you wish for » est probablement la morale de cette histoire qui fait aussi réfléchir sur l’état de notre propre société…

Ce n’est peut-être pas la meilleure façon d’aborder la littérature de Margaret Atwood (pourtant c’est ce que j’ai fait) au vu des critiques assez contrastées que j’ai pu lire çà et là, mais ça n’en reste pas moins un livre dans lequel j’ai aimé me plonger, aussi sombre et bizarre soit-il… et si vous souhaitez vous y frotter, ayez à l’esprit qu’il s’agit d’une satire!

Quel livre de Margaret Atwood me conseillez-vous? Avez-vous lu celui-ci?

L’Homme au Ventre de Plomb – J-F. Parot

« Il finit son chocolat. Le fond de la tasse, comme la vie, mêlait la douceur et l’amertume. »

Je vous avais fait part de mon enthousiasme face à la découverte des enquêtes de Nicolas Le Floch lors de la dernière édition de « Mes Dernière Lectures », un enthousiasme qui m’avait conduit à l’époque à lire presque à la suite le second tome de ces aventures.

Ici l’intrigue nous emmène à la fin de l’année 1761, dans une enquête qui mêle complots jésuites et manipulations à la cour du roi suite au meurtre, maladroitement présenté comme un suicide, du jeune vicomte de Ruissec…

Comme dans le premier tome des enquêtes de Nicolas le Floch, on est efficacement entrainé par l’écriture érudite et riche de Jean-François Parot, cette fois davantage à la cour de Versailles que dans les rues de Paris – et c’est toujours aussi passionnant!

L’intrigue m’a en revanche un peu moins séduite, avec une impression d’éparpillement qui m’a un peu détachée du récit et empêché de m’attarder longuement sur les coupables et suspects divers de l’enquête.

Cela dit, les personnages principaux et récurrents tels que Nicolas, son adjoint Bourdeau ou encore M. de Noblecourt sont de plus en plus intéressants et attachants, et c’était un plaisir de les retrouver cette fois encore, tout comme l’ambiance d’époque de l’intrigue qui nous permet de faire un joli voyage dans le temps.

J’ai le troisième tome en ma possession mais n’ai pas encore pris le temps de m’y plonger, mais je sais d’ores et déjà que ce sera avec grand plaisir!

Quelle est votre enquête de Nicolas le Floch favorite? Connaissez-vous déjà cette série de livres?

Pauline – Alexandre Dumas

« Je préfère vos larmes à votre sourire. Les larmes sont confiantes, et le sourire est dissimulé ; le sourire, c’est le voile sous lequel le cœur se cache pour mentir. »

L’un des rares classiques français que j’aurais lu récemment, Pauline est un roman gothique et romantique, l’un des premiers d’Alexandre Dumas, où est narré le destin tragique de Pauline, jeune femme naïve mariée à un homme sombre et mystérieux qui sera sa perte…

L’intrigue, construite à travers une mise en abyme (un procédé qui ici laisse trop peu de place à la surprise et au mystère à mon goût) est riche en motifs gothiques – tempêtes dans la nuit, ruines d’abbaye, passages secrets, héroïne enterrée vivante et j’en passe – qui ne sont pas sans rappeler quelque peu des romans tels que Jane Eyre.

Et si vous me suivez un peu, vous n’êtes pas sans savoir que ce type d’ambiance fait partie de mes favoris en littérature et pourtant… j’ai trouvé qu’ici, l’ambiance gothique était un peu trop poussée à son paroxysme, presque caricaturale dans ses élans romantiques et somme toutes un peu maladroite (ou exacerbée du moins).

J’ai aussi éprouvé un peu d’agacement face à des expressions d’un autre temps (« pleurer comme une femme ») et face à un personnage féminin sans grande substance (Pauline n’a rien d’une Jane Eyre par exemple). Les personnages dans leur ensemble ne m’ont pas particulièrement touchée à vrai dire…

Finalement, ce court roman ne m’aura ni subjuguée, ni ennuyée, mais ne m’aura pas laissé grande impression, si ce n’est que je l’ai trouvé un peu daté (ce qui est somme toute assez logique, c’est un roman qui a été publié en 1838!). En revanche, la plume d’Alexandre Dumas est exquise et il me semble tout de même important de le noter.

Si les ambiances sombres et qu’un romantisme poussé à son paroxysme ne vous ennuient pas, jetez-y un œil, vous serez peut-être davantage passionnés que moi, qui sait… (Il en faut pour tous les goûts, n’est-ce pas.)

Et vous, avez-vous lu Pauline?

C’est ici que je vous laisse, en espérant que vous aurez peut-être glané quelques envies de lecture à travers mes mots – n’hésitez pas à me faire part de vos ressentis si vous avez vous aussi lu l’un (ou plusieurs!) de ces romans!

J’ai déjà beaucoup lu en ce début d’année, avec assez peu de véritables coups de cœur (mais tout de même quelques uns!) et si vous souhaitez être au courant de mes lectures en temps et en heure (pas comme ici où j’accuse toujours un retard phénoménal, ahem…) je vous invite à me suivre sur Goodreads, ma plateforme favorite pour me donner envie de lire encore et encore.

Le dernier livre que j’ai lu c’est Ici ça va, de Thomas Vinau, le livre du mois sur le club de lecture de Victoria (que j’anime avec elle depuis peu!) et sans vous en dire trop, sachez d’ores et déjà que c’était un de mes livres favoris de ces derniers temps tant il était doux et lumineux.

Et vous, qu’avez-vous lu de chouette ces dernières semaines?

Passez une belle semaine!


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

Les liens des livres Amazon sont affiliés, ce qui permet de soutenir mon activité, mais je vous encourage vivement à vous rendre chez votre libraire favori! 

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Monthly Movie Digest #2

Septième Art 16 mars 2018 Laisser un commentaire

C’est de nouveau le moment pour moi de vous parler de cinéma, avec la seconde édition de mes « Monthly Movie Digest », ma nouvelle façon de vous parler de ces films que je suis allée voir au cinéma le mois dernier.

Je reste jusqu’ici fidèle à ma résolution d’aller au moins une fois par semaine au cinéma et février aura été un mois plutôt chouette, avec des choix de films très variés (et même un documentaire!) qui correspondent tous à mes genres et atmosphères de prédilection…

Sans plus attendre, voici ce que j’ai pensé de mes séances du mois de février!

(En cliquant sur les titres des films, vous accédez aux fiches de ces derniers sur Allociné, si vous souhaitez en savoir plus!)

The Greatest Showman, un film de Michael Gracey

Inspiré par l’histoire de P.T. Barnum (ici interprété par Hugh Jackman) cette comédie musicale met en scène les débuts du show-business à travers la joyeuse troupe de freaks qui gravite autour de Barnum et de sa folie des grandeurs.

Si le film peut rappeler quelque peu Moulin Rouge! notamment à travers son mélange des genres et des époques, ainsi qu’à travers son caractère spectaculaire, la comparaison s’arrête là – The Greatest Showman est beaucoup plus riche en bons sentiments et convenu que le film de Baz Luhrmann (qui reste à ce jour l’un de mes films favoris de tous les temps).

Sans nier l’enthousiasme communicatif de ce film (en majeure partie grâce à l’interprétation énergique et lumineuse de Hugh Jackman) dont on ressort avec le sourire, mine de rien, il n’en reste pas moins dénué d’un certain relief et un peu trop sirupeux à mon goût.

Les décors et les costumes sont réussis et il y a un petit je-ne-sais-quoi de merveilleux dans cette histoire qui incarne que trop bien le rêve américain… mais ça ne suffit pas, il y a beaucoup trop de bons sentiments (les scènes sentimentales sont quasiment caricaturales) et pas assez de profondeur au cœur de cette intrigue.

Ça aurait pu être intéressant de se pencher davantage sur les freaks qui composent la troupe de Barnum, pour promouvoir davantage la tolérance par exemple, non? (Et sinon, quid de la femme à barbe qui s’épile les aisselles?! Cette question me taraude encore à ce jour…)

En somme, si l’on prend The Greatest Showman pour un simple divertissement qui en met plein les yeux, c’est réussi, mais gare à ne pas en attendre davantage!

Et vous, qu’avez-vous pensé de The Greatest Showman?

Wonder Wheel, un film de Woody Allen

Dans ce nouvel opus de Woody Allen, qui sent bon le pop corn et la barbe à papa, se trame un drame dont Ginny (formidable Kate Winslet) est au cœur, entre amour, trahisons et nostalgie…

La théâtralité assumée de Wonder Wheel peut dérouter de prime abord (du moins, c’est mon ressenti, face à certaines scènes qui semblent en « faire trop » ou qui sonnent un peu faux) mais on retrouve vite l’atmosphère doucement surannée et mélancolique propre aux films de Woody Allen.

L’intrigue du film n’est pas d’une grande profondeur, quoique tissée d’une dimension tragique dont la gravité est traitée presque avec désinvolture, mais ce n’est pas bien grave – les personnages qui y prennent vie sont bien plus intéressants, de même que l’esthétique globale du film.

Les jeux de lumière, de couleurs, sont particulièrement réussis et (vous vous en doutez peut-être) j’ai adoré cette immersion dans les années 50′ (une décennie dont l’esthétique me plaît tout particulièrement) et dans cet univers de fête foraine.

Comme évoqué précédemment, Kate Winslet tire véritablement son épingle du jeu dans son interprétation de Ginny, ex-actrice lunatique et malheureuse, au point d’éclipser le reste du casting, malgré un rôle que j’ai parfois trouvé trop bavard (problème récurrent parmi les personnages de Woody Allen).

Wonder Wheel, drame nostalgique, restera pour moi un beau film, visuellement parlant, mais il n’est pas inoubliable et m’a beaucoup moins touché que Minuit à Paris, qui est magique ou encore Blue Jasmine, lui aussi à la dimension tragique.

Peut-être avez-vous eu un ressenti différent face à Wonder Wheel?

Sugarland, un documentaire de Damon Gameau

Après en avoir entendu parler dans l’émission Grand Bien Vous Fasse que j’écoute presque tous les matins en podcast, je suis allée voir Sugarland presque sur un coup de tête – après tout je n’avais encore jamais été voir un documentaire au cinéma!

Sur un ton extrêmement ludique, Sugarland suit l’expérience de Damon Gameau, qui s’essaie à un régime riche en sucre pendant deux mois, mais uniquement en mangeant des aliments dits « sains », en majeure partie provenant de l’industrie agro-alimentaire.

Dans un savant mélange d’investigation et de vulgarisation scientifique, ce documentaire met en lumière à quel point le sucre peut être mauvais pour notre santé aussi bien physique que mentale, de façon assez pédagogique, mais surtout percutante.

C’est hyper intéressant, et aussi (il faut bien l’avouer) effrayant de constater à quel point le sucre peut avoir une si grande incidence sur notre santé – personnellement, je ne ressens pas le besoin de manger beaucoup de sucre, je suis plutôt un bec salé, mais ce documentaire m’a encore plus conforté dans mes habitudes alimentaires.

À voir absolument, parce qu’en plus d’être intéressant et instructif, c’est un documentaire vraiment bien fait, joyeux et presque divertissant!

Moi, Tonya (I, Tonya en VO), un film de Craig Gillespie

D’après l’histoire vraie de Tonya Harding, jeune patineuse artistique américaine qui fit grand bruit lorsqu’elle et son entourage ont été accusés d’avoir orchestrée l’attaque sur sa rivale Nancy Kerrigan, Moi, Tonya retrace les moments clefs de la vie et de la carrière de cette jeune patineuse qui dénote et dérange dans un milieu qui n’est pas tout à fait le sien…

Curieux mélange de tragi-comédie, à l’ironie acérée et au rythme soutenu, Moi, Tonya est un biopic, mais pas tout à fait – c’est un conte de fées dont la princesse, issue d’un milieu défavorisé, égérie de la culture white trash américaine, en sort brisée et désenchantée.

C’est à la fois brutal et dramatique (les scènes entre Tonya et sa mère, une formidable et méconnaissable Allison Janney, sont excellentes, dans une surenchère de vulgarité et de violence) mais aussi drôle et léger, aux dépens des personnages qui ne sont pas toujours montrés sous leur meilleur jour…

La mise en scène hachée mais parfaitement maîtrisée, qui intègre des points de vue face caméra des personnages qui témoignent de leur histoire (ce qui ajoute une dimension immersive très intéressante) est percutante et efficace. L’ensemble est merveilleusement bien accompagné par une bande-son d’époque qui souligne le dynamisme du film.

Enfin, Margot Robbie est incroyable, dans un rôle qui ne me semble pas si évident – elle compose entre naïveté, émotion et force et donne beaucoup de présence et de caractère au personnage ambivalent de Tonya. Quant aux scènes de patinage artistique, là où ça aurait pu être difficilement filmé (ou d’un certain ennui), au contraire, c’est extrêmement bien exécuté et beau.

Vous l’aurez compris, je l’espère, j’ai adoré Moi, Tonya, que je suis allée voir davantage par curiosité que par passion (et je suis un peu jeune pour avoir suivi cette affaire au début des années 90′) et dont je suis ressortie pleine d’enthousiasme. C’était probablement l’un de mes films préférés du mois dernier, c’est dire!

Et vous, avez-vous vu Moi, Tonya? Qu’en avez-vous pensé?

The Shape of Water (La Forme de l’Eau en VF), un film de Guillermo del Toro

Attendu avec impatience, The Shape of Water aura été un des plus jolis films que j’ai vu ces derniers temps.

Sorte de conte de fées d’un autre genre, avec l’Amérique de la Guerre Froide en toile de fond, on y rencontre Elisa, une jeune femme muette qui travaille comme femme de ménage dans un laboratoire gouvernemental ultra-secret qui, à son tour, rencontre une créature aquatique (et son geôlier) dont elle tombe sous le charme…

L’imagination et l’univers de Guillermo del Toro me plaisent généralement beaucoup (Le Labyrinthe de Pan est aussi effrayant que fascinant pour moi et j’avais adoré Crimson Peak pour son atmosphère gothique) et ce film ne fait pas exception – tout y est beau, des décors, tantôt chaleureux, tantôt plus froids, jusqu’aux costumes, en passant par l’atmosphère rétro et jazzy des années 60′, jusqu’à, évidemment, cette intrigue de conte de fées moderne.

On peut reprocher à The Shape of Water d’être un peu prévisible, un peu simpliste dans son intrigue, mais si effectivement l’histoire ne réserve pas de grands rebondissements, ça ne m’a pas empêchée d’être juste assez émerveillée et emportée par cette dernière… tout simplement parce que c’est beau, c’est léger (mais pas seulement) et que c’est une belle parenthèse de cinéma.

J’ai beaucoup aimé l’humanité du regard de la créature aquatique, l’espièglerie du personnage d’Elisa (et j’aime beaucoup Sally Hawkins), la douceur du duo qu’elle forme avec son ami et voisin Giles (Richard Jenkins) et Michael Shannon en antagoniste efficace (quoi qu’un peu caricatural, mais que voulez-vous, c’est un conte!).

Pour un moment de rêverie et de magie, The Shape of Water aura été parfait et j’en garderai un très bon souvenir, bien que le film n’entrera peut-être pas au panthéon de mes films favoris de tous les temps. Oh et la bande originale, composée par Alexandre Desplat, est vraiment très jolie aussi!

Est-ce que vous l’avez vu vous?

**********

En y regardant de plus près, le mois de février aura été marqué par des films qui invitent à la nostalgie, à la rêverie et la majorité d’entre eux ont un petit quelque chose d’un conte de fées… C’est, après tout, exactement le genre de films qui me plaisent – de ceux qui invoquent le merveilleux, qui emmènent dans un autre temps et ont un petit je-ne-sais-quoi de fantastique.

J’espère que cette nouvelle revue cinématographique vous a plu et peut-être inspiré à aller voir l’un de ces films au cinéma…?

De mon côté, j’ai déjà bien entamé le mois de mars au ciné, avec trois séances toutes très différentes mais toutes trois plutôt chouettes… Je vous en reparlerai le mois prochain!

Et vous, de beaux films à me conseiller d’aller voir au cinéma?

Très belle journée à tous!


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Monthly Movie Digest #1

Septième Art 20 février 2018 Laisser un commentaire

Qui dit résolutions de cinéma, dit… nouveau format d’article? Ce premier « Monthly Movie Digest » sera peut-être ma nouvelle façon favorite de vous parler de cinéma (pour peu que j’arrive à être régulière) ou peut-être une fausse bonne idée, qui ne survivra pas l’année – seul l’avenir nous le dira!

C’est parce que j’ai décidé d’aller au cinéma bien plus souvent désormais (après tout, il faut bien mettre à profit ma carte de ciné!) et que jusqu’ici j’y suis en effet allée au moins une fois par semaine, que l’idée d’un article regroupant mon avis sur les différents films vus le mois précédent a doucement germé dans mon esprit…

D’autant que pour certains d’entre eux, il ne me semblait pas pertinent d’y consacrer un article, et pourtant j’ai quand même envie de vous en parler un tout petit peu. Je ne pense pas que ça m’empêchera d’écrire des articles plus longs à propos d’un seul film, mais ça, on verra bien.

Trêve de bavardages, place au cinéma!

(En cliquant sur les titres des films, vous accédez aux fiches de ces derniers sur Allociné, si vous souhaitez en savoir plus!)

Wonder, un film de S. Chbosky (adapté d’un livre éponyme de R.J. Palacio)

Inutile de vous écrire très longuement sur ce film dont je vous ai déjà parlé en début de mois de janvier, mais j’en garde encore un très bon souvenir – c’est un film tendre, enjoué et touchant, et probablement l’un de mes favoris du mois dernier.

Peut-être que vous avez pu voir à votre tour ce film lumineux et doux?

Star Wars – The Last Jedi, un film de Rian Johnson

Je suis allée voir ce second volet de la nouvelle trilogie Star Wars avec un enthousiasme enfantin et une certaine légèreté (j’aime beaucoup Star Wars, même si pour les « vrais » fans je suis sûrement hérétique, car je n’ai jamais vu la trilogie originale en entier…)(ne me jetez pas de cailloux, petite on m’a mise devant Sissi, Cendrillon et Les Aristochats!).

Par conséquent, j’ai passé un très bon moment entre scènes spectaculaires et moments d’émotion, sans jamais m’ennuyer, ravie de retrouver les personnages que j’ai tant aimé dans le premier volet (Poe, Rey et Kylo Ren bien sûr) et ravie de voir leurs relations évoluer (enfin du coup, surtout celle de Rey et Kylo Ren).

Comme dans tous les épisodes de Star Wars, il y a de l’humour et une certaine légèreté qui tranche avec le côté sombre d’une intrigue qui devient de plus en plus intense.

Si j’en crois les avis très divergents sur cet épisode (très vivement critiqué par les amateurs les plus fidèles de la franchise) il serait très inégal dans sa qualité – pourtant, mis à part quelques détails qui m’ont semblé un peu tomber comme un cheveu sur la soupe, je le redis, j’ai passé un très bon moment intergalactique! (Laissez-moi, je suis une enfant.)

Downsizing, un film de A. Payne

En voilà un drôle de film! Je suis allée le voir complètement par hasard, ce film qui envisage de « rapetisser » les humains pour pallier au désastre écologique qui se profile, et qui suit plus particulièrement la vie de Paul (Matt Damon) et ses aventures dans le monde des « petits »… et impossible, encore maintenant, de trancher: ai-je aimé ce film? 

Film d’anticipation à l’humour décalé, satire sociale, fable SF… difficile de mettre une étiquette sur un film qui multiplie les genres, inspire à la fois le rire et la perplexité tout en véhiculant un message intéressant et résolument d’actualité. L’ennui c’est qu’en mélangeant autant de choses, on s’y perd un peu, et l‘intrigue semble parfois un peu confuse.

Mention spéciale à Christoph Waltz et son personnage complètement farfelu et à Hong Chau, qui a probablement l’un des rôles les plus intéressants du film. (Par contre, j’ai été peu convaincue par Matt Damon sur ce coup-là…)

Peut-être trop ambitieux, finalement, Downsizing est une drôle de fable écologiste qui prête à sourire, mais dont on ne gardera (pour ma part du moins) pas un souvenir impérissable.

Le Grand Jeu (Molly’s Game en VO), un film d’Aaron Sorkin

Basé sur la véritable histoire de Molly Bloom, femme fatale des cercles de poker clandestins à Hollywood au début des années 2000, le film nous raconte le parcours (et le succès) de cette femme brillante qui évolue dans un milieu d’hommes… jusqu’à sa chute, aussi spectaculaire que son ascension.

Jessica Chastain est formidable dans ce film qu’elle illumine de sa présence, qu’elle soit à l’écran ou en voix off, faisant ainsi office de narratrice. La narration du film est d’ailleurs très dynamique, très riche, très (trop?) présente et nous entraîne au cœur des cercles de poker, entre manigances, techniques de jeu et autres personnages décortiqués à l’extrême.

C’est précis, très bien rythmé, presque chirurgical… mais si ça paraît flamboyant de prime abord, il y a comme une impression d’essoufflement au fur et à mesure de l’intrigue, qui « fatigue » un peu le spectateur qui ne sait peut-être plus très bien où donner de la tête. (Mais peut-être que j’exagère un peu.)

Cela dit, les prestations des acteurs, Jessica Chastain en tête (suivie de près par Idris Elba) ainsi que cette intrigue centrée sur la personnalité d’une femme forte (dont, soit-dit en passant, le corps n’est jamais objectifié!) m’ont suffi pour me faire passer un bon moment de cinéma.

Le Grand Jeu aura donc été pour moi un film captivant, bien qu’un peu dense, très bien rythmé, un peu intellectuel sur les bords, mais efficace et intéressant… quoique pas inoubliable!

La La Land, un film de Damien Chazelle

Est-il encore bien utile de vous présenter ce film, déjà vu et adoré l’an dernier à plusieurs reprises (je vous en parlais là, avec passion)?

Toujours est-il que je suis de nouveau allé le voir au cinéma, et cette séance avait une saveur toute particulière vu que c’était avec celui qui est aujourd’hui mon amoureux (et que ce film est un des détails qui nous a rapprochés). J’ai peut-être un peu moins pleuré à chaudes larmes (la pudeur d’une relation naissante, vous savez…) mais toujours autant aimé de tout mon cœur.

Et si vous ne l’avez toujours pas vu, qu’attendez-vous?! 

Three Billboards Outside Ebbing, Missouri, un film de M. McDonagh

Aussi inattendu que brillant, ce film, qui part de la fureur vengeresse d’une femme qui cherche à trouver le meurtrier de sa fille par tous les moyens, est une formidable fresque explosive dans l’Amérique profonde.

Si la bande-annonce fait croire (à tort) à un film au rythme enlevé, Three Billboards… est beaucoup plus surprenant et complexe qu’il n’en a l’air, aussi bien dans sa forme que dans son fond. On y découvre une galerie de personnages parfois torturés, excessifs et surtout excessivement profonds (sans en avoir l’air) qui ne sont jamais représentés avec manichéisme et qu’on aime avant de détester (et vice-versa).

Ce n’est jamais mièvre, mais parfois émouvant, grave et plein d’humour à la fois, et d’une violence brute qui pourtant ne tombe jamais dans la facilité. Les prestations des acteurs sont incroyables (mention toute particulière à Frances McDormand bien sûr, mais aussi à Sam Rockwell, le plus impressionnant de tous) et le scénario, les dialogues, sont d’une grande finesse.

En somme, ce film inclassable est d’une audace et d’une brillance assez rare. Et ça m’a sacrément donné envie de revoir Bons Baisers de Bruges, un des premiers films du réalisateur, et qui m’avait laissé un très bon souvenir à l’époque.

S’il ne fallait voir qu’un film de tous ceux dont je vous parle aujourd’hui, je crois que ce serait celui-ci!

Pentagon Papers (The Post en VO), un film de S. Spielberg

Retraçant la mise en lumière de scandales d’état grâce à la presse, dont la liberté est remise en cause à ce moment précis de l’histoire, le film promettait beaucoup de choses, mais s’est révélé être d’un ennui profond (du moins pour ma part).

Je lui reproche notamment une bien piètre pédagogie (si vous ne connaissez pas ce pan de l’histoire américaine, tant pis pour vous!) et un rythme bien trop inégal – c’est long, voire très long, et à la fin, eh bien je suis justement restée sur ma faim car tout s’est enchainé et terminé en quelques instants! Pourtant, visuellement, bien qu’un peu classique, c’est beau et l’immersion dans les années 70′ est efficace.

Et puis, comment ne pas saluer la présence de tous ces acteurs au talent indéniable? Cela dit, ici, je n’ai pas trouvé leurs prestations incroyables… Tout est un peu trop convenu, trop lisse et bien peu captivant. Moi qui m’attendais à une Meryl Streep dans un rôle fort et indépendant…(Elle n’est rien de tout cela et passe le film dans l’ombre des hommes qui l’entourent.)

Que c’est bavard, que c’est long et sans éclat… Non, vraiment, Pentagon Papers est bien loin de m’avoir passionnée et c’est bien dommage. (Pour que je m’endorme presque au cinéma, il faut vraiment le faire!)

**********

J’espère que ce nouveau format d’articles pour vous parler de cinéma vous plaît et qu’il vous aura permis de glaner quelques idées de films à regarder! N’hésitez pas non plus à partager avec moi vos ressentis, me dire pourquoi certains films vous ont peut-être davantage touché que moi, mais aussi à me dire si ce « nouveau » format vous plaît (ou non).

C’est en tout cas un exercice de synthèse pour moi (et ce n’est pas plus mal, vous connaissez mon amour de la digression et des grandes phrases) et toujours un bonheur de partager avec vous ce que j’ai aimé (ou non) sur grand écran!

Et vous, qu’avez-vous vu de chouette au cinéma dernièrement? (De notre côté, on a hâte d’aller voir Shape of Water!)

Passez une belle journée et à très vite…


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

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Mes Dernières Lectures #14

Dans ma bibliothèque 5 février 2018 Laisser un commentaire

Les livres font plus que jamais partie intégrante de ma vie quotidienne, je lis presque tous les jours un petit peu et la liste de tous les livres que j’ai envie de lire un jour ne cesse de grandir (et c’est aussi chouette que dramatique, je n’aurai évidemment jamais le temps de tout lire).

C’est aussi avec une grande joie que je rejoins Victoria dans la gestion de son club de lecture, celui-là même qui m’a tant redonné goût à la lecture il y a un peu plus de deux ans et je suis d’ores et déjà ravie de pouvoir apporter un petit quelque chose aux sélections chaque mois – n’hésitez d’ailleurs pas à rejoindre le club si vous n’y êtes pas déjà!

Il était donc grand temps que je vous parle de livres, de mes dernières lectures, avec toujours un certain temps de décalage (ma vie est joliment remplie de lectures, mais aussi de virées au cinéma et de cocktails en douce compagnie – je me sens drôlement chanceuse) mais qu’importe – mieux vaut tard que jamais!

Au menu aujourd’hui, un livre adolescent à la magie que je cherche encore, un grand classique britannique (pourtant fort méconnu), le second livre d’une saga napolitaine passionnante et un policier historique que j’ai trouvé fascinant. On y va? 

Among Others – Jo Walton (Morwenna en VF)

« It doesn’t matter. I have books, new books, and I can bear anything as long as there are books. »

Proposé dans le cadre de la sélection de l’été du club de lecture de Victoria, Among Others avait tout pour me plaire… et pourtant, ce court roman m’a quelque peu dérouté et s’est révélé être totalement différent de ce que j’attendais.

Voici la description du livre d’après l’éditeur: « Morwenna Phelps, qui préfère qu’on l’appelle Mori, est placée par son père dans l’école privée d’Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l’a laissée handicapée et l’a privée à jamais de sa soeur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.

Un jour, elle reçoit une photo où sa silhouette a été brûlée… Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est sa propre mère ? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre. »

Ça paraît prometteur, vous ne trouvez pas? Malheureusement, le charme de l’intrigue (pour peu qu’il existe) n’a pas opéré sur moi, et j’ai trouvé que le livre était dénué de toute magie en réalité

Pour tout vous dire, il m’a été très difficile d’éprouver une quelconque empathie pour le personnage principal qu’est Morwenna, tant je l’ai trouvée étrange, arrogante et même étroite d’esprit. Par moments, son amour des livres et ses galères adolescentes m’ont aidé à m’identifier à elle quelque peu, mais c’était très fugace et dans l’ensemble, le personnage m’a beaucoup agacé.

Et c’est en grande partie à cause de mon aversion pour ce personnage que je n’ai pas cru une seule seconde à la magie présupposée du livre – ça m’a davantage semblé être une sorte de fantaisie tout droit sortie de la tête de Morwenna, qui s’invente un monde pour échapper aux réalités difficiles à accepter de sa propre vie.

Pourtant, les personnages « différents » et même étranges sont habituellement des personnages intéressants (et donc qui me plaisent généralement beaucoup) mais là, rien à faire, elle ne m’a pas semblé suffisamment crédible…

D’autant plus qu’il ne se passe pas grand chose dans ce livre (écrit sous forme d’entrées de journal intime) et j’ai trouvé que la narratrice s’attardait bien trop longuement sur des détails sans intérêt de sa vie quotidienne… Finalement, le seul intérêt d’Among Others est peut-être de citer une multitude de titres de livres de SF qui m’ont donné des idées de lecture. (Bien que ça m’ait souvent donné l’impression d’être un peu perdue, moi qui n’ai lu que le Seigneur des Anneaux parmi tous les titres cités…)

Vous l’aurez compris, je n’ai pas été transportée à la lecture de ce livre qui m’a semblé à la fois très ennuyeux et déroutant… à mille lieues de ce que je pensais qu’il serait!

Mais peut-être que vous l’avez lu et qu’il vous a davantage plu qu’à moi? Dites-moi tout, ça m’intéresse!

The Tenant of Wildfell Hall – Anne Brontë (La Dame du Manoir de Wildfell en VF)

« I would rather have your friendship than the love of any other woman in the world. »

Ce classique un peu méconnu de la littérature britannique a lui aussi été proposé dans le cadre des lectures de l’été dernier dans notre club de lecture et contrairement au livre précédent, j’ai beaucoup aimé cette lecture qui m’a semblé très moderne pour l’époque de sa publication.

The Tenant of Wildfell Hall commence avec l’arrivée de la mystérieuse Helen Graham et de son fils à Wildfell Hall, ce qui crée son lot de spéculations, d’autant que le caractère réservé de cette dernière ne lui attire pas que de la sympathie

La structure du roman est construite de telle sorte à ce que chacun des personnages puisse exprimer ses sentiments à la première personne – le roman commence avec la narration de Gilbert (sous forme épistolaire), qui raconte l’arrivée d’Helen, les sentiments qu’il développe à son égard, son désespoir amoureux, etc. Arrive ensuite l’histoire d’Helen, relatée à travers les pages du journal intime qu’elle a confié à Gilbert.

Ce type de structure est assez immersif et permet d’en apprendre beaucoup sur les personnages et leurs sentiments, leurs ressentis… d’autant que la plume d’Anne Brontë n’a rien à envier à ses deux sœurs!

La force de ce récit réside principalement dans l’incroyable modernité du personnage d’Helen, une héroïne qui dénote par son sens du devoir, son courage, sa détermination, sa dignité et sa force de caractère – c’est un peu anachronique de dire ça, mais elle incarne un féminisme totalement novateur pour l’époque! (Le livre a initialement été publié en 1848.)

À la fin du récit, je dois bien dire que je suis restée un peu sur ma faim, tant j’ai trouvé que le roman se terminait rapidement, mais après tout, c’est bien un moindre mal.

En revanche, j’ai parfois trouvé la narration un peu dense, un peu trop riche en détails qui ralentissaient le rythme du récit.

Quant au style d’Anne Brontë, je l’ai trouvé un peu moins lyrique et passionné que celui de Charlotte Brontë (dont j’ai adoré Jane Eyre, résolument un de mes romans favoris) et l’atmosphère générale du roman m’a semblé plus « terre-à-terre » que d’autres romans du genre, aux accents parfois plus gothiques ou plus légers. (Mais c’est un ressenti très personnel je pense.)

Malgré ces (tout) petits bémols, j’ai été ravie de découvrir ce classique méconnu, qui ose parler de violence conjugale et d’émancipation féminine avec une telle force et une telle intelligence.

À découvrir, pour tout amateur de grands classiques du 19e siècle!

Qu’en avez-vous pensé, si toutefois vous l’avez lu vous aussi? Connaissez-vous Anne Brontë?

Le Nouveau Nom – Elena Ferrante

« Depuis l’enfance, nous avions vu nos pères frapper nos mères. Nous avions grandi en pensant qu’un étranger ne devait même pas nous effleurer alors qu’un parent, un fiancé ou un mari pouvaient nous donner des claques quand ils le voulaient, par amour, pour nous éduquer ou nous rééduquer. »

Chaque été, depuis deux ans, les mots d’Elena Ferrante accompagnent une partie de mes vacances – après tout, il me semble tout à fait indiqué de se plonger dans une atmosphère italienne, brûlante et passionnelle en plein cœur d’un mois d’août… non?

Étant donné qu’il s’agit ici de la suite de L’Amie Prodigieuse, je vous fais grâce du résumé pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, si toutefois vous n’aviez pas encore lu le premier tome de cette saga napolitaine. Sachez simplement qu’on suit toujours Lila et Lenu dans leurs vies de jeunes femmes, aux parcours diamétralement opposés et à l’amitié fluctuante…

J’ai absolument adoré me plonger dans cette suite, envoûtée par cette histoire de plus en plus dure et violente – on s’attache tantôt à Lenu, tantôt à Lila (même si cette dernière provoque toujours autant de sentiments ambivalents) et on se questionne sur leurs choix, tout en s’identifiant parfois à elles. (Et si tout avait été différent?)

Il y a une mélancolie dans ce récit qui me touche particulièrement, et je me suis souvent sentie proche des questions soulevées dans le roman, que ce soit à propos de l’amitié, de l’amour, de la réussite…

La quête identitaire des personnages a quelque chose d’universel, après tout, et c’est probablement l’un des points forts du récit. La plume délicate d’Elena Ferrante y contribue certainement: elle est d’une grande simplicité, dénuée d’emphase et laisse parler le récit avec finesse.

Et c’est toujours avec une grande intelligence (et une plume acérée) qu’Elena Ferrante analyse la condition féminine dans une société machiste, mais aussi la solitude et la réussite sociale et ce qu’elle implique, pour qui (comme Lenu et Lila) a grandi dans un quartier populaire.

La richesse des thèmes développés dans Le Nouveau Nom, couplée aux rebondissements des vies des deux héroïnes font de ce livre quelque chose de fascinant et d’irrésistible – d’autant que la toute fin du roman ne donne qu’une envie, celle de se plonger dans le livre suivant! (Elena Ferrante a le don du cliffhanger, c’est certain.)

Le troisième livre de la saga, Celle qui Fuit et Celle qui Reste, vient de paraître en poche, et nul doute que je me l’offrirai quand l’été viendra, pour enfin me replonger dans les destins tortueux de Lila et Lenu…

Et vous, avez-vous lu la saga napolitaine d’Elena Ferrante?

L’Enigme des Blancs-Manteaux – Jean-François Parot

« Les livres paraissaient toujours monter une garde silencieuse autour de lui. Enfant, il avait passé bien des heures en leur compagnie, dans le grenier de la maison de Guérande, et plus tard dans la bibliothèque du marquis, à Ranreuil. Rien ne pouvait advenir de mauvais, lorsqu’on était protégé par des alignements de reliures fraternelles. Il suffisait d’ouvrir un volume pour que s’élève une petite musique toujours émouvante et jamais semblable. »

Que je suis heureuse d’enfin vous parler de ce roman, le premier d’une longue série policière, tant je l’ai adoré et conseillé autour de moi! C’est une amie et collègue, grande lectrice également, qui me l’avait conseillé, et je ne peux que la remercier chaleureusement car je crois bien que les intrigues de Nicolas Le Floch vont faire partie de mes récits favoris pendant longtemps.

Parce que la description de l’éditeur est assez complète, je vous la partage:

« Paris, janvier 1761. Nicolas Le Floch, un jeune homme natif de Guérande, débarque dans la capitale, écarté de sa Bretagne par son tuteur. Après un passage au couvent des Carmes, le jeune Le Floch va apprendre le métier de policier sous la houlette de M. de Sartine, le lieutenant général de police de Louis XV, chargé des affaires spéciales. Le Floch va devoir faire très vite ses preuves et apprendre le prix du silence et du secret. Sa première enquête criminelle va le plonger dans le monde interlope de la corruption, du jeu, des intrigues crapuleuses et d’une conspiration contre la vie du roi. »

Après tout, ce livre ne pouvait que me plaire, vu qu’il allie brillamment histoire et intrigue policière (deux de mes genres favoris en littérature) dans un langage riche et érudit, mais néanmoins pas dénué de légèreté.

Moi qui adore Paris, j’ai aussi follement aimé superposer dans mon esprit le vieux Paris du 18e siècle, décrit avec force de détails, avec ma propre connaissance de la ville et des rues des vieux quartiers chers à mon cœur.

La richesse des détails historiques est incroyable et c’est tout à fait fascinant – certaines scènes et autres récits sordides concernant la question (autrement dit la torture infligée aux détenus à l’époque) ou certaines exécutions notoires m’ont beaucoup marquée, d’autant qu’il s’agit souvent de faits réels (je pense notamment au récit de l’exécution de Damiens, coupable d’attentat sur la personne de Louis XV, et c’est à glacer le sang).

La qualité des recherches historiques de Jean-François Parot et l’abondance de tous ces détails, souvent passionnants, pittoresques ou même amusants, peuvent en revanche parfois sembler ralentir le récit pour qui ne serait pas aussi fasciné que moi (par exemple) par le 18e siècle… D’autant que le niveau de langue est assez soutenu et recherché et requiert une certaine concentration!

Pour en revenir à l’intrigue de L’Enigme des Blanc-Manteaux, je dois dire que j’ai été assez rapidement happée par cette dernière, bien que le monde de la corruption et des jeux ne m’attire guère au premier abord – le narrateur nous mène par le bout du nez et le dénouement est assez bien ficelé je dois dire (j’avais deviné certaines choses, mais pas tout!).

Ce premier roman qui conte les aventures de Nicolas Le Floch (il y a pour l’instant 14 livres qui suivent ses différentes enquêtes, avec toujours l’histoire réelle en toile de fond) est aussi celui qui permet de mettre en place les choses et de découvrir les divers personnages qui feront partie de l’entourage de Nicolas au fil des romans successifs.

Ces derniers sont très bien travaillés et ils sont tous plus ou moins attachants – Nicolas, en particulier, est ici assez touchant par sa naïveté de jeune homme fraîchement arrivé à Paris et son évolution est déjà assez notable dans ce premier livre. La bonhomie de l’inspecteur Bourdieu, qui fait équipe avec Nicolas, est sympathique, tout comme l’intelligence (et la sensibilité déconcertante) de Samson, le bourreau, est remarquable.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup, beaucoup aimé cette première incursion dans les enquêtes de Nicolas le Floch, et je me réjouis d’avance de pouvoir découvrir dans les prochaines années tous les livres qui rassemblent ses enquêtes (à l’heure où je vous écris je n’ai lu que les deux premiers)(je déguste et c’est formidable).

À savoir qu’il existe aussi une série française qui met en scène ces enquêtes, mais je ne m’y suis pas encore penchée à vrai dire…

Et vous, connaissez-vous déjà les enquêtes de Nicolas Le Floch?

Je reste toujours très en retard pour vous parler de mes lectures en temps et en heure (mais que voulez-vous, j’ai une vie très remplie par ailleurs) mais étant donné que j’ai passé mon automne à lire presque exclusivement Harry Potter, peut-être que je pourrai doucement rattraper mon retard…? (Stay tuned!)

De mon côté je viens de terminer un autre roman policier très prenant (The Axeman’s Jazz, l’un des premiers livres terminés sur ma Kindle, cadeau inspiré de mes parents pour Noël) et je vais sans doute me plonger bientôt dans The Awakening, de Kate Chopin, le livre du club de lecture pour le mois de février – c’était une de mes suggestions pour la sélection de ce mois, et je suis ravie qu’il ait été choisi! (Je l’ai déjà lu à la fac, quand j’étais à Nottingham, mais je vais le relire avec plaisir, maintenant que j’ai un peu « grandi ».)

Et vous, que lisez-vous ces temps-ci? Cet article vous a-t-il donné des idées?

Je vous souhaite une bien belle semaine et vous dis à très vite!


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Wonder, un film bienveillant et joyeux

Septième Art 7 janvier 2018 Laisser un commentaire

Avant tout, je vous souhaite une très belle année 2018, qu’elle soit riche en belles découvertes et douce… Je n’avais pas tout à fait prévu de rester silencieuse par ici aussi « longtemps », sans même vous souhaiter de belles fêtes (j’espère qu’elles l’ont été!), mais comme tous les ans depuis quelque temps, le mois de décembre est sacrément éreintant, et lors de ma semaine de vacances de Noël, j’ai vraiment cherché à déconnecter de mon quotidien.

Mais je reviens doucement, maintenant que la vie a repris son cours normal, et avant de vous reparler un peu de l’année passée (et de l’année à venir)(quand j’aurai trouvé l’envie de l’introspection) il fallait absolument que je vous conseille Wonder, le premier film que je suis allée voir en cette nouvelle année, ce qui aura été l’une des meilleures décisions de la semaine!

Wonder, adaptation du livre éponyme de R.J. Palacio, raconte l’histoire de Auggie, un petit garçon né avec une malformation du visage qui l’a tenu éloigné de l’école… jusqu’à ce qu’il entre en CM2 dans une véritable école et se confronte pour la première fois au monde extérieur et au regard des autres. 

Avant d’aller voir Wonder, je n’avais pas vraiment vu sa bande-annonce, j’avais simplement lu son synopsis et avais été séduite par le casting (j’aime beaucoup Owen Wilson). Et si je me doutais que ce serait un film qui me donnerait le sourire, je n’avais pas anticipé à quel point il me toucherait.

Si l’intrigue peut faire craindre un traitement un peu trop simpliste d’une histoire où un enfant différent est confronté à un monde extérieur « normal », rempli de « méchants », sachez qu’il n’en est rien et c’est avec une simplicité et une authenticité prodigieuse qu’on suit l’incursion d’Auggie dans ce monde inconnu.

Superbement écrit, le film ne tombe jamais dans la caricature ou dans le pathos inutile, et l’histoire de ce petit garçon est racontée avec une légèreté et une sincérité rare.

On ne peut s’empêcher de sourire devant les dialogues où l’humour et l’esprit font mouche, de s’attendrir devant des personnages superbement interprétés et de verser quelques larmes (de joie) face à ce récit.

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’histoire était racontée, et qui, me semble-t-il, a suivi la construction du livre dont le film a été tiré. En effet, cette année dans la vie de Auggie et de sa famille est en quelque sorte découpée en différentes narrations, qui laissent entrevoir les sentiments et impressions de divers personnages: Auggie bien sûr, mais aussi sa grande sœur Olivia, son ami Jack, etc.

C’est une façon habile de raconter (et de comprendre) les choses sous différents angles, de donner une grande profondeur au récit et d’explorer la psychologie des personnages. Cette mise en scène chorale est en outre superbement orchestrée, chaque « épisode » se fondant au suivant avec fluidité, sans jamais interrompre le récit.

Évidemment, Wonder n’aurait pas été aussi formidable sans les acteurs qui donnent vie aux personnages! Julia Roberts et Owen Wilson forment un couple de parents presque trop beaux pour être vrais, mais bluffants de naturel et leurs interprétations m’ont beaucoup émue.

Mais pour moi, les trois acteurs qui m’ont le plus touchés auront été Jacob Tremblay, qui joue Auggie avec un talent et une émotion incomparables, Izabela Vidovic, qui interprète la sœur d’Auggie, Via, avec une justesse inouïe et Noah Jupe, qui joue Jack, un ami d’Auggie, avec une certaine candeur et simplicité là aussi touchante. (J’avais déjà eu un petit faible pour la candeur de ce jeune acteur dans Suburbicon, que j’ai vu le mois dernier.)

Enfin, on pourrait aussi évoquer la photographie du film, très réussie et chaleureuse, ou encore le rythme de la mise en scène, qui ne laisse place à aucune longueur, sans pour autant nous essouffler par un enchaînement de scènes qui serait trop rapide, ou les petites touches de fantaisie dont la légèreté font sourire… mais je crois que j’en ai déjà beaucoup dit!

La bienveillance et la joie qui émanent de ce film, qui raconte pourtant un quotidien qui n’est pas toujours drôle, sont indiscutables et je vous le conseille chaleureusement – j’ai pleuré devant Wonder, de la même façon heureuse que j’ai pleuré devant Coco il y a quelques semaines.

Faites-vous une faveur, et commencez l’année avec ce film, vous ne le regretterez pas!

Avez-vous déjà vu Wonder? Et avez-vous peut-être lu le livre dont le film est tiré?

Cette année, je vais tâcher d’aller un peu plus souvent au cinéma (pour peu qu’il y ait de bons films à aller voir, évidemment!) et j’ai déjà hâte de découvrir plein de nouveaux films.

Je vous souhaite en tout cas un beau dimanche et vous dis à très vite!

PS: En décembre j’ai aussi vu:

  • Coco, une merveille de couleurs, de joie et d’émotion à ne pas manquer,
  • Bienvenue à Suburbicon, un film à la fois étrange et brillant, qui dénonce les travers de notre société via les drames qui frappent un quartier manucuré des années 50′ aux Etats-Unis,
  • Santa & Cie, un doux conte de Noël, loufoque et tendre, de et avec Alain Chabat,
  • Le Sens de la Fête, pas très original, mais tendre et réjouissant tout de même!

(Je n’avais pas eu le temps de vous en parler, mais voilà chose faite, de façon très synthétique.)


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