Culture-list #3

Culture 21 août 2020 Laisser un commentaire

Avant de partir en vacances, j’avais envie de partager avec vous mes coups de cœur culturels de l’été (avant d’avoir, peut-être, une flopée de livres lus pendant mes vacances à chroniquer ici…) et peut-être vous donner envie d’en découvrir quelques uns à votre tour !

D’autant plus que ça y est : je peux enfin vous reparler de films vus au cinéma ! Bon, il n’y a pas énormément de films intéressants à l’affiche je trouve, mais malgré tout ça on a quand même réussi à aller voir de chouettes films, tous très différents.

Je vous parlerai aussi de deux séries et côté lecture… juste d’une BD – je ne sais pas exactement pourquoi, mais je lis un peu moins de choses dernièrement, et mis à part cette BD et le sixième tome du Sorceleur (qui était si bien !) aucune autre lecture ne m’a réellement passionnée. Tant pis, ça arrive !

Vous êtes prêts ?

Séries

Ces dernières semaines on a enchaîné deux saisons de Ru Paul’s Drag Race (la 7 et la 8) et regardé la dernière saison de Queer Eye et il n’y a pas mieux que ces deux émissions pour me mettre en joie.

Mais j’ai vu par ailleurs deux séries que j’ai trouvées très chouettes…

L’Amie Prodigieuse

Quand la plus vieille amie d’Elena Greco semble avoir disparu sans laisser de trace, cette femme férue de littérature décide d’écrire l’histoire de leur amitié. Sa rencontre avec Raffaella Cerullo, qu’elle a toujours surnommée Lila, remonte à leur première année d’école primaire en 1950. Une amitié de plus de 60 ans, avec pour toile de fond la dangereuse et fascinante ville de Naples, que le destin et les décennies tenteront de mettre à mal, alors que les deux amies finiront par prendre des chemins différents dans la vie.

Adaptation de la saga de l’Amie Prodigieuse d’Elena Ferrante (que j’ai beaucoup aimé et dont je vous ai parlé à plusieurs reprises) la série compte pour l’instant deux saisons, qui correspondent aux deux premiers tomes.

C’est simple : j’ai adoré cette adaptation.

Tout d’abord, parce qu’elle est d’une fidélité folle aux livres (sérieusement, je n’ai jamais vu, je crois, d’adaptation aussi fidèle) et que ça me donne l’impression que les personnages des livres ont réellement pris vie. Quelque part, ça me permet même de mieux comprendre les livres et ça donne encore plus de profondeur à l’histoire.

Ensuite, la série est visuellement très réussie – la photographie est travaillée et la grisaille du quartier tranche merveilleusement avec les étés lumineux que les héroïnes passent à Ischia. Certains plans sont superbes et l’ensemble est un régal pour les yeux.

J’ai également été très impressionnée par la plupart des actrices et acteurs qui jouent dans la série. La jeune Gaia Girace (qui joue Lila ado et jeune adulte) m’a beaucoup marquée et a véritablement incarné la Lila que je m’imaginais en lisant les livres.

Je suis plus partagée sur l’interprétation de Margherita Mazzucco (qui incarne Lenu ado et jeune adulte) qui me semble très (trop ?) effacée dans son rôle, presque sans relief parfois. Mais peut-être que le personnage de Lenu est plus effacé en réalité que dans mon imagination ? (c’est bien possible après tout, elle s’épanouit davantage dans les tomes suivants si je me souviens bien)

Comme dans les livres, on confond un peu les divers personnages qui entrent en scène au début de la série, mais avec un peu d’attention on s’y retrouve vite.

J’ai vraiment aimé l’ambiance qui se dégageait de la série – comme dans les livres, une tension permanente, plus ou moins forte, se ressent, on vibre aux côtés des jeunes filles qui s’affirment et s’affranchissent (de leur famille, des hommes du quartier…) et on ressent toute la violence de ce quartier de Naples où la prospérité des uns fait le malheur des autres…

Si vous avez aimé la saga d’Elena Ferrante, je suis à peu près certaine que vous aimerez cette série. En revanche, si vous n’avez jamais lus les livres, ça peut également être une excellente entrée en matière, d’autant plus si vous aimez les histoires authentiques aux accents dramatiques – attention toutefois, la série n’occulte rien des viols et violences que certains personnages subissent dans les livres.

Malgré toute cette noirceur, j’ai beaucoup aimé cette plongée dans l’Italie des années 50-60′ et j’ai aimé retrouver ces personnages qui m’avaient déjà beaucoup plu sur le papier. Et c’est aussi assez rafraîchissant de regarder une série en italien !

Ah, mention spéciale aussi à la musique de Max Richter, qui accompagne parfaitement l’intrigue de l’Amie Prodigieuse.

Est-ce que vous avez vu la série vous ?

À voir sur Canal +

The Luminaries

À la fin du 19e siècle, Anna Wetherell s’est embarquée vers la Nouvelle-Zélande qui connaît à cette époque une véritable ruée vers l’or. Sur le bateau qui l’emmène, elle fait la connaissance d’Emery Staines qu’elle promet de revoir peu après leur arrivée… Mais leurs retrouvailles sont compromises, notamment parce qu’une certaine Lydia Wells les en empêche, ayant une autres destinée pour Anna en tête.

Comme je vous l’ai dit dans mon dernier article, la série est ici aussi une adaptation d’un livre du même nom, écrit par Eleanor Catton, et que j’ai commencé à lire il y a peu.

On y retrouve Eva Green (qui joue Lydia Wells) dans un rôle… assez similaire à ses rôles précédents – elle est ici une intrigante, sorte de diseuse de bonne aventure, versée en astrologie et surtout ambitieuse et quelque peu perfide.

La série est pleine de mystères même si l’intrigue principale – un meurtre, des tromperies diverses pour s’enrichir et la déchéance d’Anna entre drogues et prostitution – est somme toute plus « classique ».

Ce qu’il faut savoir également, c’est que la série se déroule dans deux timelines différentes, et il semble parfois facile de se perdre entre le passé et le présent de l’histoire – même si personnellement je n’ai pas vraiment eu ce sentiment.

L’ambiance de The Luminaries a quelque chose de gothique et de sombre que j’ai bien aimé, même si la série souffrait parfois de quelques longueurs. J’ai aussi trouvé les acteurs très convaincants, en particulier Eve Hewson (qui incarne Anna) qui a donné une performance remarquable.

Comme j’ai vu la série au tout début de l’été, je peine un peu à me souvenir des détails, mais de façon générale j’ai plutôt bien aimé me plonger dans cette atmosphère de ruée vers l’or, dans les paysages de la Nouvelle Zélande et dans une intrigue qui avait un petit quelque chose de magique…

C’est une mini-série de six épisodes, à découvrir si, comme moi, vous aimez les period drama ou que vous avez lu le livre, par exemple !

Disponible sur le BBC iPlayer (si vous vivez dans un pays qui y a accès, ou si vous avez un bon VPN…)

Livres

Comme je vous l’ai dit en introduction, je n’ai pas lu beaucoup de choses qui m’ont marquée récemment.

Il y a eu quelques BDs empruntées à la bibliothèque, Un Hiver à Majorque de George Sand emprunté à ma sœur (que j’ai terminé péniblement : si vous n’avez jamais lu de G. Sand, ne faites pas comme moi, et ne commencez peut-être pas par celui-là), un tome du Sorceleur que j’ai adoré et des magazines…

Les Petites Distances, de Véro Cazot et Camille Benyamina

Max est un homme tellement insignifiant qu’il finit par devenir vraiment invisible. Léonie est une femme peureuse qui vit dans ses rêves. Max s’installe chez Léo et observe sa vie.

Cette BD, encore une fois empruntée par hasard à la bibliothèque (comme 90% des BDs que je lis) a été une jolie surprise, pleine de douceur et de mélancolie

C’est une drôle d’histoire, un peu fantastique avec ce personnage qui s’efface jusqu’à devenir invisible, une histoire de solitude, assez universelle et une histoire d’amour aussi, mais ça je ne vous en dis pas trop !

J’ai beaucoup aimé le dessin de cette BD, il s’en dégage quelque chose de chaleureux et doux et évidemment, Léonie et sa chevelure flamboyante m’a tout de suite plu. (j’ai un faible pour les rousses, que voulez-vous)

C’est une jolie histoire et c’est tout à fait le genre d’ouvrage que je m’offrirai pour de vrai un jour. C’est aussi ça l’avantage de lire des BDs à la bibliothèque : pas de risque d’être déçu d’avoir investi dans un album qui ne nous plaît pas tant que ça en réalité… et ça permet faire une wishlist d’albums à s’acheter un jour !

Je vous conseille donc vivement de découvrir cette BD, il y a de grandes chances qu’elle vous plaise à votre tour…

Films

Depuis la réouverture des cinémas il n’y a, ma foi, pas grand chose à se mettre sous la dent et assez peu de films m’ont vraiment donné envie… cela dit, certains valaient tout de même le coup d’y retourner !

Radioactive

Paris, fin du 19ème siècle. Marie est une scientifique passionnée, qui a du mal à imposer ses idées et découvertes au sein d’une société dominée par les hommes. Avec Pierre Curie, un scientifique tout aussi chevronné, qui deviendra son époux, ils mènent leurs recherches sur la radioactivité et finissent par découvrir deux nouveaux éléments : le radium et le polonium. Cette découverte majeure leur vaut le prix Nobel et une renommée internationale. Mais après un tragique accident, Marie doit continuer ses recherches seule et faire face aux conséquences de ses découvertes sur le monde moderne…

Bien que le visionnage de ce film remonte à plusieurs semaines (c’est le premier film qu’on ait vu au ciné après leur réouverture) j’en garde un bon souvenir.

Il me semble qu’il n’a pas rencontré un très grand succès, que ce soit du point de vue de la critique ou des spectateurs, en plus d’avoir sans aucun doute pâti du confinement (sa date de sortie initiale était le 11 mars…) mais j’ai beaucoup aimé redécouvrir Marie Curie, son travail, mais aussi sa vie intime et son caractère, grâce à la très belle performance de Rosamund Pike.

Il y a quelques séquences de flash forward, qui montrent les conséquences dramatiques de ses découvertes sur le monde moderne – bombes atomiques et centrales nucléaires – et j’ai trouvé ça assez percutant comme idée.

Le film est assez sombre, dans sa photographie mais aussi dans son propos tout compte fait, mais j’ai vraiment aimé qu’il montre la passion et l’intensité dont faisait preuve Marie Curie, véritable féministe avant l’heure.

Tout Simplement Noir

JP, un acteur raté de 40 ans, décide d’organiser la première grosse marche de contestation noire en France, mais ses rencontres, souvent burlesques, avec des personnalités influentes de la communauté et le soutien intéressé qu’il reçoit de Fary, le font osciller entre envie d’être sur le devant de la scène et véritable engagement militant…

Si au premier abord je pensais que ce film n’était qu’une comédie un peu lourde, j’ai bien vite changé d’avis (ne serait-ce qu’en regardant la bande-annonce) et je dois dire que c’est un des films que j’ai préféré voir cet été !

Jean-Pascal Zadi s’est ici entouré d’une foule de personnalités artistiques pour traiter, avec beaucoup d’humour et d’auto-dérision, le sujet de l’identité noire en France – une résonance fortuite avec le mouvement Black Lives Matter qui mobilise encore davantage ces dernières semaines.

C’est un film à la fois vraiment très drôle, mais aussi très fin dans sa critique socio-ethnique : une vraie bonne surprise que je vous conseille chaleureusement de voir !

Je vous conseille également l’épisode du podcast Kiffe ta Race, consacré à ce film et où Jean-Pascal Zadi vient répondre aux questions de Rokhaya Diallo et Grace Ly, je l’ai trouvé très intéressant.

The King of Staten Island

Il semblerait que le développement de Scott ait largement été freiné depuis le décès de son père pompier, quand il avait 7 ans. Il en a aujourd’hui 24 et entretient le doux rêve d’ouvrir un restaurant/salon de tatouage. Alors que sa jeune soeur Claire, sociable et bonne élève, part étudier à l’université, Scott vit toujours au crochet de sa mère infirmière, Margie, et passe le plus clair de son temps à fumer de l’herbe, à traîner avec ses potes Oscar, Igor et Richie et à coucher en cachette avec son amie d’enfance Kelsey.

Mais quand, après 17 ans de veuvage, sa mère commence à fréquenter Ray, lui aussi pompier, Scott va voir sa vie chamboulée et ses angoisses exacerbées. L’adolescent attardé qu’il est resté va enfin devoir faire face à ses responsabilités et au deuil de son père.

Encore une belle surprise et un film bien plus intelligent qu’il n’en a l’air !

The King of Staten Island, partiellement inspiré de la vie de son acteur principal, Pete Davidson (dont le père était pompier et a péri lors des attentats du 11 septembre) est un film à la fois drôle et émouvant, servi par des acteurs truculents et qui traite assez habilement du deuil et du passage à l’âge adulte.

Les personnages sont attachants, les situations et les dialogues sont savoureux, et j’ai beaucoup aimé l’ambiance chaleureuse et douce-amère de ce récit d’un garçon un peu perdu dans la vie…

À découvrir !

+ On a aussi vu Été 85 au ciné, mais mis à part l’ambiance 80’s, je n’ai pas été particulièrement touchée par cette histoire d’amour adolescente tragique entre Alex et David… dommage !


Et c’est ici que ce termine cette nouvelle revue culturelle – j’espère qu’elle vous aura permis de découvrir quelques œuvres que vous ne connaissiez pas encore…

N’hésitez pas à me donner votre avis ou à me recommander des choses que vous avez aimé regarder ou lire ces derniers temps, je suis toujours avide de nouvelles découvertes.

Je vous retrouve en septembre, à très vite !


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci !

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2 Commentaires

  • Répondre Madimado 21 août 2020 at 11 h 11 min

    Oh, je ne savais pas qu’il y avait une adaptation de The luminaries ! Il attend dans ma bibliothèque depuis un moment, ça m’avait super bien, j’irai y jeter un oeil quand j’aurai enfin lu le livre

  • Répondre Romain 18 septembre 2020 at 15 h 16 min

    Les petites distances a l’air génial comme BD, j’adore ce genre d’histoires ! :)