Monthly Movie Digest #6

Septième Art 28 février 2019 Laisser un commentaire

Maintenant que nous sommes installés dans notre nouvel appartement (qui est, évidemment, toujours un work in progress) il est temps que je reprenne doucement mes habitudes… dont celle de venir vous parler un peu de cinéma.

Je ne sais pas si ça vous avait manqué, mais moi oui, un petit peu quand même, d’autant que si mon emploi du temps de ces derniers mois était bien, bien chargé, j’ai tout de même pris le temps d’aller au cinéma régulièrement pour découvrir les quelques films qui ont retenu mon attention.

Sans vraiment faire exprès, je vous parlerai cette fois-ci presque exclusivement de films historiques, basés sur des personnages réels et en costumes (c’est un de mes genres favoris après tout) que j’ai vus au cinéma ces deux derniers mois.

Tous n’ont pas été des coups de cœur et pour l’instant mon année 2019 au cinéma commence timidement… Je vous laisse découvrir tout cela de ce pas !

(En cliquant sur les titres des films, vous accédez aux fiches de ces derniers sur Allociné, si vous souhaitez en savoir plus !)

The Happy Prince, un film de Rupert Everett

Je commence ici avec le premier film que je suis allée voir au cinéma, et probablement aussi l’un de ceux que j’ai le plus aimés jusqu’ici. Mais avant tout, de quoi s’agit-il ?

The Happy Prince se concentre sur les dernières années de vie d’Oscar Wilde, le célèbre dramaturge britannique à l’ironie acérée et à l’homosexualité assumée. Entre passé et présent, on assiste au déclin d’un homme brisé, aux passions destructrices et à l’hédonisme excessif.

Si vous ne le savez pas, j’aime vraiment beaucoup Oscar Wilde. Je n’ai pas lu tout ce qu’il a écrit mais j’ai longtemps été plongée dans son unique roman, The Picture of Dorian Gray, en ayant fait un sujet de mémoire quand j’étais à la fac, et j’ai toujours été charmée par son esprit et touchée par son destin tragique.

Ainsi, j’ai donc vraiment beaucoup aimé et été très émue devant The Happy Prince, que j’ai trouvé mélancolique et poétique, sans tomber dans un excès de sentimentalisme malvenu.

Le film n’est pas dénué de défauts (les retours en arrière sont parfois un peu maladroits et il souffre parfois de longueurs) mais j’y ai trouvé beaucoup d’émotion et de lyrisme. L’incroyable performance de Rupert Everett est évidemment l’une des choses les plus réussies du film – il incarne à la perfection cet homme d’esprit, passionné et brisé, avec sensibilité et sincérité (et sa transformation physique est tout aussi incroyable).

La photographie, les décors et les costumes, sont également à saluer, notamment lors des scènes à Naples, où j’ai des souvenirs de plans magnifiques, sur fond de coucher de soleil.

Je ne pense pas que le film fasse l’unanimité, loin de là, mais j’en garde un souvenir ému (j’ai beaucoup pleuré devant le film…) et profondément mélancolique. Ce n’est peut-être pas un film à voir si l’on ne connaît pas du tout l’histoire d’Oscar Wilde, du coup je vous le conseille, mais avec une certaine réserve.

Est-ce que vous l’avez vu vous ? Il n’est pas resté longtemps en salles, et il me semble que c’est un sujet d’initiés, mais sait-on jamais…

L’Empereur de Paris, un film de Jean-François Richet

En janvier j’ai aussi fini par aller voir l’Empereur de Paris, un film qui met en scène Vincent Cassel dans le rôle du célèbre Vidocq dans une reconstitution assez incroyable du Paris du début du 19e siècle.

Sorte de fresque historique, dominée par la figure de l’ancien bagnard, le film manque néanmoins d’un certain panache et l’ensemble m’a paru assez froid, et ce malgré de nombreuses qualités.

Visuellement, par exemple, c’est à couper le souffle, des décors jusqu’aux costumes (bien que ce soit presque trop léché). Mais les scènes d’action (nombreuses et assez violentes) sont aussi rythmées que le reste de l’intrigue paraît parfois un peu plat et je n’ai pas forcément été séduite par l’interprétation assez monocorde de Vincent Cassel.

En revanche certaines scènes marquent l’esprit (notamment l’affrontement final) et j’ai aussi bien aimé l’interprétation de James Thiérrée dans le rôle du Duc, un personnage qui se démarque des autres seconds rôles.

En somme, il s’agit d’un beau film dans sa forme, mais assez froid et brutal dans sa réalisation et si on en ressort séduit par les images on oublie assez rapidement le propos.

Mais peut-être que votre avis diffère du mien ?

Colette, un film de Wash Westmoreland

Dans la série des films historiques, j’ai terminé le mois de janvier avec Colette, un film qui raconte les débuts de l’autrice éponyme à Paris, après qu’elle a épousé Willy et alors qu’elle commence sa carrière dans l’ombre avec la série des Claudine.

D’abord, je dois vous confesser quelque chose… je n’ai absolument jamais lu un seul livre de Colette. Voilà, c’est dit. Mais évidemment, comptez sur moi pour remédier à cela, sûrement cette année et d’ailleurs, si vous avez des suggestions de ses livres à lire absolument, je suis toute ouïe.

Cela dit, cette ignorance assez grande de la vie et de l’œuvre de Gabrielle Sidonie Colette m’a sans doute permis d’apprécier le film différemment, sans y voir les défauts dans la narration et autres incohérences éventuelles (un mal pour un bien ?).

Malgré quelques longueurs, j’ai plutôt aimé me plonger dans le Paris de Colette à ses débuts, découvrir le personnage et m’y attacher, notamment grâce à l’interprétation de Keira Knightley, plutôt juste dans ce rôle de femme qui s’affranchit doucement… Mais c’est tout de même un peu dommage de concentrer l’intrigue du film sur une partie de la vie de l’autrice qui n’est peut-être pas la plus intéressante même s’il s’agit d’un récit d’émancipation.

Par ailleurs, j’ai aussi beaucoup aimé l’interprétation de Denise Gough en Missy, que j’ai trouvée très charismatique dans ce rôle en particulier.

Visuellement, le film est joli – les décors, les costumes, la photographie un peu poussiéreuse, tout était parfaitement maîtrisé pour retranscrire l’ambiance de l’époque de la fin du 19e et début du 20e siècle. J’ai aussi beaucoup aimé les quelques scènes pastorales, regrettant presque que l’intrigue se joue tant à Paris.

Mais si j’ai apprécié Colette, il m’a manqué un petit je-ne-sais-quoi pour vraiment beaucoup l’aimer. Il m’aura au moins donné envie de me plonger dans l’œuvre de l’autrice !

Qu’en avez-vous pensé, si vous aussi vous l’avez vu ?

Doubles Vies, un film d’Olivier Assayas

Une fois n’est pas coutume, je vous livre le résumé que vous trouverez sur Allociné à propos du film :

Alain, la quarantaine, dirige une célèbre maison d’édition, où son ami Léonard, écrivain bohème publie ses romans. La femme d’Alain, Séléna, est la star d’une série télé populaire et Valérie, compagne de Leonard, assiste vaillamment un homme politique. Bien qu’ils soient amis de longue date, Alain s’apprête à refuser le nouveau manuscrit de Léonard… Les relations entre les deux couples, plus entrelacées qu’il n’y paraît, vont se compliquer.

Ici ça va aller très vite : j’ai dé-tes-té Doubles Vies et je me demande encore ce qui m’a retenu de partir avant le générique de fin.

C’est long, ennuyeux, rempli (euphémisme) de dialogues inintéressants, ampoulés, auxquels les personnages eux-mêmes, blasés, ne semblent pas croire. Le monde de l’édition et notamment les livres numériques sont décortiqués, mais le propos est caricatural et surtout complètement à la ramasse.

Les coucheries et autres aventures des différents personnages sont tout aussi ennuyeuses et sans intérêt aucun.

Surtout, ne regardez pas ce film et ne perdez pas comme moi 1h47 de votre vie devant ce film bavard et chiant à mourir.

La Favorite, un film de Yórgos Lánthimos

Au début du 18e siècle, pendant le règne de la Reine Anne en Grande Bretagne, deux femmes se battent pour la statut de favorite : la Duchesse de Marlborough et Abigail Hill. Entre cruauté et pouvoir, l’histoire racontée dans La Favorite est évidemment hautement romancée mais sans doute pas très éloignée de la réalité des luttes de pouvoir à la cour.

Le moins qu’on puisse dire c’est que La Favorite est un film déroutant, du moins en ce qu’il me concerne.

Parmi ses nombreuses qualités, on notera la beauté des décors et des costumes, la mise en scène et les prises de vue originales (beaucoup de fisheye et d’angles de caméra inhabituels) et une certaine qualité brute dans sa photographie qui me rappelait un peu Barry Lyndon, de Stanley Kubrick (et à raison car j’ai appris plus tard que La Favorite a également été filmé en lumière naturelle).

Les actrices ont toutes les trois livré des performances assez incroyables et c’est assez chouette de voir un film où les femmes sont au cœur de l’intrigue et du pouvoir (les rôles masculins étant ici plutôt secondaires).

C’est irrévérencieux, subversif et inventif, les anachronismes côtoient les beaux costumes d’époque, l’absurdité se mêle aux jeux de pouvoir… mais malheureusement ça ne mène à rien, tant le scénario a été sacrifié au profit de l’esthétique.

Si le début du film m’a séduit grâce à tous les points évoqués précédemment, j’ai beaucoup moins apprécié la deuxième moitié où le cynisme était à son comble et ce de façon un peu gratuite.

Par ailleurs, je trouve assez dommage que le film, dominé par des personnages féminins forts, ne finit par ne montrer qu’un affrontement un peu vide de sens, plutôt que de montrer des aspects plus intéressants des personnages (il n’y a que le personnage de Rachel Weisz qui va au delà du pouvoir uniquement pour le pouvoir, étant donné qu’elle tente de contrôler la politique du pays à travers sa relation avec la Reine).

Je suis donc plutôt mitigée face à La Favorite, qui fait partie pour moi de ces films un peu subversifs qu’il est de bon ton d’aimer quand on se dit cinéphile mais qui personnellement m’ennuient souvent… (The Lobster, du même réalisateur, en fait également partie)

Son charme étrange n’aura pas réellement opéré sur moi, malgré ses grandes qualités.. tant pis ! Qu’en avez-vous pensé vous ?

**********

Le mois de mars qui approche apportera son lot de nouveaux films à découvrir et j’ai notamment assez hâte d’aller voir Mary Queen of Scots (encore un film historique !) mais aussi le dernier opus de Dragons et Ralph 2.0 (je suis une grande enfant) qui sont déjà à l’affiche et évidemment, Captain Marvel.

Comptez sur moi pour reprendre un rythme plus régulier pour vous parler de cinéma. Pour le reste, il faudra sans doute encore un peu de patience, mon installation se faisant doucement et mon inspiration revenant petit à petit… chaque chose en son temps.

J’espère que ces chroniques ciné vous ont plu et surtout n’hésitez pas à partager vos coups de cœur cinéma avec moi, au cas où j’aurais manqué un film immanquable à vos yeux.

À très vite !

+ Me conseillez-vous Green Book, qui a gagné l’Oscar du meilleur film ? Je me tâte encore…


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

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6 Commentaires

  • Répondre Camille 28 février 2019 at 12 h 21 min

    Je n’ai vu aucun de ces films mais j’ai prévu d’aller voir La Favorite.
    En revanche, j’ai vu Green Book donc je me permets de te livrer mon avis. C’était sympa, voire très sympa. J’ai trouvé que c’était un bon divertissement, on rit à plusieurs moment de l’histoire. Peut-être est-ce étrange de qualifier de bon divertissement un film qui parle de la ségrégation raciale ? Les 2 acteurs principaux sont très bien aussi.
    En revanche, je ne peux pas dire que je l’ai trouvé génial. On sent trop à mon goût le film américain avec ses grosses ficelles qui jouent sur nos émotions. Je n’aurais pas été contre un peu plus de subtilité.

  • Répondre AuroreInparis 28 février 2019 at 15 h 42 min

    De tous ces films je n’ai vu que La favorite, qui m’a semblé le plus abouti du réalisateur. J’avais adoré la mise en place de l’intrigue dans The Lobster mais la fin m’avait laissée perplexe. Et je trouve que de films en films sa patte s’affirme et s’affine surtout, du coup j’ai beaucoup aimé La favorite pour ma part. :) Même si je comprends tes réserves.

  • Répondre Lea 28 février 2019 at 18 h 22 min

    Je trouve que The Favourite est une démonstration assez brillante des jeux de pouvoirs politiques, de leur déconnexion complète, et une démonstration glaçante de la condition des femmes à cette époque (la dernière scène du film est incroyable)
    Je comprend qu’on adhère pas au style assez glaçant du réal mais je trouve que le fond est autant travaillé que la forme. Et que ce film un peu hors-du temps est au final très actuel.

  • Répondre Julia Dhz 28 février 2019 at 20 h 57 min

    « Green Book » est vraiment magnifique, Viggo Mortensen est absolument bluffant, j’ai pleuré comme une madeleine ! ;-) Et il y a de la beeelle musique aussi !

  • Répondre Julia Dhz 28 février 2019 at 21 h 00 min

    Ps – va voir « Une intime conviction », rien que pour l’incroyable prestation d’Olivier Gourmet !!!!!

  • Répondre Lisa 2 mars 2019 at 12 h 04 min

    J’adore ce genre d’article sur ton blog, tu me fais aimer des films que je n’oserai pas regarder à mon habitude.
    http://tdwof.blogspot.com