Le Conte de la Princesse Kaguya

Laurelas7 juillet 2014

Le Conte de la Princesse Kaguya

En ce moment, il y a bien peu de films qui me donnent vraiment envie d’aller au cinéma et c’est presque par hasard que je suis allée voir le Conte de la Princesse Kaguya. Presque, parce qu’évidemment, je ne pouvais pas passer à côté du dernier né des Studios Ghibli… Mais c’est juste que le soir où je l’ai vu, j’avais décidé d’aller voir Jersey Boys. (La séance était complète.)

Comme quoi, le hasard fait bien les choses. (Et ce n’est que partie remise pour Jersey Boys!)

Le Conte de la Princesse Kaguya raconte l’histoire d’une petite fille trouvée dans une tige de bambou et joyeusement élevée par un couple de modestes paysans. Mais alors que son père adoptif est persuadé que cet enfant est une princesse, il l’arrache a la douceur de la campagne pour l’élever comme une véritable princesse, en ville, dans un palais qu’il a fait construire pour elle.

La beauté de la princesse Kaguya attire très rapidement une foule de prétendants, dont de nobles princes, ainsi que l’empereur lui-même… Mais la princesse n’est pas heureuse et finit très vite par comprendre sa destinée.

Le Conte de la Princesse Kaguya

C’est avec beaucoup de délicatesse qu’Isao Takahata nous conte l’histoire de cette singulière princesse, tantôt animée par une joie incroyable, tantôt prise d’une grande mélancolie. Le personnage est d’une grande profondeur, et il me semble impossible qu’on ne s’y attache pas.

Le film tout entier est d’une profonde mélancolie – et comme dans tout conte, on y retrouve aussi une certaine part de violence… Une violence qui contraste d’ailleurs avec l’extrême douceur de certaines scènes. Je pense notamment à celle où Kaguya, encore bébé, découvre la nature à travers une première rencontre avec des grenouilles. C’est drôle, attendrissant et doux.

Une douceur et une délicatesse que l’on retrouve d’ailleurs dans les images. On croirait presque voir des estampes japonaises prendre vie, et c’est un ravissement pour les yeux. Le dessin est fluide et va à l’essentiel: quelques coups de crayon virtuoses associés à ce qui semble être de l’aquarelle. La perfection dans la simplicité.

La bande originale, composée par Joe Hisaishi, un habitué des Studios Ghibli, est elle aussi d’une grande délicatesse et est indispensable à la mise en place de l’émotion dans le film.

Le genre du conte est un genre littéraire que j’apprécie beaucoup pour ses aspects didactiques et même souvent philosophiques. Comme la fable, le conte a une dimension très universelle et moderne, malgré (parfois) l’apparent archaïsme des situations ou des personnages… Ce que j’essaie de dire avec mes mots d’ancienne bachelière littéraire (nous les littéraires, on aime bien tourner autour du pot je crois) c’est qu’on peut tout à fait s’identifier à la princesse Kaguya et à sa triste situation de femme-objet par exemple.

Mais je m’égare, et même si le film a touché ma fibre féministe, je ne tiens pas à m’éterniser sur le sujet. D’autant que le film est bien trop beau et poétique pour s’attarder sur un aspect qui fâche. (Et  après tout, c’est l’adaptation d’un très, très vieux conte japonais… D’où la tristesse de la condition féminine qu’on peut y retrouver.)

Le Conte de la Princesse Kaguya est donc un film d’une grande sensibilité qui aborde avec une certaine modernité et beaucoup de justesse le désir de liberté, le bonheur, aussi éphémère soit-il, les actes manqués et autres rêves brisés. Mais c’est aussi une ode à la nature, pleine de légèreté, de fraicheur et de nostalgie.

Je lui pardonne volontiers ses quelques longueurs (c’est un film qui dure tout de même plus de deux heures!) car il a su me transporter… Et cela, même si j’en suis sortie avec le cœur lourd de mélancolie.

En tout cas, je vous le conseille vivement si vous aimez ce genre de cinéma, délicat et plein d’émotion. Ou tout simplement si vous êtes un inconditionnel des Studios Ghibli (et que vous n’aviez pas trouvé votre compte dans l’ultime film de Miyazaki!).

Et vous, l’avez-vous déjà vu? De façon générale, aimez-vous les films d’animation japonaise?

Passez une belle journée ♡

2

Commentaires (7)

  • Stéphanie

    7 juillet 2014 at 9h32

    Hello!

    Oui on aime ça ici!
    Paprika, Ponyo, Piano Forest… On aime on aime on aime.
    Celui qui nous a le plus touché était la colline aux coquelicots.
    Celui ci on va le louper faute au boulot et aux vacances mais on l’achètera sinon :)

    A bientôt

    1. Laurelas

      12 juillet 2014 at 0h47

      Ouhlala, tant de choses à rattraper on dirait! Je n’ai pas vu tous ces films que tu cites, malgré une admiration profonde pour Miyazaki (mais je n’ai pas vu tous ses films, non).

      Je note en tout cas :)

  • NinaSotteFille

    7 juillet 2014 at 10h08

    J’ai un problème avec les dessins style manga en général. Je trouve que les animations sont saccadées et pas si jolies…
    Mais ce côté aquarelle me plait beaucoup! Je trouve ça très beau! Ça me donne envie de le voir.

    1. Laurelas

      12 juillet 2014 at 0h46

      C’est effectivement très poétique et différent du manga “classique”, et du moins, très différent des autres Ghiblis (pour donner une idée)

      Peut être que du coup ça te plaira :)

  • Jessica A.

    23 juillet 2014 at 11h51

    Je ne suis pas très manga en général, mais les films d’animation, depuis mon baptême il y a plus de 10 ans avec Le tombeau des lucioles, j’en raffole !
    Et Le conte de la princesse Kaguya est tout simplement splendide pour toutes les raisons que tu as très bien résumées. Les personnages sont dessinés au fusain, tous sont peints à l’aquarelle (alors qu’il me semble que ce n’est pas toujours le cas en matière d’anime), et si mes souvenirs sont bons, j’avais apprécié la teneur des dialogues, concis et efficaces, ce qui m’a permis de le voir en VOSTFR à une place pourrie (deuxième rangée) sans perdre le fil des images. Contrairement à toi je ne l’ai pas trouvé long, et j’en avais peur, ça m’a vraiment étonnée. Il m’a transportée du début à la fin <3
    Je ne connais pas ton blog depuis longtemps mais tu es déjà dans mon Bloglovin' ! A très bientôt

    1. Laurelas

      23 juillet 2014 at 23h00

      Merci ça me fait plaisir :)

      Je ne l’ai pas trouvé long, mais je sais qu’il le semblera à beaucoup à certains moments. C’était un vrai petit bijou d’onirisme et de poésie <3

  • auroreinparis

    3 septembre 2014 at 13h47

    J’ai vu la plupart de leurs films, je suis une inconditionnelle des Studios Ghibli, et je ne m’explique toujours pas pourquoi j’ai loupé celui-ci au cinéma. Ta critique est encore un motif de plus de le regretter.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Article précédent

Paris je t'aime en vert

Article suivant

Links I Love #20