Dalton Trumbo

Septième Art 8 mai 2016 Laisser un commentaire

Dalton Trumbo

Cette semaine je suis retournée au cinéma! Et pour voir Dalton Trumbo, un film vraiment, vraiment bien en plus. 

Il est temps que ma vie s’apaise un peu, il y a beaucoup trop de films à aller voir au cinéma ces temps-ci (et aussi beaucoup trop de moments à passer au soleil qui se perdent) et ça me met en joie, si vous saviez! (Aller au ciné, ma grande passion, mais ça, vous le saviez déjà.)

Trêve de bavardages, qui est-ce, ce Dalton Trumbo? Eh bien c’est un scénariste d’Hollywood (incarné par Bryan Cranston ici) qui fait partie du parti communiste aux États-Unis, chose qui est assez mal vue dans une Amérique qui se trouve aux prémices de la Guerre Froide. De fil en aiguille, il se retrouve sur la Liste Noire, ce qui l’empêche en théorie de s’exercer à l’écriture de scénarios…

Mais Trumbo ne s’avoue pas vaincu et, avec l’aide de sa famille, va œuvrer dans l’ombre, jusqu’à sa réhabilitation, des années après.

Dalton Trumbo

Vous me connaissez un peu maintenant et vous devez sûrement deviner que Dalton Trumbo est un film qui avait tout pour me plaire – un biopic qui se joue dans une période mouvementée (j’adore l’histoire et les intrigues historiques) qui mêle l’esthétisme des années 50′ et 60′ au glamour d’Hollywood et à l’amour du cinéma? Tout pour me plaire, effectivement.

Si certains trouveront la mise en scène trop sage (l’intrigue se déroule doucement, dans un ordre chronologique tout à fait cohérent) je trouve que c’est un parti-pris qui se défend plutôt bien, compte-tenu de la densité de cette période de l’histoire, qui aurait sans doute mérité encore davantage d’approfondissement d’ailleurs… Mais après tout, c’est un film sur Trumbo et non sur le Maccarthysme!

Dalton Trumbo est donc un divertissement intelligent et richement documenté (mention spéciale aux images d’archives qui se superposent aux scènes filmées, sans que la démarcation entre les deux saute aux yeux) qui nous (re)plonge dans cette période peu connue, ou peut-être juste un peu oubliée, de l’Amérique d’après-guerre qui sombre dans la paranoïa tout en oubliant ses valeurs fondatrices… C’est plutôt fascinant (un peu triste aussi) et de mon côté, je ne me suis pas ennuyée une seule seconde.

Mais si l’histoire joue un grand rôle dans ce film, c’est avant tout le portrait d’un homme, Dalton Trumbo, qui oscille sans cesse entre provocation, engagement, intelligence, émotion et humour… En définitive, un personnage aussi fascinant que truculent, relativement peu connu (je crois?) par le grand public, malgré ses accomplissements cinématographiques. (Il est quand même à l’origine du scénario de Vacances Romaines et Spartacus, entre autres!)

Et pour incarner ce personnage complexe, Bryan Cranston est tout bonnement fabuleux! Il a un charisme et une énergie telle qu’il habite réellement le personnage, donnant une crédibilité folle à son interpretation. À la fois d’une grande élégance et malicieux, c’est un vrai plaisir de le voir évoluer tout au long du film. (Je pense d’ailleurs que Bryan Cranston aurait largement mérité de recevoir l’Oscar du meilleur acteur pour ce rôle, bien plus que Léo… #sorrynotsorry)

Au delà de ce premier rôle fabuleux, Bryan Cranston est entouré de seconds rôles tous plus parfaits les uns que les autres. Helen Mirren en Hedda Hopper, sorte de sorcière du potin d’Hollywood, conservatrice et manipulatrice à souhait est on-ne-peut plus convaincante, Louis CK est dans un registre plus effacé et émouvant que celui dans lequel on le connaît sur scène (mais son personnage n’est pas pour autant moins engagé ou percutant) et Diane Lane est assez parfaite en Cleo, l’épouse aimante et conciliante de Trumbo, mais qui est pourtant loin du cliché de la ménagère bien sage.

On notera aussi John Goodman en Frank King, presque caricatural et à l’origine d’une scène d’une violence tout à fait réjouissante (enfin, pas de sang ici hein, simplement un personnage qui « pète les plombs ») ou encore Dean O’Gorman, plus vrai que nature en Kirk Douglas.

Quant à la reconstitution historique, elle est soignée et c’est très beau – je me rêvais volontiers dans ces décors, ces costumes, fumant des cigarettes à tour de bras en passant la nuit à écrire! La bande-son, délicieusement jazzy, avait aussi tout pour me plaire.

J’ai aussi le souvenir de quelques très beaux plans qui contribuent à ce sentiment de photographie soignée. (Et là je regrette un peu de ne pas vous en avoir écrit cette critique juste après le visionnage, quand les images étaient encore fraiches dans mon esprit…)

En somme, Dalton Trumbo est un film intelligent, bien écrit et formidablement bien interprété (notamment par Bryan Cranston donc) qui traite, sans manichéisme ou simplifications à outrance, de sujets aussi importants (le courage de défendre ses convictions, malgré le prix à payer, la famille..) que « légers » (l’amour de l’écriture, du cinéma..) à travers une reconstitution historique soignée à tous points de vue.

Un film durant lequel on ne s’ennuie pas, où l’on est tour à tour révolté, réjoui et fasciné, indubitablement (un peu) plus au courant de ce qu’il se passait durant cette ère du Maccarthysme… et dont on ressort (un peu) avec l’envie de revoir Vacances Romaines! (Ou de fumer plein de cigarettes aussi. Ahem..)

Est-ce que vous avez vu Dalton Trumbo? Qu’en avez-vous pensé?

De mon côté, ma présence se fait un peu plus rare ici ces temps-ci, malgré tout ce que j’aimerais vous montrer. J’ai beaucoup de choses à gérer dans ma vie en ce moment et je dois bien avouer que parfois, je préfère chercher du répit en regardant quelques épisodes de série ou en lisant quelques pages plutôt que de m’attaquer à un nouvel article… Bientôt, j’espère, ma vie sera redevenue (un peu) plus paisible!

Bon dimanche à tous et à très vite!


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3 Commentaires

  • Répondre Un invincible été » Ailleurs sur le web #28 9 mai 2016 at 9 h 02 min

    […] Yasmine, la critique du film Dalton Trumbo, que j’avais envie de voir ; je suis encore plus motivée ! (le pitch a un tout petit quelque chose de La poursuite du bonheur, un roman de Douglas Kennedy que […]

  • Répondre auroreinparis 9 mai 2016 at 11 h 58 min

    J’en ai pensé à peu près la même chose que toi, sauf que je suis plus critique sur e manque d’approfondissement et le côté un peu trop  » académique » de la mise en scène. On passe toutefois un bon moment de ciné !

  • Répondre Madimado 10 mai 2016 at 18 h 41 min

    Je suis d’accord sur toute la ligne !