Carol

Septième Art 16 janvier 2016 Laisser un commentaire

Carol

Parmi les films de ce début d’année que j’attendais avec impatience, se trouve Carol, une adaptation d’un roman de Patricia Highsmith et même si je l’ai beaucoup aimé par bien des aspects, je crois que j’ai été un tout petit peu déçue…

Mais avant de vous en dire davantage, un petit retour sur le synopsis.

Dans les années 50′, Carol met en scène deux femmes. D’un côté vous avez la jeune Therese Belivet (Rooney Mara), qui travaille dans un grand magasin et de l’autre, Carol Aird (Cate Blanchett), une femme un peu plus mûre, d’une grande classe, mère d’une petite fille et en instance de divorce. Quand elles se rencontrent, elles sont troublées… et au fil de leur relation se tissent des sentiments bien plus profonds qu’elles n’auraient pu l’imaginer.

Carol

Ce film a tout pour (me) plaire: l’ambiance des années 50′, deux actrices de grand talent et une intrigue belle et dramatique à la fois. 

Et effectivement, dès le début du film, on se trouve happé par un plan-séquence qui nous emmène dans les rues d’un New York des années 50′ – c’est délicieusement rétro et c’est beau. Le tout est accompagné d’un morceau orchestral à la fois mélancolique et plein d’espoir qui annonce la couleur… (La bande originale du film est signée Carter Burwell, et je l’ai trouvée très réussie.)

Sans surprise, l’un des aspects du film qui m’a le plus plu aura été cette atmosphère années 50′ que j’affectionne tant et j’ai été absolument ravie du soin qui a été porté aux moindres détails, que ce soit dans les décors ou les costumes. J’ai, plus d’une fois, envié la superbe mise en pli de Cate Blanchett, de même que ses costumes, si raffinés.

Côté photographie, c’est magnifique et encore une fois, extrêmement soigné, tant dans les gestes des actrices que dans les cadrages et mouvements de caméra… Un véritable régal pour les yeux! J’avais presque l’impression (parfois) d’avoir un tableau d’Edward Hopper sous les yeux.

En revanche, les couleurs du film ne m’ont pas particulièrement plu et la dominante de teintes verdâtres, jaunes (mais pas chaleureux) et ternes ont quelque peu gâché (pour moi) la beauté de cette atmosphère rétro. Cela dit, ça collait plutôt bien au ton du film en fin de compte…

Car on se trouve ici entre le drame et la romance d’une liaison homosexuelle, dans une époque où ce genre de choses n’était pas exactement bien vue. Les personnages de Therese et Carol s’opposent autant qu’ils se complètent – la première a la candeur et les incertitudes d’une jeune femme qui a encore la vie devant soi, tandis que la seconde a la mélancolie et la force d’une femme qui a déjà vécu davantage de choses.

C’est tout de même un peu plus complexe que ça… Mais c’est l’histoire d’une rencontre, d’un amour puissant, doux et beau – une évidence. 

Si Cate Blanchett a encore une fois prouvé qu’elle avait un talent incroyable, interprétant tour à tour la force, la passion, la fragilité et toujours avec une élégance sans pareille, j’ai été un peu moins convaincue par Rooney Mara, dont le jeu m’a semblé un peu monocorde… Quant aux seconds rôles, il n’y a que Sarah Paulson qui tire son épingle du jeu, les autres ne font que passer.

Venons-en à ce qui m’a déplu, et en tout premier lieu: le rythme. Vous le savez, je n’ai rien contre les films aux rythmes un peu lents (s’ils sont bien construits, évidemment) généralement, mais ici, le manque de rythme m’a quelque peu détourné de l’intrigue.

La caméra s’attarde bien trop longtemps sur certains gestes, certains regards, comme une façon un peu grossière de créer de l’émotion ou de souligner le propos. Souvent, c’est aussi au service de la beauté de la photographie, et là, ça ne m’a pas dérangé… Mais de façon générale, le film souffre de beaucoup trop de longueurs, et j’ai trouvé ça dommage.

Enfin, et malgré tout le bien que je pense de Carol, je trouve qu’il s’en dégage une certaine froideur à laquelle je ne m’attendais pas – même la passion entre les deux femmes, certes sublimée par quelques moments de grâce, m’a parue un peu froide. Quel comble!

C’est l’éternel déséquilibre entre la beauté de la forme et la qualité du fond, qu’on retrouve souvent dans ces films à l’esthétique soignée, mais où le propos n’a pas la même force…

Alors bon, j’ai beaucoup aimé ce film tout de même – ne serait-ce que pour la beauté de l’image, pour sa mélancolie et la force de son histoire d’amour… Mais ce serait mentir que de cacher une petite part de déception face à ses longueurs et sa froideur – vous savez, j’aime me laisser emporter au cinéma, et ici, aucune passion fulgurante ne m’a frappée.

Je serais curieuse de savoir ce que vous en avez pensé si vous l’avez vu – avez-vous ressenti la même chose que moi? 

Les critiques sont dithyrambiques sur ce film, alors je me pose la question… (D’autant qu’il se peut que ma propre humeur ait influé sur mon visionnage, qui sait.) J’ai, en tout cas, le projet de lire le livre bientôt!

N’hésitez pas à me faire part de votre avis et bon week-end à tous !


Si vous avez aimé me lire, vous pouvez me le faire savoir, sans même commenter, en cliquant sur le   situé sous cet article – merci!

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11 Commentaires

  • Répondre Claire la paillette 16 janvier 2016 at 14 h 02 min

    Je ne l’ai pas encore vu mais je te dirai ce que j’en ai pensé ;) comme toujours, un plaisir de te lire!

    • Répondre Laurelas 19 janvier 2016 at 11 h 19 min

      Merci beaucoup, et oui, tu me diras!

  • Répondre Mona 16 janvier 2016 at 14 h 09 min

    Hello Yasmine,
    contente de lire ton avis ! J’ai vu ce film hier soir et je l’ai adoré ! Pour moi, c’est déjà le plus beau film de 2016 :-) J’aurais pu être déçue car j’en attendais aussi beaucoup, mais ce ne fut pas le cas. Je ne l’ai pas trouvé trop long, il aurait pu durer une heure de plus, ça m’allait :-)
    Mais intéressant de comparer des avis, comme toujours… Bon week-end !

    • Répondre Laurelas 19 janvier 2016 at 11 h 20 min

      Il s’agit peut-être aussi de mon humeur ce jour-là… Parfois ça change toute une perception! (mais c’est sûr que c’est un beau film, rien à redire là-dessus :))

  • Répondre Kim 16 janvier 2016 at 14 h 18 min

    Il me tarde de voir ce film, qui m’a l’air super ! Tout le monde en parle. En revanche, ton avis très construit est hyper intéressant, nous permettant de remarquer certains points parfois oubliés.
    Merci pour cette belle critique.

    Kim D.

    • Répondre Laurelas 19 janvier 2016 at 11 h 21 min

      Merci beaucoup <3

  • Répondre Mathilde 17 janvier 2016 at 19 h 51 min

    J’hésite énormément à aller le voir (seule puisque ça n’intéresse personne de mon entourage). Mais ton avis me refroidit un peu… Donc peut-être que je vais lire le livre en premier et ensuite je le regarderai chez moi.

    • Répondre Laurelas 19 janvier 2016 at 11 h 22 min

      Tu risques de préférer le livre! (Bon je ne l’ai pas lu, mais bon, les adaptations parfois…)
      C’est dommage que personne dans ton entourage ne veuille le voir, c’est un très beau film, malgré les points qui m’ont déplu – j’espère que tu le verras (et l’aimeras!) un jour tout de même ;)

  • Répondre Pauline 20 janvier 2016 at 12 h 09 min

    Je suis allée voir Carol hier. Je ne savais pas du tout de quoi parlait le film avant de lire ta chronique, qui m’a bien motivée il faut le dire ! J’ai un faible pour les histoires d’amour, et encore plus quand elles changent de ce qu’on peut voir habituellement.
    Comme toi, j’ai adoré l’époque, la mise en pli de Cate Blanchett et la force de cette histoire d’amour. Comme toi, j’ai trouvé certains plans inutilement longs (sauf les deux derniers à la fin ♥ quelle beauté ♥) et tout l’univers un peu froid. J’ai envie de me dire que c’est une tentative de retranscrire l’aspect guindé de l’époque, et dans lequel semble tout de même évoluer Carol. Cela dit j’ai été vraiment émue, vraiment transportée par cette belle histoire, Cate Blanchett est renversante et ça m’a donné envie de revoir Blue Jasmine ! J’avoue que sinon je ne la connais pas très bien, à part pour son rôle dans le Seigneur des Anneaux, que j’exècre. (son rôle, pas le film)
    Rooney Mara est superbe, elle me fait penser à une Hepburn des temps modernes, mais elle m’a beaucoup moins touchée que Cate Blanchett. Quant aux personnages secondaires, je les ai trouvés tous négligeables à part Sarah Paulson, que j’aime décidément beaucoup et que je connais depuis ses rôles dans American Horror Story. D’ailleurs dans la saison 2, elle joue une lesbienne aussi ^^
    Enfin bref, j’arrête mon pavé, tout ça pour te dire que ta critique m’avait donné envie d’aller voir le film, et qu’en ressortant j’étais d’accord avec toi, même si je pense avoir été plus transportée et touchée que toi vu que j’ai quand même failli verser une petite larme. (qui n’était d’ailleurs pas en rapport avec l’histoire d’amour, c’est donc qu’il y a quelque chose de froid là-dedans, enfin à mon sens)
    Merci pour cet article ! Bises ♥

  • Répondre Roxane 17 mai 2016 at 20 h 43 min

    Carol, film et livre, sont rentrés dans mon top 5 des même catégories! Avant ça, je dois dire qu’en ayant seulement vu des extraits d’Elizabeth l’âge d’or, Cate Blanchett ne m’attirait pas du tout: c’est simple je ne voulais même pas regarder les deux Elizabeth juste parce qu’elle y jouait! Et depuis Carol, je désespère de ne pas les trouver en VO sur internet…. Néanmoins je comprends ton sentiment de froideur, il est vrai que leur relation peut sembler froide et distante, peut être par pudeur?

    • Répondre Laurelas 5 juin 2016 at 18 h 38 min

      Peut-être, mais en tout cas ça m’a empêché de « rentrer » véritablement dans le film ou de m’attacher vraiment aux personnages. Cela dit, j’ai très envie de lire le livre bientôt, je suis sûre qu’il me plaira (et peut être davantage !)