Palo Alto

Septième Art 18 juin 2014 Laisser un commentaire

Palo Alto

Je vous le disais hier, j’envisageais de retourner au cinéma pour aller voir Palo Alto… chose que je me suis empressée de faire le soir même. Et plus je repense à ce film, plus je l’aime, mais d’une façon nostalgique et non passionnée. Comme si j’avais laissé un peu de moi et de mes souvenirs dans cette salle de cinéma…

Palo Alto n’a pas vraiment d’intrigue, on y suit quatre adolescents, April (Emma Roberts), Teddy (Jack Kilmer), Fred (Nat Wolff) et Emily (Zoe Levin) dans leurs déboires d’adolescents californiens. Blasés, perdus parfois, amoureux, naïfs… On suit leur quotidien d’une banalité tout à fait ordinaire ou pourtant l’on sent que le danger n’est jamais très loin.

Dans l’histoire intervient aussi Mr B. (James Franco), coach de foot fort charmant au demeurant, qui semble cependant avoir quelques inclinaisons pour ses étudiantes…

A noter que le film est l’adaptation de trois nouvelles issues du recueil éponyme et semi-autobiographique de James Franco. (Et moi du coup, ça m’a donné envie de me pencher sur ce livre.)(Et pour tout vous dire, je l’ai déjà commandé.)

Palo Alto

Dépeindre la jeunesse sans verser dans la caricature ou sans mièvrerie, ce n’est pas forcément évident, et pourtant, Gia Coppola y est parvenue et avec brio.

Palo Alto est avant tout un film qui se regarde et où l’on se laisse porter par les images… Le rythme est très lent (et c’est amplifié par ces quelques scènes de ralenti disséminées çà et là) et il ne se passe souvent pas grand chose en terme d’action. La photographie, hyperstylisée et très travaillée, à l’atmosphère presque éthérée parfois, est d’une perfection absolue.

Quant aux chroniques adolescentes qui y sont représentées, on pourra leur reprocher de sombrer dans le cliché parfois, mais ce n’est pas vraiment ce qui m’a frappé… A vrai dire, j’ai plutôt trouvé que l’ennui et le désespoir adolescent y sont dépeints avec beaucoup de justesse et pas tant à travers les actions et déboires des différents personnages, mais plutôt à travers leurs regards, leurs paroles ou encore grâce à la mise en scène.

Du dialogue entre image et narration naît une certaine universalité – je me suis tout à fait identifiée à certains personnages, à quelques uns de leurs traits et à leurs sentiments, qui nous sont communiqués avec beaucoup de délicatesse et de subtilité.

Mélancolique et tourmenté, j’ai trouvé le film hanté par une certaine tension, presque imperceptible et pourtant bien présente, qui a fait que je me suis attendue au pire bien trop souvent…

Le jeu des acteurs m’a aussi beaucoup impressionnée, Emma Roberts en tête. A aucun moment sa prestation n’a sonné faux, jamais il ne m’a paru qu’elle en faisait trop (ou pas assez) – elle a véritablement habité son personnage avec une facilité déconcertante. Je pourrais dire la même chose de Jack Kilmer qui m’a pourtant semblé davantage dans la retenue. Nat Wolff aura, quant à lui, su donner à son personnage l’énergie dangereuse qui le caractérise.

James Franco, en revanche, aura hérité d’un rôle ingrat qui est loin de le mettre en valeur. Cela dit, il incarne à merveille un personnage qui attire et repousse à la fois.

Enfin, la bande originale, à l’atmosphère aussi mélancolique que les personnages qu’elle sublime, est un élément à part entière dans le film, sans lequel les images n’auraient pas l’impact qu’elles ont. Tantôt légère, tantôt plus grave, la pop éthérée de cette bande-son va sûrement m’accompagner tout l’été…

S’il est facile de comparer ce premier film de Gia Coppola à ceux réalisés par Sofia Coppola (qui est sa tante), et notamment à Virgin Suicides ou encore The Bling Ring (que je n’ai pas vu) à cause de la similarité du sujet traité, à savoir le spleen adolescent, je trouve que la comparaison s’arrête là. (Même si, oui, les images aussi semblent inspirées par les films de Sofia…)

Palo Alto traite le sujet avec davantage de réalisme et est empreint d’une certaine universalité là où Virgin Suicides semble plus ancré dans le fantasme. Et en fin de compte, j’ai aussi trouvé Palo Alto bien plus sincère en terme d’émotion(s). (Et je préfère de loin Emma Roberts et sa simplicité à la fade Kirsten Dunst…)

En somme, Palo Alto m’a beaucoup plu, parfois dérangé et intrigué, mais surtout m’a marqué par sa mélancolie et sa sincérité. C’est une chronique adolescente dans laquelle je pense qu’on peut tous se retrouver quelque part, ne serait-ce qu’un peu…

Et vous, l’avez-vous déjà vu? Si ce ne n’est pas le cas, pensez-vous aller le voir?

Passez une belle journée ♡

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13 Commentaires

  • Répondre Raph 18 juin 2014 at 10 h 34 min

    OMG « à la fade Kirsten Dunst » ?! Jamais je ne pensais lire ça un jour ahah. Mais je ne t’en veux pas, chacun son avis :)
    En revanche, il est vrai que tu me donnes envie d’aller voir ce film qui, à la base, ne fait pas vraiment partie de mon genre cinématographique de prédilection ! Pour ma part, j’ai adoré Virgin Suicides et détesté The Bling Ring… À voir donc avec Palo Alto !

    • Répondre Laurelas 19 juin 2014 at 0 h 44 min

      Pardon, mais oui Kirsten n’est pas mon actrice préférée. Je la trouve fade oui, et toujours enfermée dans ce rôle sans saveur, à moitié alanguie ou dépressive, dans tous les films où je l’ai vue, ou presque. J’ai détesté Melancholia en partie à cause d’elle. Bref :)

      Comme j’ai pas vu the Bling Ring, je ne saurais te conseiller, mais si tu as aimé Virgin, y’a moyen que Palo Alto te plaise :)

  • Répondre cherrylou 18 juin 2014 at 11 h 43 min

    Oh tu m’as donné encore plus envie de le voir ♥ (même si je crains de devoir attendre la sortie dvd s’il ne passe pas dans les environs)
    Je n’ai pas vu The Bling Ring, mais Virgin Suicides est un de mes films favoris de l’univers! Tu as lu le livre? Je te le conseille les yeux fermés!

    • Répondre Laurelas 19 juin 2014 at 0 h 45 min

      Ah non, je n’ai pas lu le livre, mais je note, je note, et j’ajoute à ma liste grandissante de choses à lire :)

      Et j’espère que tu auras l’occasion de voir Palo Alto au ciné, il est chouette <3

  • Répondre Maylee 18 juin 2014 at 12 h 45 min

    Jolie critique, bien écrite et qui donne envie d’aller voir ce film qui me tentait déjà depuis que j’ai vu la bande-annonce.
    Malheureusement je devrai attendre le 9 Juillet ici en Belgique, date de sortie du film.
    Bonne journée à toi! Bisous.

    • Répondre Laurelas 19 juin 2014 at 0 h 47 min

      Merci beaucoup – et le 9 juillet va arriver plus vite qu’on ne le pense…

      J’espère qu’il te plaira si jamais tu vas le voir :)
      A bientôt!

  • Répondre Mademoiselle Audrey 18 juin 2014 at 23 h 38 min

    Belle critique et très bien écrite, je suis 100% d’accord avec toi sur le ressenti
    L’ayant vu mi avril, je serais presque tentée de retourné le voir >_<
    Concernant le livre tu l'as commandé sur le quel site ??

    Belle fin de soirée

    • Répondre Laurelas 19 juin 2014 at 0 h 48 min

      Merci <3

      Le livre je l’ai tout simplement commandé sur Amazon, en VO par contre (je ne sais pas s’il existe une traduction :x)

      Bonne nuit à toi :)

  • Répondre Emma 19 juin 2014 at 13 h 25 min

    Grâce à toi, j’ai envie de voir le film maintenant (mais me connaissant, il est probable que j’attende la sortie dvd) et le livre est dans mon panier amazon :)
    Si tu es intéressée par la thématique de l’adolescence américaine, je peux te conseiller aussi de lire « The life before her eyes » de Laura Kasischke (un film en a été tiré également) ainsi que « Boy heaven » :) Cette auteur a un très beau style et une façon émouvante et en même temps très réelle de décrire et d’analyser la société américaine.

  • Répondre Les Délices de Minie 9 juillet 2014 at 16 h 50 min

    Encore un film que je n’ai pas vu mais que je veux voir :) J’aime ce genre de « petit » film

    Autant j’ai beaucoup aimé Virgin Suicides autant je n’ai pas du tout apprécié The Bling Ring, que j’ai trouvé d’un ennui… ^^

  • Répondre Sarah 24 juillet 2014 at 10 h 06 min

    J’ai moi aussi été voir ce film et j’en ai exactement la même impression ! Hormis que je trouve que cela reste tout de même d’inspiration « Coppola ». Il y a une tension permanente qui nous laisse croire que quelque chose d’horribla va se dérouler mais non, rien. Je pense aussi que c’est aussi tout l’intérêt du film : faire imaginer au spectateur ce qu’il ne voit pas.
    Article très intéressant !

  • Répondre auroreinparis 3 septembre 2014 at 13 h 52 min

    J’avais prévu de le voir, mais je l’ai également loupé, il fait parti de mes regrets 2014.

    • Répondre Laurelas 5 septembre 2014 at 23 h 05 min

      Tu pourras te jeter sur le DVD à sa sortie :)