Alabama Monroe

Septième Art 23 septembre 2013 Laisser un commentaire

Alabama Monroe

Si vous me suivez un peu sur Twitter, vous aurez lu la semaine dernière que je suis ressortie de ma séance d’Alabama Monroe un peu déçue, un peu sonnée aussi – mais réduire mon avis à une déception serait trop simpliste, il y a beaucoup à dire de ce film.

Ce qui a sans doute freiné mon enthousiasme, et fait grandir mes attentes un peu trop vite, c’est la description fort élogieuse que m’a faite ma meilleure copine à propos du film. Sans me raconter l’intrigue, elle m’a assuré que j’allais être incroyablement touchée et que j’allais sans doute pleurer tout le long de la projection…

Elle aurait mieux fait de me raconter l’histoire, sans me parler de son ressenti, je pense que j’aurais réagi différemment. (Sans rancune!)

Du coup, dans Alabama Monroe on suit Didier (Johan Heldenbergh), un passionné de l’Amérique qui joue du banjo et chante dans un groupe de Bluegrass Country. Il tombe sous le charme d’Elise (Veerle Baetens) une jolie tatoueuse (et tatouée) qui va finir par chanter dans le groupe de Didier.

De leur relation passionnelle, insouciante et rythmée par la musique naît leur fille, Maybelle. Mais on apprend très vite que Maybelle est malade…

Alabama Monroe

J’ai bien fait d’attendre d’écrire mon ressenti sur ce film – du moins je pense que si j’avais écrit à chaud, j’aurais peut-être été trop dure.

Alabama Monroe est un beau film, tout simplement. Tristement beau, et qui vous hante longtemps après que vous l’ayez vu. C’est un film qui traite de désillusions; désillusions d’un couple, d’une mère, d’un homme. C’est beau, mais c’est aussi incroyablement dur et plein de désespoir.

C’est sans doute ça qui m’a bouleversée et qui m’a déçue en quelque sorte, parce qu’en sortant du cinéma, je me demandais bien quel sens donner à ce film, quel message en retenir. Que le bonheur est évanescent n’était pas un message assez satisfaisant pour moi. D’ailleurs, ça ne l’est toujours pas. Le désespoir total qui m’a un peu envahie après avoir vu Alabama Monroe me fait dire que je ne reverrai pas ce film de sitôt, non merci.

Mais peut-être que je n’ai rien compris? (Qui sait.)

L’émotion dont on m’a tant parlé, je ne suis pas sûre qu’elle ait été aussi présente que je me l’imaginais. Bien sûr, j’ai fondu en larmes à un certain moment, et j’ai été grandement touchée par certaines scènes musicales (on y revient vite) mais je ne sais pas… J’avais un peu l’impression qu’on attendait de moi que je ressente un trop plein d’émotion face à ces désillusions successives, et du coup, je ne me suis pas laissée emporter comme je l’aurais voulu. (Croyez-moi, rien de plus beau que de se laisser emporter par l’émotion d’un film bien fait!)

Cela dit, le film a de grandes qualités, et notamment au niveau de la forme. Sa mise en scène intimiste est magnifiée par des plans aux couleurs chaleureuses, et on se croirait presque au fin fond de l’Amérique. La déconstruction chronologique du film, un peu déroutante par moments, est assez ingénieuse et permet au spectateur de se rendre compte du contraste entre le début et la fin, entre bonheur et chute(s).

Mais ce qui m’a le plus envoûté dans Alabama Monroe, c’est sa bande originale, et ses scènes musicales qui m’ont donné envie d’aller chausser des bottes de cow-boy et de chanter en chœur avec les personnages. Je me suis donc découverte une affection toute particulière pour le Bluegrass, un genre musical que je n’avais qu’effleuré auparavant. Il est grand temps de s’y intéresser davantage!

Écoutez-moi ça, n’est-ce pas formidable?

Je n’oublie pas de saluer la performance des acteurs, qui est assez incroyable. Leurs interprétations sont d’une justesse et d’un naturel fou – ça ne sonne pas faux à un seul instant. (C’est d’autant plus dommage que le film manque d’émotion, malgré la performance des acteurs..)

Mais ce qui nuit peut-être aussi à l’émotion, c’est la réflexion quelque peu brouillon sur la foi, la religion et la science. C’est abordé de façon maladroite, et c’est dommage car quelque part, ça nuit à la dynamique du film.

Voilà. Alabama Monroe est un film beau, fort, poignant et mélancolique, mais pour moi il manque quelque chose, et ce petit quelque chose est ce qui m’empêche de le qualifier de chef d’œuvre.

A voir, pour s’en faire sa propre idée. (Dépressifs, s’abstenir!) Mais dans le genre « mélodrame made in Belgium », Une Place sur la Terre m’avait beaucoup, beaucoup plus touchée.

Est-ce que vous l’avez vu? Je suis vraiment curieuse de lire vos avis et ressentis!

Bonne semaine à tous!

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3 Commentaires

  • Répondre Marie 23 septembre 2013 at 23 h 10 min

    C’est marrant parce que moi j’ai totalement vécu l’inverse! J’ai vu ce film vers avril-mai dans un petit auditoire à l’ULB (Université de Bruxelles) où il y avait deux pelés et trois tondus… J’avais jamais entendu parler de ce film (j’avais juste vu La Merditude des Choses du même réalisateur) et j’y ai été tout à fait par hasard. Du coup, sans savoir à quoi m’attendre, je me suis laissée emporter, contrairement à toi! J’en suis ressortie toute chamboulée tellement je ne m’attendais pas à un film comme celui-là ;)
    Donc voilà, comme tu le mentionnes au début, je pense que la façon dont on ressent un film dépend de tout ce qu’il y a autour.

  • Répondre Marie 23 septembre 2013 at 23 h 13 min

    (Quand je dis « tout ce qu’il y a autour » je veux dire qu’on ne ressent pas non plus la même chose selon la période qu’on vit (par exemple je peux être très touchée par un film et quelques mois plus tard le trouver ennuyeux etc. Et j’ai l’impression que plus on parle en bien d’un film, moins on l’apprécie quand on va le voir.)

  • Répondre Zadig 24 septembre 2013 at 10 h 00 min

    Pas vu, et même pas entendu parler!!! Mais ton billet m’intrigue, j’ai bien envie de le voir pour m’en faire une idée…
    En tous cas, les images sont belles, la musique géniale, ça donne envie (et puis au moins, grâce à ton article, je n’irai pas le voir avec trop d’attentes, je serai peut-être moins déçue que toi).
    Merci pour tes articles ciné, c’est toujours super intéressant et ça m’est très utile (je crois que c’est toi qui m’informe le plus des sorties cinés, des films à voir ou non^^)