Multi-critiques: Le Monde Fantastique d’Oz, 40 Ans Mode d’Emploi & Cloud Atlas

Septième Art 14 mai 2013 Laisser un commentaire

Multi-critiques

Si vous le voulez bien, on va faire comme si je n’avais aucun retard concernant les critiques des trois films dont je vais vous parler, et on va faire comme si ces films étaient encore à l’affiche… (Ahem. Pardon. En vrai, je suis impardonnable.)

Bon, en réalité j’ai vu ces films il y a fort longtemps, et j’aurais très bien pu ne jamais vous en parler car il y a prescription. Mais je suis une femme d’honneur (Corinne Touzet, sors de ce corps!) et je vous avais promis de vous en toucher un mot, alors voilà. Il est temps.

Et comme ça fait une éternité que je les ai vus ces films-là, j’ose espérer qu’il ne me reste que les impressions les plus fortes (comme ça, on ne perd pas de temps). Alors si vous le voulez bien, on va commencer par parler du Monde Fantastique d’Oz, réalisé par Sam Raimi.

Oz

Celui-ci, je l’ai vu en mars, avec ma petite sœur, et je crois que j’en attendais beaucoup. Disney, James Franco, de la magie… Tout pour me plaire! Enfin, en principe.

Je vous passe le synopsis, mais sachez que le Monde Fantastique d’Oz n’est en rien un remake du Magicien d’Oz de 1939 – c’est plutôt ce qu’on appelle un prequel, qui nous apprend comment Oz, le magicien, est arrivé dans la cité d’émeraude et comment il a vaincu les vilaines sorcières à l’aide de la gentille sorcière..

A grands renforts d’effets spéciaux et de belles images, le film fait tout pour que l’on se perde dans sa magie, mais hélas, je n’y ai pas trouvé mon compte. Et c’est bien dommage, parce qu’effectivement, visuellement c’est beau, c’est frais et coloré – presque trop beau et trop lisse d’ailleurs.. Et le casting lui aussi promettait de belles choses. James Franco, Michelle Williams, Mila Kunis… Que du beau monde.

Mais la déception était de rigueur devant un film plat, affreusement prévisible (c’est du Disney, mais quand même!) et assez peu magique en somme. Et que les personnages sont stéréotypés! Je pense d’ailleurs que les féministes pures et dures ont bien dû grincer des dents devant tous ces personnages féminins faibles et risibles. (En tout cas, moi ça m’a chatouillé.)

Le début du film était presque charmant, ne serait-ce que par la forme – en noir et blanc, comme un film d’époque. Et la bande originale, signée Danny Elfman, n’est pas si mal.

En deux mots? Décevant et prévisible.

N’hésitez pas si…

– Vous adorez Disney et n’avez rien contre un scénario cousu de fils blancs
– James Franco est votre idole absolue, même si ce rôle est loin d’être l’un de ses meilleurs, il reste malicieux (et agréable à l’œil..)
– L’univers visuel d’Alice au Pays des Merveilles, version Disney/Tim Burton vous a ravi

Au contraire, fuyez si..

– Vous vous attendez à un film magique et merveilleux
– Voir des femmes faibles ayant besoin d’un homme pour être sauvées vous agace au plus haut point
– Vous détestez les grosses productions Hollywoodiennes

Film Title: This Is 40

Passons donc à 40 Ans Mode d’Emploi, de Judd Apatow. Que j’ai trouvé à mourir de rire, et que du coup, j’ai adoré.

Chronique d’une famille ordinaire, dont les parents fêtent leurs 40 ans – crise de couple, problèmes financiers, relations conflictuelles entre l’adolescente et ses parents… Regarder ce film, c’est suivre une tranche de vie d’une famille normale mais où tout le monde est un peu fou quand même.

Le scénario n’est pas d’une très grande profondeur, mais ce n’est pas bien grave tant la qualité du film repose sur le comique de situation, et certaines scènes d’anthologie. (Je pense notamment à la scène d’entrevue entre parents d’élèves et la directrice d’école – Melissa McCarthy, que l’on a découverte dans Gilmore Girls, a un petit rôle, mais quel rôle!) Mais attention, c’est parfois très trash. (Comptez le nombre de « Fuck » proférés durant le film, je pense que le chiffre serait édifiant!)

Et au milieu de ce joyeux bordel, on se surprend à ressentir une certaine tendresse envers les personnages et à être ému, eh oui.

Le casting est réussi, et on a droit à plein de petits rôles savoureux (Jason Segel, Chris O’Dowd, Lena Dunham, Megan Fox…).

En deux mots? Joyeux et bordélique.

N’hésitez pas si…

– Les comédies de Judd Apatow vous plaisent d’habitude
– Vous cherchez un film léger pour vous changer les idées (j’ai tellement ri..!)
– Vous êtes sensibles aux décors soignés typiquement Américains (je suis sûre que vous savez de quoi je parle; des grande maisons lumineuses, un peu comme dans Maman j’ai raté l’avion..)(rassurez-moi, vous voyez ce que je veux dire, hein?)

Fuyez si…

– L’humour trash, aux limites du vulgaire vous rebute au point d’en occulter tout le reste
– Vous cherchez un film à l’intrigue complexe et/ou originale
– Leslie Mann vous agace, et je comprendrais un peu votre cas

A noter que Leslie Mann, qui joue donc Debbie, est l’épouse de Judd Apatow, et que les deux filles de la famille à l’écran sont aussi leurs deux filles « pour de vrai ». Un tournage en famille donc!

Cloud Atlas

Terminons donc cet article (que vous devez déjà trouver bien trop long) par mon avis sur Cloud Atlas, de Andy et Lana Wachowski.

C’est moi qui ai entraîné mon compagnon de salles obscures voir Cloud Atlas, car ce film m’intriguait, et je crois que même après l’avoir vu, il continue de m’intriguer. Film choral, il mériterait que j’en parle dans un article à lui tout seul – mais je n’ai malheureusement pas le temps de disserter sur ce film très, très riche.

On suit donc six histoires distinctes (ou presque) à travers les âges.. et les genres! Chaque « histoire » correspond ainsi à un genre cinématographique: la comédie, le film romantique, la SF… C’est ambitieux, ça fait tourner la tête et pour une fois, je crois qu’il est nécessaire de savoir ce genre de détails avant de regarder le film.

En plus de cette particularité, ce sont les mêmes acteurs qui incarnent différents personnages dans chacune de ces histoires – alors qu’on reconnaît souvent, et facilement Tom Hanks par exemple, je n’ai reconnu Hugh Grant nulle part (sauf dans l’histoire où il était « lui-même » si je puis dire ainsi). Restez jusqu’au début du générique, où chaque acteur et ses différents rôles sont présentés, c’est assez intéressant (et drôle en fait).

Il faut un certain temps pour ne pas se sentir trop perdu à travers les âges et les différentes intrigues, pour finalement constater que tout est lié, quelque part. Le film soulève en effet de nombreuses questions: la réincarnation, la destinée, la liberté, l’esclavagisme et le clonage, pour n’en citer que certains.

C’est une œuvre riche et intelligente, qui pousse réellement à la réflexion. D’ailleurs, le film est une adaptation d’un livre éponyme, écrit par David Mitchell (que j’ai maintenant très envie de lire évidemment).

Bon. Mais finalement, qu’est-ce que ça donne sur grand écran? On l’a vu récemment avec l’Ecume des Jours, l’adaptation est une expérience périlleuse, dont tout le monde ne sort pas vainqueur. Et dans le cas de Cloud Atlas, il y a un petit quelque chose qui fait que ce n’est pas exactement réussi.

L’œuvre est peut-être trop riche pour être adaptée, et du coup, bien que de nombreux thèmes soient abordés, il le sont de façon un peu superficielle… De même, le film a un côté très mièvre, plein de bons sentiments. Je n’arrive pas vraiment à mettre le doigt sur ce qui m’a réellement gênée  en fait – c’est donc un film qui a le mérite de m’avoir intriguée « pour de vrai »!

J’aimerais bien le revoir du coup, pour peut-être mieux saisir certaines choses. Mais je pense que c’est un film tellement complexe, tellement hors du commun, qu’il s’agit à chacun de s’en faire une idée, car il existe peut-être une interprétation différente suivant chaque personne..

En deux mots: Ambitieux et fascinant.

N’hésitez pas si…

– Les films aux intrigues multiples font partie de vos favoris
– Les thèmes de la réincarnation, de la destinée (et de l’amour!) touchent votre petit cœur (comme ils me touchent moi)
– Voir les acteurs changer de visage tout au long du film vous intrigue

Par contre, fuyez si…

– Les films longs vous rebutent (pour info, celui-ci dure près de trois heures!)
– Vous cherchez un film léger et drôle, car même si certains passages sont très drôles, ce n’est pas du tout un film léger

***

Voilà, ou comment rattraper un petit peu mon retard – même si finalement, je préfère tout de même pouvoir parler d’un seul film en profondeur comme je le fais d’habitude. J’ai l’impression de vous avoir livré qu’une infime partie de mes impressions sur ces films, alors que Cloud Atlas par exemple aurait mérite une critique un peu plus aboutie. Mais bon. (Pas le temps hein.)

J’ai d’ailleurs emprunté la terminologie des critiques qu’Anaïs fait sur son blogce n’est pas du plagiat, mais un hommage! J’aime beaucoup lire son avis sur les films qu’elle va voir et les livres qu’elle lit, ses critiques culturelles sont de qualité, et je l’admire beaucoup. C’est une de mes plus jolies découvertes en matière de blog « intelligent » ces derniers temps, alors courrez donc lire son blog!

Le Monde Fantastique d’Oz était donc aussi décevant que 40 Ans Mode d’Emploi était drôle alors que Cloud Atlas m’a fascinée et intriguée à la fois.

Et vous, les avez-vous vus ces films? Qu’en avez-vous pensé?

Je me répète, mais parler de cinéma, c’est quelque chose qui me passionne, alors que je suis la première à remettre en cause ma façon d’écrire ou d’analyser ce que je vois à l’écran – je suis assez dure avec moi-même, d’autant que je n’ai pas vraiment l’impression de faire quelque chose de novateur. Tout le monde peut s’amuser à écrire des « critiques », non?

Bref. Vivement que je termine mon mémoire, que je puisse m’enfermer dans les salles obscures sans scrupules tout l’été, pour ensuite vous raconter ce que j’ai aimé (ou pas!).

A très vite ♥

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4 Commentaires

  • Répondre Nyx 20 mai 2013 at 9 h 49 min

    J’en ai vu qu’1 sur les 3 (Cloud Atlas) ! Pas de regret pour Le Magicien d’Oz que j’ai volontairement snobé (ta critique me conforte dans mon choix) ^^. Par contre pour Judd Apatow, je me dis que je suis peut-être passée à côté d’une bonne petite comédie, vu ce que tu en dis !

    Et merci (décidément !) pour le bel hommage que tu me fais, une fois de plus ! Je vais finir sans voix si tu continues :). Je suis contente que ma « méthodo » si je puis dire t’ait séduite au point que tu l’appliques à ton tour !

    • Répondre Laurelas 26 mai 2013 at 19 h 42 min

      Héhé ;) ta méthodologie m’a un peu changé de la mienne, et n’est pas aussi facile à appliquer que ça (j’ai eu du mal à ne pas me répéter en fait!)

      Et oui, si tu as l’occasion de voir le film d’Apatow, vas-y, j’avais passé un très bon moment :)

  • Répondre Luxe & Vintage 24 mai 2013 at 19 h 15 min

    Je n’ai vu Cloud Atlas que très récemment et comme toi, j’ai plutôt été intriguée par ce film multi-dimensionnel. J’ai trouvé le « grimage » des acteurs tantôt réussis, tantôt grandiloquent. En revanche, j’ai été complètement transportée par la musique, il faut absolument que je me procure la BO ! Pour Oz, j’avais émis à peu près la même critique :)

    • Répondre Laurelas 26 mai 2013 at 19 h 43 min

      Ah oui, la musique de Cloud Atlas m’avait séduite aussi, je l’ai écoutée un peu en écrivant l’article, et j’aurais aimé que la Cloud Atlas suite soit plus longue :)