Django Unchained

Septième Art 8 février 2013 Laisser un commentaire

Django Unchained

Bon, je suis débordée, pour changer (mener de front travail et études, je vous l’assure, ce n’est pas de tout repos) mais il fallait que je vous parle un peu de Django Unchained, que j’ai vu il y a deux semaines déjà, peu après sa sortie donc…

Je vous rappelle l’histoire, pour les deux du fond qui n’ont rien suivi. Alors dans le dernier opus de Tarantino on suit les aventures de Django (Jamie Foxx), un esclave que vient juste d’acquérir le Dr King Schultz (Christoph Waltz) un drôle de dentiste-chasseur de primes. En effet, Django va l’aider à pister de dangereux criminels, les frères Brittle. Suite à la capture de ces derniers, Schultz et Django s’associent pour traquer les criminels peuplant les contrées du sud des Etats-Unis…

Mais Django, lui, n’a qu’une hâte: retrouver sa femme, Broomhilda. Celle-ci se trouve au service de Monsieur Calvin Candie (Leonardo DiCaprio), un homme puissant et brutal. C’est lorsqu’ils se trouveront dans l’immense plantation de Candie que nos héros seront confrontés à un danger plus grand qu’ils ne le pressentaient…

Django Unchained

Qui aujourd’hui n’est pas familier du cinéma de Tarantino? Bien sûr, son œuvre n’est pas toujours au goût de tout le monde – effusions de sang, brutalité et violence sont ses maîtres-mots, allant de pair avec un humour grinçant, une ambiance nerveuse et des personnages exceptionnels.

Je ne sais moi-même pas exactement où me placer vis à vis de ses films… Il faut savoir que je ne suis pas particulièrement adepte du trop-plein d’hémoglobine et de la brutalité telle qu’elle est (souvent) montrée chez Tarantino. Et pourtant! Il y a souvent dans ses films assez de choses qui me font vibrer pour que je les regarde jusqu’au bout. (En me cachant le visage quand vraiment les images sont trop fortes pour moi. Oui, je l’avoue sans peine.)

Eh bien Django Unchained ne fait pas exception. C’est un film jouissif et incisif, bourré de qualités (mais aussi de défauts, j’y reviendrai plus tard).

Ce qui semble tout d’abord évident à mettre en lumière ce sont les acteurs. Ou plutôt: Christoph Waltz. Il est parfait. Oui, tout simplement. Dès la première minute où on le rencontre dans le film, j’étais séduite. Simple, efficace et badass. Son, euh, moyen de locomotion m’a fait mourir de rire – ceux qui l’ont vu, vous voyez ce que je veux dire, non? (Mais j’ai l’humour facile aussi.)

Et puis c’est formidablement ironique que Christoph Waltz incarne le seul personnage (ou presque) du film qui ne soit pas raciste, alors qu’il est blanc et.. Allemand.

J’ai plutôt bien aimé la prestation de Jamie Foxx, contrairement à beaucoup de personnes me semble-t-il. Certes, il ne brille pas autant que les autres, mais j’ai trouvé qu’il a donné une grande classe à son personnage. Personnage d’ailleurs dont on voit vraiment bien l’évolution, tant dans son physique que dans ses attitudes – les effets de l’émancipation en action..

Et pour finir sur les acteurs, DiCaprio est évidemment très bon. Il réussit sans efforts à rendre son personnage absolument odieux et détestable. (Qui aurait bien besoin d’aller chez le dentiste par ailleurs!)

Mention spéciale aussi à Samuel L. Jackson, presque méconnaissable, et tout aussi détestable que Candie, si ce n’est pas plus. (Et ce n’est pas peu dire.) Son rôle semble quelque peu petit, mais il a, paradoxalement, une assez grande importance. Vous verrez..

Django Unchained est un film qui brille par sa photographie – évidemment, c’est Tarantino. Tout s’enchaîne à merveille et l’image est soignée. Et puis c’est drôle, tellement drôle par moments tant c’est absurde. (Je ne veux spoiler personne, mais mon dieu, la scène de nuit, avec les oppresseurs cagoulés… Une pépite d’absurdité hilarante.)

Le tout est animé d’une bande-son parfaite, comme souvent dans les films de Tarantino. Bref, c’est un excellent divertissement, efficace et savoureux.

Mais il y a plusieurs petites choses qui ne m’ont pas conquise. D’abord, le rythme, et c’est dommage – le film démarre très vite, et le rythme est assez soutenu jusqu’à je ne sais pas, peut-être la rencontre avec Monsieur Candie. Il me semble qu’à partir de ce moment, le film se traîne, et j’ai commencé à trouver le temps long.

La fin du film s’éternise aussi quelque peu. (Et nous rappelle beaucoup Kill Bill, mais ceci est une autre histoire.) J’ai trouvé cette perte de rythme regrettable – le film est vraiment long en plus…

Ce qui est peut-être dommage aussi, c’est un manque de profondeur dans la réflexion même du film; bien que Tarantino montre un personnage noir prendre sa revanche sur ses geôliers, il ne fait justement que le montrer. Aucun réel message n’est transmis d’après moi.

Mais après tout, n’est-ce pas propre à Tarantino? Et c’est peut-être bien ça qui me dérange un peu, au fond, quand je regarde ses films: c’est de la violence gratuite, tout simplement.

(Bon, il est certain qu’il serait simpliste d’avancer cela sans plus d’arguments, mais pardon il est tard, et j’écris un mémoire sur Burton, et non Tarantino, merci.)

Conclusion? Oui, j’ai aimé Django Unchained. Parce que j’ai adoré Christoph Waltz, les dialogues savoureux et l’humour grinçant de Tarantino. La violence, du moins celle que j’ai pu supporter, est aussi jouissive qu’absurde. (Et je repense encore à Kill Bill.) Et les images sont soignées et ingénieusement montées.

Mais si vous cherchez un véritable message, à mon sens, vous n’en trouverez pas vraiment. Mais après tout, on ne se tourne pas vers un film de Tarantino quand on cherche de la profondeur intellectuelle, non?

Qu’en pensez-vous? Avez-vous vu Django Unchained? Je serais curieuse d’avoir vos avis, d’autant si vous n’êtes pas du tout d’accord avec moi sur le message du film, ni sur le cinéma de Tarantino en général!

Bon week-end!

+ J’ai aussi vu Alceste à Bicyclette et Happiness Therapy récemment. Je ne sais pas encore si je vais vous en parler, peut-être… Et je meurs d’envie d’aller voir Gangster Squad. La bande-annonce donne furieusement envie de le voir!

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11 Commentaires

  • Répondre Kissa 8 février 2013 at 9 h 19 min

    J’ai vu Django samedi dernier et comme toujours avec Tarantino, je n’ai pas été déçue. J’aime énormément son style qui verse tellement dans le too much que ça en devient vite une caricature. Particulièrement dans la violence, ces jets de sang couleur (et consistance!) ketchup, c’est… trop. J’ai également du mal avec l’hémoglobine (paradoxal quand on sait que je me suis fait les Saw d’affilés. Tiens, ça me donne envie de les revoir), et pourtant j’ai pas eu de problème.

    Mon homme a été surpris que je désire aller voir Django au cinéma, parce que je déteste les Westerns. Pourtant, même si le film a tout de ce genre, c’est, tout comme le sang, tellement cliché que cela en devient un cliché de cliché. Aussi bien dans l’image, la construction que le son.

    AH, le son. Encore une fois Tarantino s’est bien éclaté à mélanger tous les genres, du classique au rap. Et pourtant, ça passe sans choquer.

    Mon moment préféré ? Juste avant l’attaque de la voiture du « Dentiste ». La fameuse histoire des Cagoules.

    • Répondre Laurelas 11 février 2013 at 19 h 50 min

      Yay – par contre Saw, TRÈS peu pour moi, merci!

      Cette scène des cagoules est incroyable. Tellement absurde! :)
      (Sinon j’ai éliminé ton doublon, quel enthousiasme! :))

  • Répondre Kissa 8 février 2013 at 9 h 20 min

    [Coucou je fais une correction et deux commentaires quasi-identiques sont laissés o/]

  • Répondre Ondine 8 février 2013 at 11 h 28 min

    Ce film est superbe. Il est porté du bout en bout par Christoph Waltz, d’ailleurs ,c’est quand il meurt que le film perds en rythme comme tu l’as si bien dit.

    Personellement, j’adore l’univers de Tarantino. J’ai trouvé génial le fait de montrer une violence hyper exagérée quand elle est contre les blancs – les jets de ketchups, et les situations m’ont fait explosé de rire tout le long, Tarantino adore la catharsis, il l’avait montré dans Inglorious Basterds – et une violence froide, dure et vraiment premier degré quand elle est contre les noirs (la jpeux te dire que plus personne ne rigole).

    L’anglais de Waltz est un plaisir à écouter « My good man, did you simply get carried away with your dramatic gesture, or are you pointing your weapon at me with lethal intention?  » « And in the odd chance there are any Astronomy aficionados amongst you the North Star is… that one.  »
    Il parle un meilleur anglais que les Americains du film ^^

    Par contre il y a un truc qui m’a vraiment, mais alors vraiment déplu dans le film c’est Broomhilda. C’est l’incarnation même de la princesse a secourir, qui n’en branle pas une et qui décroche à peine trois mots du film. Elle ne sert a RIEN, à part a donner un sens à la quete de Django. Elle est belle et fragile, et c’est tout.
    Je sais que Tarantino n’est pas du genre sexiste mais là ca m’a franchement soulé.

    Aussi, Dicaprio, magnifique. Pendant la scene ou il pête un cable après s’etre rendu compte que Django et Schultz lui mentent, à un moment il pête un verre et a plein de sang dans la main (qu’il étale sur la visage de broomhilda), et bah c’est vraiment son sang. C’est dingue, il a pêté le verre par accident et s’est coupé mais a continué a jouer. D’ailleurs il parait que Tarantino sortait leur de la caméra et le regardais, genre WTF? Et Christoph Waltz et Jamie Foxx le regardaient bizzarement pendant une seconde mais on réussi a se contenir.

    Et un autre fun fact, dans Kill Bill II justement, tu te rapelle quand Beatrix est enterrée vivante? C’est dans la « Lonely grave of Paula Schultz », apparement c’est la tombe de la femme de King Schultz qui ne s’est jamais remariée et aurait fini sa vie seule.

    :D

    • Répondre Laurelas 11 février 2013 at 19 h 54 min

      Ah oui? Nice touch, même si j’avais eu vent des diverses connexions généalogiques de ses personnages dans différents films.

      Je suis d’accord pour Christoph Waltz – OF COURSE. Son anglais m’a enchantée du début jusqu’à la fin, un vrai bonheur. Et oui, quand il disparait de la scène, le film a perdu de son intérêt, enfin pour moi…

      Pareillement pour Broomhilda, et c’est dommage – mais bon!

      Et Di Caprio, l’anecdote est chouette (à ressortir en minute culture générale ahaha) et ça prouve que c’est un acteur, un vrai. J’admire. Du coup, c’est totale impro je suppose l’étalage de sang sur la figure de Broomhilda?

      • Répondre Ondine 11 février 2013 at 20 h 26 min

        Ouais il aime bien mettre des petits trucs en communs dans ses films. Bruce Willis qui va butter Zed avec un sabre samouraï dans pulp fiction, Mia Wallace qui joue dans une série qui s’appelle Fox Force Five qui fait beaucoup penser aux Vipères Assassines de Kill Bill, Vicent Vega de Pulp Fiction qui est frère avec Vic Vega de Reservoir Dogs… Ca rajoute de la saveur à l’ensemble :)

        Ouais c’était improvisé, et la scene ils l’ont fait en one take du coup. L’actrice a du flipper quand il lui a étalé sur la figure ^^

        • Répondre Laurelas 12 février 2013 at 22 h 04 min

          TU M’ETONNES, quel acteur ce Leo!

  • Répondre sybille 8 février 2013 at 18 h 02 min

    Pour ma part, j’ai vraiment beaucoup aimé ! Étant une grande fan de Leonardo, je dois dire que je l’ai encore une fois trouvé excellent ! Par contre, j’ai trouvé le film un peu long, surtout que j’étais mal placée…

  • Répondre Justine 8 février 2013 at 20 h 43 min

    Je ne veux pas faire ma snob mais je crois que je déteste Tarantino, j’ai l’impression que d’avoir vu la bande annonce du film m’a fait voir le film, je le verrai quand il passera sur Canal + juste pour Waltz que j’adore !
    Je crois que à part Pulp Fiction et Reservoir Dogs je déteste tous les films de Tarantino (je crois même que Inglorious Basterds est le film que je déteste le plus haha et pourtant il m’en faut pour détester un film). Voilà j’ai bien ragé mais j’ai essayé d’être constructive un minimum en tout cas ! Par contre j’irais voir le « vrai » Django ! Celui qui a inspiré Tarantino qui m’a l’air mieux ! :)

    • Répondre Laurelas 11 février 2013 at 19 h 56 min

      Tiens, pourquoi as-tu détesté Inglorious Basterds? J’ai plutôt aimé, pas forcément la prestation de notre euh (nom d’actrice française)(me souviens plus de son nom) nationale mais pour Christoph Waltz, affreux à souhait.

      Après chacun ses goûts, et je peux comprendre qu’on n’adhère pas au cinéma de Tarantino, moi-même ayant des sentiments en demie teinte vis à vis de ce dernier. Il en faut pour tous les goûts :)

  • Répondre Lila 12 février 2013 at 0 h 10 min

    J’ai vu Django aussi, je l’ai tout simplement adoré. Personnellement je n’y suis pas allée pour trouver une certaine profondeur intellectuelle. J’ai apprécié les dialogues fous, et les images, et la Bande son enfin.
    Et tout pareil que toi, j’attends avec impatience d’aller voir Gangster Squad.