Camille Redouble

Septième Art 27 septembre 2012 Laisser un commentaire

Parfois, je crois que je préfère aller au cinéma seule – c’est juste le film, et moi. Mes émotions, mon ressenti que je ne partage avec personne d’autre, avant de les partager avec vous ici le plus souvent. Et quand je sors de la salle, je suis souvent complètement ailleurs, encore imprégnée de ce que j’ai vu, et le retour à la réalité se fait difficile. Enfin ça, c’est quand j’ai vu un film que j’ai aimé ou qui m’a vraiment touché.

Eh bien figurez-vous que c’est ce qui m’est arrivé avec Camille Redouble. En réalité, je ne m’attendais pas du tout à ce que j’ai vu, ou presque.

Dans Camille Redouble, on rencontre donc Camille (Noémie Lvovsky), 40 ans et en plein divorce, qui semble perdre pied – à l’aube d’une nouvelle année, elle se retrouve soudain projetée dans son adolescence, ses 16 ans. Elle retrouve ses parents, ses amis, et Eric (Samir Guesmi), celui qui deviendra son mari. Et c’est là qu’elle se retrouve confrontée à l’envie de changer son futur – est-ce qu’elle décidera de l’aimer encore, malgré tout?

Après avoir survolé quelques critiques, je m’attendais vraiment à une comédie, quelque chose de léger et drôle. Eh bien, pas du tout. Enfin si, bien sûr, certaines situations sont cocasses, et certaines répliques font inévitablement mouche, mais c’est bien plus qu’une comédie à mon sens.

J’ai trouvé ce film profondément mélancolique en réalité. Camille qui se retrouve dans son passé va chercher à rectifier le présent en essayant de ne pas refaire les mêmes erreurs, ou du moins, ce qu’elle considère être des erreurs. Ne pas retomber amoureuse d’Eric. Sortir avec d’autres garçons. Prévenir la mort de sa mère…

Evidemment, une telle entreprise est d’emblée vouée à l’échec, et c’est ce que Camille va comprendre, petit à petit. La dernière réplique de l’horloger, personnage un peu mystérieux, donne la clef de l’intrigue finalement – qu’il faut choisir d’accepter que certaines choses ne pourront jamais changer.

Je ne sais pas bien pourquoi ce film m’a tant touchée finalement. Il y a quelque chose de très sincère dans le jeu de Noémie Lvovsky, et c’est peut être ça qui m’a convaincue. Et puis l’histoire d’amour entre Camille et Eric semble si simple, si belle et si forte – authentique.

Pourtant, j’ai passé la moitié de la séance à me demander si j’allais finir par aimer le film. Il comporte quelques longueurs, et je ne sais pas, je ne me suis pas tout de suite sentie très proche de Camille. C’est peut-être à cause de ce choix d’avoir gardé les mêmes acteurs pour les personnages, qu’ils aient 16 ou 40 ans – je dois dire que ça m’a un peu déroutée au début (et pourtant je savais que tel avait été le choix de Noémie Lvovsky, qui est aussi la réalisatrice du film).

Et puis la magie a opéré. Les années lycée, les années 80′ et des acteurs plein de fraicheur et très convaincants. J’ai aussi trouvé les scènes de Camille avec ses parents (sa mère est incarnée par Yolande Moreau) très touchantes, un peu étranges peut être parfois, mais touchantes.

Je n’ai pas envie d’évoquer avec vous beaucoup de détails techniques, pas pour ce film – mais l’univers des années 80′ a été savamment retranscrit et c’est assez réjouissant à voir pour ceux qui aiment à se complaire dans la nostalgie (=moi)(même si d’accord, je fais davantage partie de la génération des années 90′, je vous l’accorde).

Même le montage de la bande-annonce laisse uniquement présager d’une comédie tout en légèreté. Alors que j’ai trouvé ce film bien plus mélancolique, étrange, profond et touchant que s’il avait été une vulgaire comédie.

A moins que ce soit ma propre nature quelque peu mélancolique qui s’en mêle?

Mais vous savez, ce n’est pas de la mauvaise mélancolie que j’ai ressentie quand je suis sortie de la salle, et que j’ai remonté le boulevard St. Germain, perdue dans mes pensées – parce que oui, le film reste drôle et positif malgré son caractère dramatique. Non, je ne me contredis pas, c’est juste que c’est un film qui amène à réfléchir, et c’est bien.

Et on comprend que malgré toutes les erreurs que l’on peut faire et fera encore, il s’agit d’avancer en souriant. Alors voilà, j’ai souri, et je vais continuer à sourire, même quand l’impatience qui me caractérise essaiera de m’en empêcher.

(Oui, ce film me fait faire de la philosophie de comptoir.) Avez-vous vu Camille Redouble? Et si oui, qu’en avez-vous pensé? Ça m’intéresse!

+ Petit détail: j’ai beaucoup aimé le générique du début. C’est un détail visuel, mais je l’ai trouvé diablement efficace et joli. Et la musique m’a plu aussi. Voilà.

+ Sinon la semaine dernière j’ai vu Voisins du Troisième Type – inutile de vous faire un dessin, c’est une comédie Américaine complètement loufoque avec… Ben Stiller. Rien que ça, ça devrait vous donner un indice. Et j’ai très envie de voir Savages sinon.

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7 Commentaires

  • Répondre Laura loves clothes 28 septembre 2012 at 10 h 51 min

    Tu m’as donné envie de voir ce film :) ♥

    • Répondre Laurelas 28 septembre 2012 at 19 h 02 min

      Ah ça me fait plaisir d’entendre ça :) merci <3

  • Répondre filou49 28 septembre 2012 at 14 h 19 min

    tiens moi aussi je parle de ce film dans mon billet du jour et comme toi j’ai trouvé le film bien plus mélancolique que ce que la promotion et la bande annonce laisse augurer…ca a pu surement en dérouter certains, moi personnellement, le pape de la mélancolie, j’ai beaucoup apprécié :o)

  • Répondre Zadig 28 septembre 2012 at 20 h 06 min

    J’avais très envie, tu confirmes. Reste à savoir quand, maintenant… Mais seule, ça c’est sûr!!
    Bises

  • Répondre Marion 8 octobre 2012 at 18 h 15 min

    Très envie de voir ce film et Savages comme toi :)
    J’ai aussi vu voisins du 3ème type…

    Bisous!

    M.

  • Répondre Pauline 21 octobre 2012 at 21 h 39 min

    J’ai très envie de voir ce film :). Sinon j’ai vu Savages, je m’attendais à beaucoup mieux.

  • Répondre Amélie 22 octobre 2012 at 19 h 56 min

    J’ai vu ce film par hasard la semaine dernière, je voulais voir « Le magasin des suicides » et je suis arrivée en retard pour la séance donc je me suis ‘rabattue’ sur celui-ci… Et quel heureux hasard!

    Moi aussi, je préfère aller au cinéma seule et là je peux te dire que j’étais servie puisque nous étions seulement deux dans la salle!

    J’ai adoré ce film, il m’a touché, il m’a fait rire, il m’a fait pleurer même… Il m’a fait réfléchir à ces choses que je changerais si j’avais la chance de revenir à mes 16 ans (ou avant)… En bref, tout comme toi, une très bonne surprise :)