Dark Shadows

Septième Art 29 mai 2012 Laisser un commentaire

Dark Shadows

Comme vous le savez (ou pas) Tim Burton fait partie de mes réalisateurs préférés. Diantre, quelle originalité! Cela dit, son univers me plaît tellement, que j’écris un mémoire dessus. (Et toc.)

Quand, il y a quelques mois, j’ai vu la bande-annonce de Dark Shadows, je ne savais pas bien à quoi m’attendre. Puis les avis divergents de mes amis qui l’ont vu avant moi m’ont encore plus déroutée. Enfin, j’ai pu le voir la semaine dernière – épuisée par une interminable journée, mais heureuse.

De quoi ça parle au juste? Dark Shadows, si vous l’ignorez, est une adaptation de la série éponyme diffusée aux Etats-Unis dans les années 60′. On y suit Barnabas Collins, un vampire (Johnny Depp) qui après presque 200 ans enterré, parvient enfin à se libérer des chaînes dans lesquelles Angélique Bouchard, une sorcière, l’avait jeté. Mais nous sommes alors en 1972, et Collinsport, autrefois la gloire de la famille Collins, est désormais dirigé par… Angélique, qui ne semble pas avoir pris une ride.

Barnabas revient alors parmi sa famille afin de mettre un terme au règne d’Angélique ainsi qu’à la malédiction qu’elle aurait jeté sur les Collins.

Dark Shadows

Oui, il y est aussi – évidemment – question d’amour. Car pourquoi Angélique s’acharne-t-elle tant sur les Collins? Parce que Barnabas, ce vil séducteur, lui a brisé le cœur et l’on ne brise pas ainsi le cœur d’une sorcière, oh non…

Dark Shadows ne brille pas par son scénario, mais ça, il fallait s’y attendre. Tim Burton est bien moins narrateur que metteur en scène génial. Et ici, on retrouve l’univers délicieusement gothique et bizarre qui fait la particularité de ses films; créatures fantastiques, château en ruines, passages secrets et secrets de famille. Sans oublier la critique sociale, inhérente au genre littéraire gothique (les peurs et préoccupations de la société se retrouvent en effet souvent dans le roman gothique – pourquoi pensez-vous que les romans gothiques du 19e mettent en scène des histoires en ville, alors que l’industrialisation est partout..?)(pardon, je digresse, appelez-moi Maître ès gothique – d’ailleurs, vous pouvez, j’ai une maîtrise!).

Après tout, critiquer la société (de consommation) Américaine est un des sujets favoris de Burton…

Le casting de Dark Shadows est vraiment très bon – avec une mention spéciale aux femmes! Michelle Pfeiffer est formidable en matriarche de cette famille de freaks et Eva Green, machiavélique et lubrique à souhait est presque touchante en sorcière mal-aimée. Helena Bonham Carter n’est pas en reste, malgré un rôle assez minime, et brille dans son rôle de psychanalyste de comptoir.

Evidemment, Johnny Depp est comme toujours très convaincant, sublimé par une énième transformation Burtonienne, en vampire très distingué et complètement décalé.

Le film est très drôle, ponctué de gags, d’humour noir et d’effets spéciaux. C’est un beau film. Visuellement je veux dire. C’est du Burton, c’est le gothique que j’ai défendu dans mon premier mémoire, c’est tout un univers kitsch, sombre et bizarre qu’on trouvait déjà dans Beetlejuice.

C’est d’autant plus dommage que le scénario soit aussi léger, prévisible, voire incohérent – ceux qui l’ont vu, n’avez-vous pas bondi à la fin, vous disant quelque chose comme « WTF?! »? Le film souffre aussi d’un sérieux problème de rythme, à mon sens. Trop de longueurs, et un rythme assez inégal. Pourtant, le film vous happe dès le début et vous met très vite « dans le bain ».

Un peu déçue par tout ceci, je suis sortie de la salle de cinéma un peu mitigée. Sûre d’avoir aimé, et pourtant, pas certaine d’avoir adoré. (Et puis qu’est-ce que j’étais épuisée aussi!)

Avec un peu de recul, je pense pouvoir dire que j’ai aimé, beaucoup même – parce que c’est Tim Burton. Et parce que je lui pardonne ses erreurs de scénario & cie, car il a quand même réussi à m’entraîner une nouvelle fois dans son univers étrange que j’affectionne tant. Parce que Burton est avant tout un artiste à l’empreinte visuelle bien particulière, et dont, personnellement, je ne me lasse pas.

Et puis si ça nous permet de patienter en attendant Frankenweenie

Vous l’avez vu vous? Qu’en avez-vous pensé?

A très vite!

+ Vous pouvez lire la critique des Inrocks si ça vous chante. L’auteur fait un parallèle intéressant avec le personnage de Rip Van Winkle, de W. Irving (oui, celui-là même qui a écrit la Légende de Sleepy Hollow – la boucle est bouclée) et Barnabas Collins. Pas faux.

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10 Commentaires

  • Répondre Mrs CoOp3r 29 mai 2012 at 19 h 24 min

    ooH comment j’ai adorée !! Par contre a la fin on c’est cru un peut dans Twilight avec la fille qui se change en loup garou ^^ des bises

    • Répondre Laurelas 10 juin 2012 at 19 h 01 min

      Chut, le spoiler! ;)

  • Répondre Léa 29 mai 2012 at 20 h 05 min

    Je n’ai pas adoré mais pas détesté non plus. J’ai bien aimé l’univers mais j’ai trouvé le film lourd surtout au niveau de la musique et le scénario très prévisible… Les acteurs sont très bien par contre.

    C’est quoi ton sujet de mémoire ? Je suis curieuse ! (Je fais des études de cinéma)

    • Répondre Laurelas 10 juin 2012 at 19 h 02 min

      :) Mon sujet n’est pas clairement défini encore, mais j’aimerais bosser sur le côté « artiste » de Burton, qui va au delà de son côté cinéaste. Il y a tellement de choses à en dire!

  • Répondre Zadig 30 mai 2012 at 1 h 49 min

    Ta critique est top, elle est aegumentée et subjective à la fois, j’aime beaucoup et ça me parle plus qu’un point de vue froid et distancé.
    Du coup, j’ai envie de le voir, ce film, juste pour me faire ma propre opinion et essayer de comprendre ce que tu dis, plus précisément!
    NB : ton mémoire doit être passionnant, à lire et écrire, j’imagine?

    • Répondre Laurelas 10 juin 2012 at 19 h 03 min

      Merci beaucoup :)
      En ce qui concerne le mémoire, je dois avouer ne pas encore m’y être mise, vu que je le rends dans un an. Je n’ai pas réellement commencé, mais oui, j’espère que ce sera passionnant :)

  • Répondre Un carnet sans pages 2 juin 2012 at 22 h 00 min

    Bon, alors si tu dis que c’est bien, j’irai le voir. Je n’ai entendu que des avis épouvantables – mais en fait quand je vais voir un film, ce n’est pas tant pour le scénario. Je n’ai jamais vibré pour l’histoire d’un film, je préfère de loin les livres pour la surprise, pour l’épaisseur des intrigues, parce que le temps n’y est pas limité. Je vais surtout voir les films pour leur atmosphère, pour leur beauté visuelle, pour leur réalisation… ça ne me dérange pas de savoir la fin avant. (c’est bizarre? Peut-être !)

    • Répondre Laurelas 10 juin 2012 at 19 h 05 min

      Je ne crois pas que ce soit bizarre, je te suis dans ta réflexion. Qu’on me spoile la fin ne me fait parfois ni chaud, ni froid. J’espère que si tu le vois, tu ne seras pas déçue à cause de ma critique! :)

  • Répondre Anne-Laure 13 juin 2012 at 15 h 16 min

    Oh comme j’aimerais lire ton mémoire ! :)
    La bande-annonce m’avait quelque peu fait peur. Tout ce côté funky-disco, j’avais du mal à reconnaître la pâte Burton. Puis je suis entrée dans la salle de ciné et là, j »étais rassuré. Du 100% Burton. Les personnages, l’ambiance et les décors sont magnifiques. Par contre, comme tu le dis, l’histoire est « gentille » ; mais j’ai tout de même passé un excellent moment.
    Je trouvais que dans ses derniers film, Depp se la jouait trop Sparrow. Là, j’ai réussi à oublier le capitaine Jack pour ne voir que Barnabas. Sinon, comme toi, je n’ai pu m’empêcher de crier un « Ben là » vers la fin du film (rapport à une certaine ado !)

  • Répondre La.Poupée.R 18 juin 2012 at 16 h 03 min

    J’aime beaucoup ta critique ! Je suis d’accord avec toi, notamment quand tu dis : « Sûre d’avoir aimé, et pourtant, pas certaine d’avoir adoré. » Je l’ai bien aimé, mais je m’attendais à mieux. A la fois déçue mais aussi contente, tout comme toi. :)