Eating Animals

Dans ma bibliothèque 3 avril 2011 Laisser un commentaire

Voilà, voilà. Nous sommes en avril (déjà?!) et je me décide enfin à vous parler d’un livre qui me tient vraiment à cœur: Eating Animals (Faut-il manger les animaux en VF) de Jonathan Safran Foer. (Attention, ça risque d’être assez long.)

A moins que vous ne viviez dans une grotte, ou ayez passé les cinq derniers mois dans une retraite bouddhiste, vous ne pouvez pas être passés à côté du phénomène qu’a crée ce livre. Tout le monde en a parlé. Et on en parle encore. En tout cas, moi oui.

Tout d’abord, il faut que vous sachiez que j’ai abordé ce livre en étant végétarienne convaincue. Je le suis depuis toujours. Mes parents sont végétariens, mes grands-parents sont végétariens. Oui, j’ai déjà mangé de la viande, et oui, j’ai aimé (un peu). Mais je suis restée végétarienne. Ce n’est donc pas par (de)goût que je ne mange pas de viande. C’est par conviction.

Je pense qu’il n’est absolument pas nécessaire, dans le monde dans lequel nous vivons, de manger de la viande. Je pense que la cruauté infligée aux animaux est une honte. Je pense que la majorité de la viande produite dans le monde n’en a plus que le nom. Je pense vraiment que ce n’est pas sain. Et je pourrais continuer longtemps à vous énumérer les raisons qui me poussent aujourd’hui à (presque) militer en faveur du végétarisme.

Mais Jonathan Safran Foer en parle beaucoup mieux que moi (qui ai tendance à m’enflammer, je l’admets).

J’aimerais que la lecture de ce livre soit obligatoire, tellement il est intelligent, bien pensé et très bien documenté. (Quand je vous disais que je m’enflammais rapidement…) Safran Foer est végétarien. Mais il ne l’a pas toujours été. Dans Eating Animals, il parle notamment de son rapport avec la nourriture et relate certaines anecdotes (comme celle de sa grand-mère juive, qui a préféré presque mourir de faim plutôt que de manger de la viande de porc pendant la seconde guerre mondiale) personnelles et familiales. Il est devenu végétarien suite à la naissance de son fils. Il s’est posé des questions quant à l’alimentation de ce dernier, et ces questions, il les pose tout au long du livre.

Il n’a donc pas un point de vue de végétarien convaincu (en tout cas, pas au début de ses recherches). Il s’interroge, cherche à comprendre comment fonctionne l’élevage à échelle industrielle, infiltre des abattoirs et autres batteries, correspond avec des petits éleveurs, ceux qui ont pu, malgré tout, garder un fonctionnement traditionnel, ou avec des militants de la PETA et tout ça, il le partage avec nous. Ses découvertes, sa correspondance et les réflexions qui en découlent.

Très honnêtement, il m’est très difficile de résumer ce livre en quelques mots, alors je vais laisser les mots parler d’eux-mêmes. Pardon d’avance, c’est en anglais car je l’ai lu en VO, et je ne cherche pas à traduire, tout simplement car le passage d’une langue à une autre entraîne souvent un appauvrissement… (Le titre en VO est par exemple beaucoup plus ambigu que celui en VF. Eating Animals correspond autant à l’action de manger des animaux qu’au fait que nous-mêmes soyons des « animaux qui mangent ». See?)

« Animal agriculture makes a 40% greater contribution to global warming than all transportation in the world combined; it is the number one cause of climate change. » (p.43)

« It’s often said that nature, ‘red in tooth and claw’ is cruel. (…) But nature isn’t cruel. And neither are the animals in nature that kill and even occasionally even torture one another. Cruelty depends on an understanding of cruelty, and the ability to choose against it. Or to choose to ignore it. » (p.53)

« Chicken factory farms (…) are basically the same: all birds come from similar Frankenstein-like genetic stock; all are confined; none enjoy the breeze of the warmth of sunlight; none are able to fulfill all (or usually any) of their species-specific behaviours like nesting, perching, exploring their environment, and forming stable social units; illness is always rampant; suffering is always the rule (…) death is invariably cruel. » (p.136)

« Ethical meat is a promisory note, not a reality. Any ethical-meat advocate who is serious is going to be eating a lot of vegeterian fare. » (p.257)(il parle ici du cas des USA, mais ce n’est guère différent dans nos contrées…)

« Rationally, factory farming is so obviously wrong, in so many ways. (…) But food is not rational. Food is culture, habit and identity. » (p. 263)

(Si je m’étais écoutée, j’aurais cité le livre entier…)

Je le redis, je pense que ce livre est une lecture nécessaire. Parce que je crois que tout le monde sait que l’élevage animal de nos jours, c’est cruel. Mais très peu savent à quel point ça l’est. A quel point ça joue un rôle dans la propagation de virus de plus en plus virulents. Etc. Même moi, « la » végétarienne, j’ignorais beaucoup, beaucoup de choses quant à l’élevage à échelle industrielle.

Mais je sais aussi que beaucoup de personnes (j’en connais) vont délibérément ignorer ce livre, tout comme mes propos, car ils ne veulent pas regarder la réalité en face. Préférer faire l’autruche pour continuer à manger de la viande en ayant bonne conscience. Je crois que c’est l’attitude qui me choque le plus. Comment peut-on choisir d’ignorer la réalité?

Je fume, un peu, parfois, alors que je sais très bien que c’est pas très, très bien. Je ne me dis pas que « oh non, voyons, la cigarette, c’est très sain ». Je fume en connaissance de cause. Oui c’est très bête, mais c’est bien moins naïf que de tenir à manger de la viande en ayant un semblant de bonne conscience. (Je trouve.)

Et puis il y a ceux qui me disent « oh, je mange très peu de viande moi ». Encore une fois, ça prouve à quel point ils veulent avoir bonne conscience… Alors que justement, ça montre qu’ils n’en ont pas. Et cinq minutes après, ces mêmes personnes me demandent « mais qu’est-ce que tu manges au juste? »… (Logique.)

Cela dit, il y a quelques années, hormis ma famille, je connaissais une seule autre végétarienne. Depuis, je suis allée en Angleterre, et me suis fait plein d’amis végétariens. Je rencontre aussi de plus en plus de véritables végétariens (français). Et j’ai des amis qui le sont devenus récemment. Ce qui m’étonne et me rend optimiste à la fois.

Car finalement, un an en Angleterre + Eating Animals, et je suis devenue (presque) militante. Je suis quasiment végétalienne qui plus est en ce moment. (Quasiment, car ce n’est pas mon but, mais j’expérimente beaucoup ces derniers temps.)

Eating Animals, m’aura appris plein de choses. Des choses que j’aurais préféré ignorer moi aussi, des choses qui m’ont tellement révoltées et/ou attristées que j’en ai pleuré (de rage souvent) et quand j’ai terminé ce livre, je dois bien admettre que j’en ai voulu à la terre entière. Parce que je ne comprends pas. Je ne comprends pas comment l’humain s’est abaissé à tant de cruauté et d’ignorance.

Mais je reste optimiste, et vous conseille vivement ce livre. Ne vous inquiétez pas, Jonathan est beaucoup plus tempéré que moi. (J’ai parlé avec mon cœur, ne m’en tenez pas rigueur.)

Pour en savoir plus sur le livre, vous pouvez aussi visiter son site officiel.

N’hésitez pas à parler de tout ceci dans les commentaires, mais je sais que ce genre de débat ne mène souvent à rien, j’ai arrêté d’argumenter avec les détraqueurs du végétarisme. (C’est fatigant vous savez.)

Enfin, cet article inaugure une nouvelle catégorie, dans laquelle je parlerai de mes lectures. Mais comme les journées de 72h n’ont toujours pas été inventées, et que par conséquent, j’ai bien peu de temps pour lire « pour moi », j’ignore à quelle fréquence cette catégorie sera alimentée…

Passez un bon dimanche!

Photo: Source.

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30 Commentaires

  • Répondre marjorie 3 avril 2011 at 11 h 32 min

    Tu es ma plus vieille copine du net et tu es la première végétarienne que j’ai rencontrée. Avec toi aujourd’hui: j’en connais et fréquente 3.
    Je ne te considère pas comme militante et c’est JUSTEMENT pour ça que je t’écoute. Les deux autres végétariens que je fréquente ne le sont pas non plus et c’est très bien parce que du coup: je m’ouvre à ça et je mange de moins en moins de viande. Je fais de plus en plus attention à sa provenance (pour des raisons éthiques comment pour des raisons de santé: les gens, la viande industrielle est de la viande dégueulasse, blindée d’antibiotiques et surtout de la viande qui a mangé de la viande, GROSS)
    Je ne suis pas végétarienne mais je le suis de plus en plus dans mes habitudes alimentaires. Et ça, ça me plait.

    • Répondre Laurelas 3 avril 2011 at 13 h 31 min

      Et ça c’est chouette :) Je ne suis pas vraiment militante c’est vrai, mais j’essaie de transmettre mes convictions, et c’est en cela que je suis moins « passive » qu’avant.

  • Répondre NinaSotteFille 3 avril 2011 at 12 h 15 min

    Ce livre m’intéresse beaucoup, je l’ai déjà vu en magasin mais j’aimerais l’acheter en format de poche plutôt alors je vais attendre un peu.
    Je suis plutôt carnivore de mon côté, en fait ma maman (j’habite chez mes parents et ce sont eux qui cuisinent) est très sensible (et moi aussi en fait) au côté malsain de la production actuelle de viande, de la façon dont les animaux « vivent » avant de passer à la casserole (si on peut encore appeler ça vivre) et elle a vraiment essayé de diminuer les quantités de viande mais ça ne se passe pas très bien parce que je me sens vraiment faible très rapidement avec une alimentation comme ça. Je sais bien qu’on ne change pas son alimentation du jour au lendemain mais enfin, je ne pensais pas que je sentirais si fort le manque de protéines animales.
    Quoi qu’il en soit, je ne pense pas devenir végétarienne un jour mais je me sens vraiment concernée par le parcours de ce qui arrive dans mon assiette. Petite, je passais des vacances à la campagne et du coup, je ne suis pas choquée de manger des animaux ou de les élever pour les manger, dans les fermes où j’allais c’était un cycle très normal et les animaux étaient bien traités, bref, je ne trouve pas ça cruel outre mesure. J’essaye donc de choisir au maximum des aliments issus d’élevages en plein air même si ça coute nettement plus cher. J’espère que si beaucoup de gens se tournent vers ce genre de consommation, les éleveurs vont s’y mettre, même si leur intention est de faire du profit et pas d’être moins cruels, ce qui compte c’est le résultat!
    Et puis, on mange trop de viande, ce n’est même pas bon pour nous, alors pourquoi continuer?

    • Répondre Laurelas 3 avril 2011 at 13 h 36 min

      Exactement! Dans un premier temps, j’aimerais que tout le monde soit aussi concerné que toi tu sembles l’être. C’est la moindre des choses. Sinon, c’est fou que tu ressentes les effets du manque de viande si vite. Bon, j’ai été élevée comme ça, donc ça ne m’a jamais « manqué ».. Et puis tu sais, c’est moins les protéines que le fer qui risque de te manquer, surtout en tant que femme. Vive les épinards; le tofu; les lentilles! ;)

  • Répondre cherrylou 3 avril 2011 at 12 h 21 min

    J’étais très impatiente de connaître ton avis sur ce livre que je n’ai pas encore eu l’occasion de lire (est ce que je dois dire que j’ai un peu d’appréhension?)
    Quand je suis devenue végétarienne il y a quelques années, c’était par goût, n’ayant jamais été fanatique de la viande en général. Mais petit à petit, les convictions ont pris le dessus, et aujourd’hui je n’ai plus un doute. Je ne milite pas vraiment, mais j’essaie de partager mes convictions au maximum. J’évite par contre les débats stériles où l’on me sort « Mais tu manges quoi?/Ta salade elle a une conscience aussi »
    Je veux bien croire que manger des animaux peut-être « naturel », mais les conditions d’élevage sont tellement inhumaines que consommer un pauvre steak haché n’a plus rien de « naturel ».
    Je pense aussi que ce livre devrait être lu par un maximum de gens, au moins pour qu’ils réalisent, pour qu’ils se rendent compte…

    • Répondre Laurelas 3 avril 2011 at 13 h 36 min

  • Répondre Girlonthecouch 3 avril 2011 at 13 h 03 min

    Ce livre m’intéresse aussi, mais je vais attendre un peu parce que l’an prochain je retourne habiter chez ma grand-mère, et je sais que ça va être difficile de la faire changer d’habitudes alimentaires. Ça fait un moment que j’envisage le « passage à l’acte », cela dit je pense que je continuerai quand même à manger de la viande, beaucoup moins, mais achetée chez le boucher du coin, ou à tout autre endroit qui me garantira une production *respectueuse* ou du moins de qualité. Je te trouve un peu dure avec les gens qui ne veulent pas arrêter complètement, ça n’est pas « juste pour se donner bonne conscience », c’est aussi que malgré tout la viande c’est BON (comme tu l’as découvert), et si on vérifie bien d’où elle vient, il n’y a pas de raison non? Je me pose la question du « quand s’arrêter » aussi, parce qu’à ce moment là il ne faut plus manger d’oeufs, ni de lait, ni rien…
    donc je comprends ton point de vue, mais moi de mon côté je préfère revoir ma consommation à la baisse et manger des produits de meilleure qualité.

    • Répondre Laurelas 3 avril 2011 at 13 h 48 min

      Ce n’est pas tant les gens qui réduisent leur consommation que j’ai « attaqué » dans le paragraphe en question (parce que comme tu peux le lire dans les commentaires plus haut, je ne souhaite que cela, dans un premier temps, que tout le monde se mette à réfléchir, et à trouver une façon « éthique » de manger de la viande, moins, mais mieux, c’est un compromis que je préfère) mais plutôt ces gens, nombreux, que je croise encore et toujours, avec lesquels j’ai souvent partagé des repas, et qui m’ont sorti tour à tour que eux aussi mangeaient que très peu de viande, puis la seconde d’après me demandent ce que je mange au juste. C’est pas un putain de paradoxe? Ils devraient savoir « ce que je mange », si ils mangent réellement peu de viande. Évidemment, ils ont dans leur assiette de la viande à ce moment-là aussi..

      Sinon, oui la viande c’est « bon » mais honnêtement, sans assaisonnement, je ne sais pas. Je ne suis pas experte non plus, n’en ayant jamais cuisiné ;) Cela dit, c’est pas parce que j’aime fumer que je n’arrêterai pas un jour. On peut aimer quelque chose qui n’est pas sain. Et malgré qu’on aime cette chose, son goût, etc, il n’empêche que c’est mauvais. See?

      Enfin, pour le lait, les œufs.. Je ne suis pas végétalienne, et ne le serai sans doute jamais complètement. J’ai dit dans mon article l’être beaucoup en ce moment, car j’expérimente beaucoup. Je ne bois plus de lait de vache (enfin, pas chez moi, au travail, mon café au lait, reste du café au lait de vache..) et viens de tester le « vegan cheese » qui m’a agréablement surpris. Je mange des œufs, du fromage, etc. Mais uniquement bio. Je ne suis pas aussi radicale que ça finalement. Je ne mange pas de chair animale, mais pourquoi me priver de ce que l’animal produit? Une abeille continuera de produire du miel, que nous l’exploitions ou non. Une poule continuera à pondre des œufs.. Etc. Tant que l’exploitation est respectueuse, pourquoi pas? Alors pourquoi ne pas faire de même avec la viande? Un compromis, je me répète, que je préfère à la situation actuelle.

      ;)

  • Répondre Victoria 3 avril 2011 at 14 h 37 min

    Je suis contente d’avoir ton avis là-dessus, et j’imagine à quel point ça a dû te conforter dans ton mode de vie, et dans tes idées.
    Par contre je ne comprends pas très bien ce que tu dis sur les gens qui veulent avoir bonne conscience. Personnellement je suis pile ce genre de personnes qui disent « je mange très peu de viande », mais je n’ai pas spécialement ni bonne conscience ni mauvaise conscience. Je suis très sensible à l’alimentation, j’ai mangé bio toute ma vie chez mes parents, etc etc… enfin bref, tu me connais :) et si j’avais la force, je sais que je deviendrais végétarienne. Mais simplement je n’ai pas envie de renoncer à la chose que j’aime le plus au monde, c’est à dire le jambon serrano (surtout le jambon ibérique en fait), et au poisson. C’est clairement égoïste si on voit ça du point de vue « végétarien militant » effectivement, mais pour moi ce n’est pas un crime, parce qu’en fait je trouve que manger très peu de viande comme moi, c’est juste une manière de s’opposer au consumérisme ambiant, à la production ultra-excessive de viande. On pourrait le voir comme une attitude lâche mais je ne pense vraiment pas que c’est ça. Moi dans mon monde idéal, on produirait très très peu de viande, et surtout on la produirait avec respect. Le monde serait moins pollué, les animaux souffriraient peu de notre cruauté, et ceux qui aiment vraiment le goût de la viande pourraient en profiter mais dans la limite du raisonnable.
    Voilà, pour donner mon avis là-dessus, parce que j’avais l’impression que tu parles de gens comme moi, mais peut être que je suis à côté de la plaque, je ne sais pas! En tous cas tu sais à quel point j’accepte et je soutiens ton végétarianisme et qui sait, peut être qu’un jour je serai assez forte pour l’adopter aussi. Ce que je ne veux pas, c’est m’y mettre d’un coup comme par effet de choc et de mode suite à ce livre, mais vraiment faire un chemin sincère dans ma tête.

    • Répondre Laurelas 3 avril 2011 at 14 h 55 min

      Hmm. Ce que je voulais surtout dire d’une part, comme je l’ai ré-expliqué dans le commentaire qui précède le tien, que ce sont ces gens hypocrites qui me disent d’abord « je mange très peu de viande » puis « mais tu manges quoi?! » (true story, ça m’arrive très souvent) qui me fatiguent puis, d’autre part, disons que dire « je mange très peu de viande » prouve que ceux qui le disent savent qu’il y a un « problème » dans notre monde actuel avec la consommation/production massive de viande. Et qu’ils consomment réellement peu de viande, ou me le disent à moi, la végétarienne qu’ils ont en face d’eux, je pense un peu que c’est une façon de déculpabiliser, ne serait-ce qu’inconsciemment.

      Je ne condamne pas vraiment, c’est normal, manger de la viande fait partie de notre (enfin votre, vu que clairement j’ai pas été élevée de cette façon) culture, et je réagis exactement pareil avec la cigarette quand je dis que je fume très peu. Mais un jour j’arrêterai pour de vrai. Parce que je sais que c’est malsain. Quelque part, j’aimerais que tout le monde fasse de même avec la viande. C’est mon utopie à moi. (Bien que ton monde idéal est – je me répète – un bon compromis. Sauf que je veux zéro souffrance pour les animaux, si possible. On leur prend déjà leur vie pour se nourrir de leur chair, autant leur assurer une belle vie, et une fin respectueuse)

      Par ailleurs, tu sais que malgré le ton un peu (volontairement?) provocateur que j’adopte, je suis tolérante envers les « mangeurs de viande »… Du moment qu’ils le sont avec moi. Et qu’ils sont respectueux et soucieux de l’animal qui a fini dans leur assiette.

      Voilà, j’espère que ça a un peu éclairé mes propos ♥

  • Répondre RoseCassis 3 avril 2011 at 18 h 25 min

    Je suis devenue végétarienne il y a un an, surtout pour des questions éthiques et environnementales et je me sens aujourd’hui beaucoup mieux physiquement et mentalement.
    J’ai fini Eating Animals il y a environ un mois et je suis d’accord avec tout ce que tu dis. Certains passages étaient vraiment très durs à lire, mais j’ai aimé le fait que Foer n’épargne rien au lecteur. J’ai aussi appris des choses même en étant déjà pas mal informée. La seule chose qui me chiffone un peu c’est que Foer parle de la production de viande de façon très détaillée certes mais si mes souvenirs sont bons il n’évoque jamais les produits animaux. Malheureusement, si je continue à boire du lait, à manger du fromage et des oeufs je perpétue encore ce modèle de l’élevage industriel très cruel. Me nourrir de produits animaux en soit ne me gêne pas mais acheter et manger des oeufs de poules, même bios et provenant d’élevage en plein air me pose problème. Je ne suis pas végétalienne, et comme toi je pense que je ne le serai jamais totalement parce que c’est trop difficile de l’être en France si l’on veut pouvoir manger en dehors de chez soi de temps en temps. J’élimine progressivement ma consommation de lait et d’oeufs et j’espère pouvoir arriver à moins manger de fromage. Comme tu dis, il suffit juste d’expérimenter !
    Tout ça pour dire que en tant que végétarienne je perçois maintenant le paradoxe de ne plus manger de viande mais de continuer à consommer le lait d’une vache qu’on exploite et qui finira à l’abattoir.
    Enfin que les choses soient claires, je ne crache pas dans la soupe, le livre de Jonathan Safran Foer est vraiment formidable et je suis certaine qu’il a éclairé pas mal de monde et j’espère convaincu des gens à limiter leur consommation de chair animale.

    • Répondre Laurelas 3 avril 2011 at 22 h 50 min

      Oui en effet, il parle assez peu de tout ça, du point de vue végétalien disons, et c’est peut être dommage, mais oui, encore une fois, être végétalienne n’est pas mon but ultime, même si je réduis ma consommation de lait/œufs/etc :)

  • Répondre marjorie 3 avril 2011 at 22 h 11 min

    @Rose Cassis: les vaches laitières ne sont pas des vaches à viande et ne finiront pas à l’abattoir. Un de mes cousins est agriculteur et ses vaches passent leur temps dans les champs et produisent du lait mais ne sont pas destinées à l’abattoir.

  • Répondre RoseCassis 3 avril 2011 at 22 h 38 min

    @Marjorie Selon mes sources, il paraîtrait que les vaches ne produisant plus assez de lait (vers l’âge de 5 ans) se retrouvent à l’abattoir et sont transformées en viande… Mais il est clair que tous les agriculteurs ne doivent pas suivre cette norme ! De même que sans parler de l’abattoir certaines vaches ont plus de chances que d’autres quant au traitement reçu.

    La chose est mieux expliquée ici :
    http://www.vegetarisme.fr/vegetarien.php?content=vegetarien_vegetalien

  • Répondre marjorie 3 avril 2011 at 22 h 46 min

    Oui, je me base sur l’exemple de mon cousin.

  • Répondre lolita 3 avril 2011 at 23 h 01 min

    Comme mon grand-père Guy dit : « tout est bon à petite dose ».
    Et je pense que c’est vrai. Personnellement je mange de la viande, j’adore ça mais ma consommation est limitée à une fois par semaine (et si c pas de la viande ce sera du poisson) car avec mon copain on préfére patienter et avoir un vrai poulet organic, ou allez à « the better food » et acheter un vrai steak qui vient de la ferme du coin , avec tout les bnes choses que cela implique. Pareil pr les oeufs all free range, les légumes organic,à lire chaque emballage,ect. Sincérement la diffèrence est grde niveau goût qui qu’on est beau dire.
    Je pense que le gros problème est que les gens sont greedy and lazy. tjrs plus et plus (et biensûr à moins prix)! car si tout le monde voulait payer le prix pr mangez organic, avec respect , cusiner, ect je pense que les choses seraient diffèrentes, et que la consommation serait bcp moins grde, et les conditions des animaux totalement respecter.
    Mais biensûr cela à un coup… qd je vois 2 poulet au prix de 5£ a tesco , et que mon poulet je vais le payer 14£ , cest sûr que la diffèrence est énorme. Mais c’est un choix que tout le monde pourait faire.
    Après je pense vraiment que c’est un ensemble…

  • Répondre Camille 4 avril 2011 at 0 h 18 min

    Boooon.

    Alors, déjà, je dois te dire merci, parce que ce billet est vraiment bien écrit. Je veux lire ce bouquin depuis quelques temps, mais j’attends d’avoir fini mon année pour m’y mettre, je sais que c’est un bouquin que je veux lire l’esprit totalement libre!

    Je suis pas exactement végétarienne, parce qu’il m’arrive de manger des sushis (et que quand j’en mange, dans mon plateau, il y a toujours un california au saumon), mais je n’aime pas la viande.
    J’ai arrêté d’en manger un peu du jour au lendemain, à cause de tout autre chose (mon anorexie, en fait), et quand je m’en suis sortie, de cette maladie, le truc qui est resté, c’est de faire attention à mon alimentation.
    Plus comme avant dans les quantités, mais vraiment dans la qualité.

    Je n’ai ceci dit jamais été une grosse carnivore, même si je fais figure de vilain petit canard sur ce point dans ma famille..

    Maintenant, j’essaie de fournir à mon corps tout ce dont il a besoin autrement, je commence à découvrir les graines, la multitude de céréales, et j’aime de plus en plus. J’ai toujours adoré les fruits et les légumes, donc c’est pas vraiment un sacrifice ni rien, et c’est pour ça que je peux pas trop dire que je suis végétarienne, parce que c’est surtout par goût que c’est venu.

    Mais maintenant, plus ça va, et plus j’ai envie que les choses bougent, parce qu’outre le côté « cruel » à l’animal, il y a aussi le côté écologique qui me touche, et quand je vois l’energie gaspillée à élever-tuer-transformer un boeuf qui était tranquille dans son près à bouffer de l’herbe en saluant ses copains, ça me tue un peu.
    Surtout, surtout, surtout, quand on se rend compte que la viande c’est pas franchement essentiel à notre survie, puisque, ô, surprise, les végétariens ne sont pas des petites choses en mauvaise santé.

    Alors après, oui, bien sûr, on peut aussi me dire à moi que je ne mange pas que bio (oui be non, ça reste encore cher), que j’ai un téléphone portable, que j’ai 2 ordinateurs chez moi, que je m’habille chez H&M, et je sais bien, je ne suis pas prête à revenir à l’ére om les gens mangeaient des baies habillés de peaux d’ours, mais je crois juste que c’est important que chacun prenne conscience qu’au delà du simple fait de manger ou pas de la viande, il est primordial d’accorder un MINIMUM d’importance au contenu de son assiette.

    Bref.

    Et pour finir, j’ai envie de baffer les gens qui se permettent des commentaires sur le végétarisme. Je ne t’emmerde pas quand tu bouffes une côte de boeuf, laisse moi manger ma poêlée de quinoa-poivrons-oignons-moutarde tranquille. (ceci est un message pour tous les casse couilles de la planète.)(et soit dit en passant, le quinoa, putain que c’est bon)

    Ah, et concernant le végétalisme, je suis comme toi, je fais pas mal d’expérimentations en ce moment, et je m’éloigne quand même de plus en plus du côté animal de la force.. Je lâche de + en + le lait de vache, les oeufs j’en mange je pense une fois par an, etc etc..
    mais bon, quand même, le fromage, je peux pas encore m’arrêter!

  • Répondre Camille 4 avril 2011 at 0 h 19 min

    (Euh… Oups, je crois que je me suis un peu emportée…)

  • Répondre Alexiane 10 avril 2011 at 19 h 08 min

    Uuuuh, il faut que je l’achète ce livre, je l’ai noté dans ma « wishlist ».

    Je ne suis pas végétarienne, enfin pas encore, mais plus ça va plus je le « deviens ».

    Chez moi ça a toujours été viande, et j’avoue que je trouvais ça bon.
    Mais c’est la sauce, l’assaisonnement, ce qui est servit avec qui joue pas mal…
    J’ai eu le « déclic » il y a peu moi, avec un livre d’Allen Carr, La méthode simple pour perdre du poids ou il parle de la viande.
    D’ailleurs je te conseille la méthode simple pour en finir avec la cigarette pour arrêter de fumer, ça a marché avec moi, plus d’un an et demi que j’ai arrêté du jour au lendemain plus que facilement :)

    Bref, et dans ce livre en gros il dit que la viande n’apporte rien (une fois cuite) car toutes ses protéines et compagnie on été détruites pendant la cuisson, le seul goût qu’elle a provient de l’assaisonnement etc. Il dit que les seuls vraies choses bonnes à manger sont les choses naturelles, non retravaillées, cuisinées etc: fruits, légumes, graines, céréales…
    La viande crue, à l’état naturel ne donne vraiment pas envie en général, personne ne la mange comme ça, on ne découpe pas un lapin et hop on le mange direct.

    Il dit aussi que si l’homme était vraiment un carnivore, si il était vraiment fait pour manger de la viande sa première réaction face à un animal serait comme une lionne face à une antilope. Or à ce que je sache n’importe quel homme trouve les animaux beaux, mignons, il les caresse, en prend soin. Il n’a pas le réflexe de les tuer/manger.

    Bon ce que je dis là est un gros résumé, et certainement pas aussi clair que dans le livre.
    Mais tout ça pour dire que je commence à prendre conscience de tout ça, l’odeur de la viande cru ou cuite me dégoûte un peu plus chaque jour.

    Alors après bon… Je continue à manger de la viande blanche, du mc do, du hachi parmentier… Je suis encore loin d’être végétarienne au fond.

    Mais en même temps, je crois qu’il en parle aussi dans le livre, la plupart du temps les gens ne réalisent pas que ce qu’ils ont dans leur assiette c’est tel ou tel animal.
    C’est un bout, juste un bout cuisiné, avec une « jolie » forme. J’entends par là que c’est tellement retravaillé, il se passe tellement de choses, c’est tellement différent entre l’animal découpé et le bout dans notre assiette…
    Du coup c’est devenu normal pour les gens, ils ne réalisent pas, n’y pensent pas et ne cherchent pas à savoir d’ailleurs.
    Personne ne veut assister à la découpe d’un animal, voir des vidéos tournées dans des abbatoirs… Pourtant ils sont bien comptant et ne réalisent pas une fois qu’ils ont leur bout de viande dans leur assiette…

    Bon, allez, j’arrête, mais je vais lire ce livre.
    Et relire celui dont je te parle sous peu d’ailleurs.

  • Répondre Laurelas 18 avril 2011 at 17 h 29 min

    Merci encore à toutes pour vos commentaires – je vois que la question du végétarisme en « travaille » plus d’une et honnêtement, moi, ça me fait plaisir. J’ai l’impression que le monde change « en bien » et que maintenant, beaucoup réfléchissent à ce qu’ils ont dans leur assiette. Merci pour vos avis, et témoignages, amies veggie, futures veggie ou tout simplement veggie friendly :)

  • Répondre Lilith 18 avril 2011 at 19 h 51 min

    Juste pour dire que j’ai très envie de lire ce livre. Je ne suis pas végétarienne, je mange peu de viande mais je suis bien consciente que l’industrie agro-alimentaire est devenue terrible et nocive.
    J’aimerais pouvoir espérer qu’un jour, qui sait, tout cela sera remanier en profondeur. Comme une révolution industrielle! (fol espoir)

    Quant au débat sur le végétarisme, je préfère ne pas m’en mêler : A chacun ses convictions et son respect envers autrui =)

  • Répondre Hilja 28 mai 2011 at 9 h 29 min

    Je l’ai lu aussi et il m’a fait le même effet coup de poing. Ca va faire un an que je suis végétarienne (végétalienne à mi-temps aussi XD); mes proches pensent que c’est une lubie, que de toute façon, j’ai toujours été une hypersensible, mon mari me met au défi de tenir ce « régime » toute ma vie. Mais aucun n’a eu les c******* de regarder Earthlings ou de lire ce bouquin, car tous savent ce qu’ils vont y trouver et ne sont pas près à voir menacé leur confort carnivore par une vérité évidente. Personne n’aime se remettre en question.

    Elisabeth F.T.

  • Répondre Philosophie de l'alimentation | ~ Everything Is Lovely ~ 10 juillet 2011 at 13 h 01 min

    […] L’article que ma copine Laurelas avait consacré à ce livre sur son blog m’avait interpellée et j’avais noté la référence du livre pour le lire. […]

  • Répondre Whatever Works » Blog Archive » Extremely Loud… (Concours) 20 février 2012 at 10 h 34 min

    […] que cet Oskar Schell, je l’avais déjà rencontré auparavant, sous la plume de J. S. Foer, dont je vous avais déjà parlé lors de la sortie de son livre Faut-il Manger les Animaux?, dont le livre Extremely Loud & Incredibly Close trône depuis des mois dans ma bibliothèque […]

  • Répondre Oélia 7 mai 2012 at 14 h 33 min

    Bonjour, j’ai beaucoup aimé ce livre et votre avis sur celui-ci alors je me suis permise de prendre une partie de votre texte pour la mettre sur mon blog (http://vegan.skyrock.com/). J’ai posté un lien vers cette page et signalé que le texte venait de vous. Si ça vous dérange, je peux le supprimer. Voilà, je voulais juste vous en informer.

    Sur ce, bonne continuation et bonne journée.

    • Répondre Laurelas 7 mai 2012 at 15 h 41 min

      Pas de souci, du moment que tu as signalé que le texte venait de moi, ce que tu as fait :) Merci, et bonne continuation à toi!

  • Répondre Dis-moi ce que tu manges, je te dirai qui tu es... | Whatever Works 13 octobre 2012 at 20 h 34 min

    […] n’êtes pas sans savoir que je suis végétarienne depuis… toujours. J’en ai déjà parlé, et si vous me suivez un peu ailleurs (notamment sur Twitter) vous savez à quel point la cause […]

  • Répondre Eating animals.* | 9 mai 2013 at 21 h 29 min

    […] entendu parler de ce livre sur le blog de Laurelas, puis sur celui de La Méchante, et je l’avais déjà sûrement vu en librairie. […]

  • Répondre audreyy 20 juin 2013 at 22 h 42 min

    Je ne connais pas ce livre .. j’ai du vivre dans une grotte! :). Je pense que je vais le lire . Ca fait 5 mois maintenant que je suis végétarienne et 2 mois que je suis végétalienne . L’entourage accepte plus le végétarisme que le végétalisme je trouve , je passe pour une « folle  » à chaque fois :p . Mais ce n’est pas ça qui va me stopper non non !
    Je m’en vais parcourir les autres articles de ton blog que je découvre avec plaisir :)