Nebraska

Septième Art 3 avril 2014 Laisser un commentaire

Nebraska

Dites, ça fait drôlement longtemps que je ne vous ai pas parlé de cinéma, non? Eh bien, je viens juste de voir Nebraska, et il faut que je vous en parle, là, pendant que c’est encore tout frais dans mon esprit.

Pourtant, j’ai été au cinéma, pas énormément car je trouve que cette fin de mois de mars a été assez pauvre cinématographiquement parlant (j’aurais bien voulu voir Un Été à Osage County, mais il a disparu très vite des écrans…) et que, comme toujours, je manque de temps. Mais j’ai vu Monuments Men et je voulais vous en parler, et puis… Le temps est passé. J’ai aussi vu Her, mais le film m’a laissé dans un trouble si grand que j’ignore si j’arriverai à vous en parler un jour.

Bref, revenons-en à Nebraska!

Le film suit Woody Grant (Bruce Dern), un vieil homme un peu sénile, et surtout un peu perdu qui croit dur comme fer qu’il a gagné un million de dollars. Il essaie par tous les moyens de se rendre à Lincoln, dans le Nebraska, pour récupérer son gain. Malgré les protestations de sa mère (June Squibb), son plus jeune fils, David, (Will Forte) finit par accepter de conduire son père jusqu’à Lincoln.

Mais David n’est pas dupe, et sait très bien que le million de dollars n’est qu’une arnaque, mais il espère que ce voyage lui permettra de se rapprocher de son père… En chemin, ils se trouvent forcés de faire une halte à Hawthorne, là où Woody a grandi, et soudain, le road-trip se transforme en réunion de famille – pour le meilleur, et pour le pire!

Nebraska

Nebraska est une douce tragi-comédie où la mélancolie côtoie à la fois l’ironie et l’émotion – c’est juste, et c’est fin.

Sur fond d’Amérique profonde, on suit le cheminement de ce drôle de couple formé par Woody et son fils. L’un est sénile, légèrement porté sur la boisson et tout à fait déterminé à chercher ce million de dollars imaginaire, tandis que l’autre, désabusé après une rupture, semble accueillir l’idée de ce voyage impromptu avec l’air de quelqu’un qui n’a plus grand chose à perdre…

La relation entre ces deux personnages est au cœur de ce film, et elle y est dépeinte avec beaucoup de pudeur – la façon dont ils se rapprochent, tout doucement, maladroitement même, est très touchante et tout se joue sur les regards, les gestes, les non-dits. Car Woody n’est pas extrêmement bavard, il faut bien le dire.

Nebraska n’est pas un film bavard d’ailleurs, bien au contraire. Les grands espaces Américains qui se succèdent à l’écran, à perte de vue, sont comme une métaphore de la confusion de nos deux personnages, perdus dans l’immensité, perdus tout court. Le rythme du film est lent, tranquille, mais d’aucuns trouveront ça beaucoup trop lent.

En ce qu’il me concerne, je n’ai pas trouvé cette lenteur dérangeante, et je ne me suis pas ennuyée non plus. J’ai savouré l’immensité des paysages, le piquant des dialogues, et les improbables situations dans lesquelles se trouvent parfois les personnages. Je vous l’ai dit plus haut, l’ironie côtoie l’émotion, et c’est rafraichissant.

Il faut aussi dire que la bande-son joue un rôle à part entière, ou presque. Mélange de bluegrass et de country, les mélodies distillées tout au long du film m’ont enchantée, et elles ont surtout contribué à la mise en place de l’atmosphère tout à fait particulière de Nebraska, entre nostalgie et absurdité

Visuellement, c’est parfaitement maîtrisé et le noir et blanc, que j’ai d’abord regretté (oui, les paysages auraient sûrement été chouettes en couleur aussi!) correspond finalement tout à fait au ton du film, et rappelle une multitude d’éléments clefs tels que la vieillesse, l’humour noir, le passé, la nostalgie… Et j’en passe.

Les acteurs ne sont pas en reste, et on retiendra bien entendu la prestation de Bruce Dern, assez incroyable et tout à fait attendrissant dans ce rôle finalement un peu ingrat – il a un regard, une gestuelle, incroyablement efficace. Bruce est Woody. Quant à Will Forte, il campe parfaitement le rôle du fils curieux d’en savoir plus sur son père, indulgent et protecteur. Un sans faute.

Les seconds rôles sont terriblement savoureux, notamment June Squibb, qui joue le rôle de l’épouse de Woody – une femme qui n’a pas sa langue dans sa poche! Le reste de la famille, presque caricaturale, compte quelques autres personnages hauts en couleur, et on en sourit beaucoup.

Nebraska fut donc une belle surprise: c’est un récit émouvant, drôle et empreint d’ironie. Les dialogues sont piquants, la vision de l’Amérique profonde à la fois triste, drôle et cruelle, et les propos profonds et intelligents. Et puis, mine de rien, c’est une récit plein d’amour, entre un père et son fils, entre frères, entre un homme et son épouse, et ce malgré les travers des uns et des autres.

Tout simplement. Et simplement beau.

Le film est sorti hier en salles, et je vous le conseille vraiment même si je pense qu’il n’est pas à mettre entre toutes les mains. Nul doute que certains lui trouveront des longueurs et peut-être que d’autres le trouveront trop caricatural comme cette fille qui était dans la même salle de cinéma que moi et qui a raconté à ses copines à quel point elle n’a pas aimé ce film…

Moi je me range du côté de son amie qui, elle, l’a trouvé très beau. Après tout, il en faut pour tous les goûts!

Et vous, est-ce que ça vous tente d’aller voir Nebraska? A moins que vous ne l’ayez déjà vu..?

Passez une belle journée 

0

Vous aimerez aussi

Laisser un commentaire

1 Commentaire

  • Répondre Virginie 3 avril 2014 at 21 h 03 min

    Superbe article
    Les photos choisies sont géniales <3
    J'ai trop envie de plonger dans mon plaid avec un thé et de le matter